Attérissage d’un Busard des roseaux mâle
"Atterrissage d’un Busard des roseaux mâle "
(Décomposition en treize photos sur 58 secondes)
par André Boussard
Delta du Danube (Roumanie) - 2 mai 2010 - 15h06
J’emprunte à Jean Dorst l’explication suivante :
" Une cinquantaine de muscles animent l’aile de l’oiseau ; très développés
ils s’insèrent sur le sternum et sur le bréchet. Trois d’entre eux sont très
importants en permettant à l’aile déployée de brasser l’air.
1- fourchette - 2- omoplate - 3- coracoïde - 4- humérus - 5- radius - 6- cubitus - 7- radial(os du carpe) - 8- ulnaire(os du carpe) - 9- deuxième doigt - 10- premier, deuxième et troisième métacarpiens soudés - 11- les deux phalanges du troisième doigt - 12- quatrième doigt .
– le "muscle grand pectoral" inséré sur le bréchet -lame osseuse située au
milieu du sternum de l’oiseau- une forte crête de l’humerus et la clavicule
qui sert à abaisser l’incidence du bord d’attaque de l’aile au cours du vol,
Ce muscle, le plus puissant de tous ramène l’aile vers le bas, donnant donc
appui sur l’air en même temps qu’il assure la propulsion vers l’avant
– le "muscle petit pectoral" inséré sur le coracoïde et l’humérus, au lieu de
diminuer l’incidence de l’aile, comme le fait le grand pectoral, tend à
accroitre cet angle d’attaque.L’action des deux permet à l’oiseau de régler
l’angle à la valeur voulue et de piloter comme un aviateur agissant sur les
ailerons de son appareil.
– le "muscle moyen pectoral" dont la contraction relève l’aile.S’insère sur
la partie antérieure du sternum et sur l’humérus au niveau de sa face dorsale.
Aile oie Anser - 1-grand pectoral - 2-petit pectoral - 3- triceps - 4- biceps - 5- tendons des tenseurs du patagium - 6- coracoïde - 7- clavicule(moitié de la fourchette) - 8- sternum
Les deux "grands pectoraux" symétriques + les "moyens pectoraux"
représentent en moyenne 15,5% du poids de l’oiseau.(37,5 % chez
certains colombidae et oiseaux-mouches - 14 à 21% chez les hirondelles
– 25% chez les frégates - seulement 7,8% chez certains râles, mauvais voiliers)
. Les moyens pectoraux représentent de 10% à 25 fois moins que les grands
pectoraux.
L’atterrissage peut se décomposer en quatre phases actives :
* Photos 1 - 2 - 3 - 4 - Positionnement de l’oiseau
* 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - Approche modulée en descente
* 10 - 11 - 12 Descente verticale
* 13 - Poser avant repli des ailes
POSITIONNEMENT de L’OISEAU :
1 - L’oiseau plane à une dizaine de mètres au dessus d’une friche marécageuse, les ailes sont tendues immobiles avec la position en V propre à cette espèce.
2 -Brusquement, le Busard interrompt son plané droit (a t-il vu une proie ?) et sans mouvement de battements d’ailes fait une volte arrière (il est revenu de quelques mètres dans la direction d’où il venait avec un glissé sur la gauche, en perdant très peu d’altitude puis se met en position d’amorce de virage descendant vers la droite.
3 - Le positionnement est terminé.La glissade en cercle vers la droite
va se continuer, les ailes sont droites, l’oiseau a perdu environ la moitié de l’altitude à laquelle il se trouvait.
4 - Les plumes caudales sont maintenues largement étalées mais, en plus, l’oiseau pour diminuer la vitesse de sa descente incurve ses ailes vers le haut prenant davantage appui sur l’air.
APPROCHE MODULÉE EN DESCENTE :
Les battements d’ailes, selon des angles d’attaque différents vont déterminer la progression du Busard des roseaux vers son objectif final de chute.
DESCENTE VERTICALE :
L’atterrissage exige que l’oiseau réduise sa vitesse horizontale presque à zéro.
Le freinage ne peut s’opérer que juste avant l’atterrissage car il provoque la
chute verticale.
Tout en redressant son corps de manière à se rapprocher de la verticale, tête
en haut (photos7 et 8) et déployant sa queue, l’oiseau place ses ailes de façon
perpendiculaire à la progression (photo 12) ce qui fait que le coup d’ailes va provoquer un coup de frein très efficace - comme les aérofreins d’un avion-
POSER AVANT REPLI des AILES :
L’oiseau a attérri sur ses pattes tendues vers l’avant, en les laissant progressivement fléchir, comme des amortisseurs destinés à absorber l’énergie
cinétique encore en jeu.
Un effort considérable se porte sur les membres inférieurs et le bassin utilisés
comme train d’atterrissage.La ceinture pelvienne est capable de résister au choc brutal du poser : les os du bassin sont très largement soudés aux vertèbres sacrées ; l’ilion, l’ischion et le pubis sont réunis en une pièce unique, solide en dépit de sa
légèreté.
Certains oiseaux, moins bien pourvus, doivent adapter leur comportement pour atterrir :
- les canards, au bassin relativement frêle se posent sur l’eau en faisant porter le choc sur la poitrine et en glissant comme un hydravion
- les plongeons dont la faible surface des ailes et la briéveté de la queue ne permettent pas de diminuer suffisamment leur vitesse vont devoir amerrir à une vitesse encore élevée au milieu d’un jaillissement d’eau.
13 - Le Busard des roseaux est maintenant sur sa proie (?), son changement de direction et son atterrissage ont demandé moins d’une minute.
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Bibliographie :
"La vie des oiseaux" de Jean Dorst - Editions Rencontre à Lausanne.



