Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)
Busard des roseaux
(Circus aeruginosus)
Busard des roseaux mâle
(Guide ornitho – Delachaux & Niestlé)
La plupart des rapaces ont la patience d’attendre leurs proies depuis un poste d’affût, les busards ont, eux, la patience de la recherche.
Sans se lasser mais sans hâte, minutieux ou opiniâtres, ils rodent à faible hauteur au dessus des marais, des champs et des landes, explorant le terrain dans ses moindres recoins, prêts à s’abattre sur une proie. Sveltes et légers, les busards évoluent lentement, avec de souples battements de longues ailes ou en planant avec grâce les ailes un peu relevées.
Busard des roseaux femelle
Le Busard des roseaux ou Busard harpaye est le plus robuste, le plus redoutable. Il hante de préférence les marais, les phragmitaies des étangs et lacs, ne se privant pas de chasser en dehors des lieux humides. Tout lui est bon à prendre : insectes, poissons, batraciens, reptiles, oiseaux, petits mammifères et même des bêtes
mortes. Les foulques adultes ou jeunes lui paient un lourd tribut, ainsi que les autres volatiles aquatiques en bas âge. Ils pillent aussi les nids, notamment dans les colonies de mouettes. Ailleurs, grenouilles et rongeurs sont ses aliments habituels.
Femelle et juvénile Busard des roseaux
Au printemps, les Busards des roseaux rompent leur silence et l’on entend dans les airs leurs cris grinçants, tandis qu’ils planent et s’adonnent au folles acrobaties aériennes préludant aux noces. Le couple édifie son nid au sein de vastes étendues de roseaux, sur une plateforme de tiges pliées au dessus de l’eau.
La femelle couve et nourrit seule ses petits, le mâle assurant le ravitaillement. Les jeunes busards sont farouches et batailleurs dès leur plus jeune âge ; on a souvent constaté que le plus jeune est tué et mangé par ses compagnons.
Busards des roseaux juvéniles
Migrateur dans une grande partie de l’Europe, il devient sédentaire dans les régions méditerranéennes où son abondance frappante, hiver comme été, et peut-être dû au nombre important de batraciens. Dans le Delta du Danube ; il est très présent et il est fréquent de pouvoir l’admirer glissant au ras des herbes. Il zigzague, hésite, tournoie, frôle les buissons, revient en arrière, passe et repasse au même endroit.
Soudain son regard pénétrant descelle la présence de quelque petit animal : brusque pirouette et chute verticale dans la végétation, les longues pattes fines tendues en avant et toutes griffes dehors pour profiter de la surprise.
Circus aeruginosus
Comme “buse” le nom de “busard” vient du latin buteo = buse. Au XIXème siècle, on les appelait d’ailleurs “sous-buses”.
“Circus” du grec kirkos = faucon et kirkoô = enserrer.
“Aeruginosus” a, en latin, le sens de rouille, couleur de rouille, référence à son plumage brun rougeâtre.
“Des roseaux” désigne toutes zones humides. Toutes les langues européennes lui attribuent ce nom.
“Harpaye “ est un nom voisin de harpon (XIIème siècle) d’origine anglo-normande qui dériverait de harper = empoigner, ainsi que de harpe = serpe et arpa = griffe, crochet, faux en vieux provençal. Rappelons aussi le terme grec “harpies” qui sont de mauvais génies au corps et serres d’oiseaux, à tête de femme, ravisseuses qui tourmentaient les âmes.
Voir les phases d’un atterrissage d’un mâle de Busard des roseaux
https://www.oiseauxethologie.fr/eth...
Chants et cris
BUSARD DES ROSEAUX
Cris de parades aériennes d’un mâle. Alarme d’une femelle en vol.
( Extrait du Coffret ornitho Sittelle - http://www.sitelle.com)
Bibliographie :
"Les Rapaces d’Europe" de Paul Géroudet (Delachaux & Niestlé)
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard Chauvet
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