"Les Plaines de Villafafila" par André Boussard
Le meilleur spot espagnol pour l’Outarde barbue ?
Situation de Villafáfila en Castille-et-Léon
Beaucoup d’entre nous sont fascinés par l’immensité d’un panorama, son uniformité, l’absence de rupture de l’horizon. Cette fascination explique certainement l’attrait des raids dans le désert ou le plaisir d’un regard infini sur une mer calme.
Il en est de même dans les plaines de Villafáfila au Centre-Nord-ouest de l’Espagne, dans la province de Castille-et-Leon, dont les horizons démesurés sont seulement interrompus par de rares villages aux tons terreux ou par des "paramos", buttes-témoins calcaire dépourvues de végétation, perdues au milieu de la meseta (plaine) uniforme.
Villafáfila est un ensemble de lagunes naturelles entourées de cultures de céréales et de steppes, qui abrite près de 2 300 Grandes Outardes (Otis tarda).
André Boussard y a séjourné en mai 2004, et il nous présente ce superbe spot. Cet article est également rédigé en partenariat avec le site www.villafafila.com pour ornithomedia.com.
Abstract
The province of Castile-Leon is the largest of the nine Autonomous Regions of Spain, occupying nearly 20% of the surface area of the Iberian Peninsula. Broadly speaking, Castile-Leon coincides with the northern part of the Meseta, an area of dry-land cereal growing and extensive sheep farming.
Villafáfila is a typical area of this countryside : it is a system of natural lakes surrounded by grain fields, and is the home of a large colony of Great Bustards (Otis tarda) and others steppe-dwelling species. In Autumn and in Winter, numerous Geese, Cranes and waders can be watched around the lakes.
Acces : from Zamora, take the N-630 towards Benavente. After 40 km, you will come to a crossroads ; turn right unto the minor road for Villafafila (10 km).
In this article, André Boussard has transmitted us the birding report of his stay in Villafáfila in Spring 2004. This article has been published with the website www.villafafila.com.
We propose you two itineraries to discover this area : see our map of the itinerary 1and the map of the itinerary 2.
Présentation de Villafáfila
Accès
Depuis Zamora, prendre la N-630 vers Benavente. Après 40 km, vous arriverez à un croisement : tournez à droite et prendre sur 10 km une petite route vers Villafáfila. Vous pouvez également rejoindre la zone grâce à de nombreuses petites routes depuis Villapando ou San Esteban del Molar, deux villages situés le long de la N -VI (reliant Madrid à La Coruna).
Lagunes et céréales
Plaine autour de Villafáfila.
La zone de Villafáfila est un système de lagunes naturelles saumâtres dont le niveau et la surface augmentent avec les pluies d’automne et d’hiver. Ces lagunes sont entourées de champs de céréales (avoine, seigle) extensifs et de secteurs steppiques parcourus par des troupeaux de moutons de plusieurs centaines de têtes.
Toute cette zone de plaines bénéficie de l’humidité de cours d’eaux qui, au lieu de rejoindre l’océan, se perdent dans des dépressions intérieures et alimentent des lagunes en terrain argileux.
Vue de la Laguna Grande.
Source : www.villafafila.com. (TRES INTERESSANT ! VOUS PERMET D’AVOIR DES INFOS A JOUR + traduction en français du texte espagnol)
S’il y a un nombre important de mares de petites tailles, trois lagunes majeures concentrent l’intérêt des observateurs : la Laguna Grande ou Salina Grande (194 ha) au sud de Villafafila, la Laguna de Barillos (118 ha) proche de Revellinos et de Villafafilla et la Salina de Villarrin près de Villarrin de Campos. Ces trois plans d’eau sont les vestiges du bassin du Rio Salado, asséché dans les années 1900 et qui comprenait environ 22 petits lacs.
Ces trois lagunes d’eau saumâtre ont une profondeur maximum de 1 m, mais depuis quelques années, elles se comblent progressivement.
La zone autour des lagunes est légèrement ondulée, et est complètement dépourvue d’arbres. Elle est consacrée à l’agriculture et à l’élevage. Les imposants pigeonniers autour des villages (Villafáfila, Villarrin de Campios) sont typiques.
Les pigeonniers
Anciens pigeonniers à Otero de Sariegos.
Les pigeonniers de la zone sont d’imposantes constructions en argile isolées dans la steppe. Les "oquedades", cavités destinées à accueillir les pigeons, constituent des abris très favorables pour plusieurs espèces, dans une région où les sites de nidification sont rares. C’est en particulier le cas du Faucon crécerellette (Falco naumanni) qui y niche chaque printemps en colonies (un total de 422 oiseaux y a été compté en 1997).
Dans beaucoup de cas hélas, ces pigeonniers ont été abandonnés par les villageois et beaucoup sont en ruine. Toutefois, dans la ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) de Villafáfila, un projet LIFE financé par l’UE (Union Européenne) a pour objet la restauration de ces sites de nidification importants pour le Faucon crécerellette La Mairie de Villafáfila a créé un Centro de Interpretación de Palomares (Centre d’Information sur les Pigeonniers) ouvert au public.
Dans les alentours, une ancienne bergerie au sud de Villafáfila, entre Arquillinos et Torres del Corrizal, abrite une colonie de Faucons crécerellettes.
Le Centre d’information de Villafáfila
A partir du 1er juin 2004 :
– Mercredi, jeudi et vendredi : le Centre est ouvert de 10 h à 14 h et de 16 h à 19 h. Les groupes doivent prendre contact à l’avance de novembre à la fin mai.
– Samedi, dimanche et jours de fête : de 11 à 14 h et de 16 h à à 20h30.
– Le lundi et le mardi, le Centre est fermé.
Il est interdit de manger dans la réserve.
Observatoire de la lagune El Triunfo.
Source : www.villafafila.com.
L’observatoire d’Otero de Sariegos
A partir du 1er novembre 2003 :
– Mercredi, jeudi et vendredi : de 11 à 14 h et de 16 h à la tombée de la nuit.
– Samedi, dimanche et jours de fête : de 10h30 à 14h30 h, et de 16 h à la tombée de la nuit.
– Le lundi et le mardi l’observatoire est fermé.
Autres informations
Il est recommandé d’arriver à Villafáfila en fin d’après-midi pour obtenir les dernières informations ornithologiques auprès du Centro de Interpretacion de la Naturaleza (à quelques kms avant le village sur la route ZA 701 depuis Villapando.
L’hôtel Los Angeles (Calle Rosario n° 12) est très agréable, avec des chambres confortables et une cuisine familiale. Prix : 50 euros pour une chambre double et dîner compris.
Site web
Les plaines de Villafáfila | L’Outarde barbue
L’Outarde barbue
Description
L’Outarde barbue (Otis tarda) mâle.
Taille : 75 à 105 cm.
Envergure : de 210 cm à 240 cm chez le mâle, de 170 à 190 cm chez la femelle.
Poids : de 7 à 17 kg chez le mâle, de 3,5 à 4,1 kg chez la femelle.
Oiseau de grande taille, majestueux, le plus lourd d’Europe.
Allure puissante, avec une poitrine saillante, même en vol.
Poitrine brun-roux et tête grise. Ailes longues, avec beaucoup de blanc aux couvertures sus-alaires, contrastant avec les secondaires noirâtres et l’avant de l’aile brun jaunâtre. Le blanc se prolonge jusqu’à la base des primaires.
Le mâle adulte possède une tête et un cou gris-bleu, de longues vibrisses blanches aux côtés de la tête. Beaucoup de blanc apparaît sur l’aile fermée.
La parade du mâle est très spectaculaire, avec les plumes blanches des ailes et de la queue ébouriffées.
Grande Outarde (Otis tarda) femelle.
La femelle est plus petite avec une tête gris plus claire, pas de roux à la base du cou et à la poitrine. Moins de blanc aux ailes.
Les immatures ressemblent aux femelles.
Cris d’alarme nasillards.
Habitat : vit dans les zones ouvertes, dégagées et sans arbres (steppes, cultures céréalières principalement). De préférence, les zones doivent être écartées des villages et des routes.
L’Espagne et la Hongrie accueillent les plus fortes populations. Les problèmes principaux sont la disparition de son habitat naturel suite aux développements urbain et agricole. Menacée également ponctuellement par la chasse et les collisions contre les lignes électriques.
La plus forte densité du monde !
La Grande Outarde est sans doute le symbole de Villafáfila.
Les derniers recensements de la population européenne d’outardes font état de 25 000 individus, dont 18 000 à 19 000 en Espagne. La réserve de Villafáfila en accueille la plus forte densité du monde, avec 2 270 oiseaux comptés au cours du printemps 1998.
Malgré sa taille, l’espèce est très sensible et supporte très mal la présence humaine. Il est donc demandé aux visiteurs de l’observer à grande distance en utilisant des jumelles ou une longue-vue (recommandé).
Les personnes désirant s’approcher davantage pour les étudier ou pour réaliser des photographies peuvent louer un véhicule agricole avec chauffeur auprès du Centre d’information.
Traces de Grande Outarde (Otis tarda).
Ses traces sont facilement reconnaissables par leur taille et par leur forme typique, à trois doigts. elles sont fréquemment notées sur les chemins.
Pour connaître les meilleurs secteurs de Villafáfila pour avoir de bonnes chances d’observer la Grande Outarde, découvrez les deux propositions d’itinéraires conseillés par la direction de la réserve :
– Itinéraire 1
– Itinéraire 2
Les plaines de Villafáfila | Les oiseaux
Les oiseaux
Voir l’itinéraire 1 de découverte de Villafafila.
Voir l’itinéraire 2 de découverte de Villafafila.
En hiver
Oies cendrées (Anser anser).
Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com.
En hiver et au début du printemps, les lacs de Villafáfila gonflés par les pluies attirent de grandes quantités de migrateurs et d’hivernants.
La Salina Grande est sûrement la plus renommée, car des centaines d’oies et de canards de surface s’y rassemblent. Près du village semi-abandonné d’Otero de Soriegos, il est possible d’obtenir de belles vues sur le lac. Vous pourrez noter de grandes troupes d’Oies cendrées (Anser anser). Depuis les années 90, entre 30 000 et 35 000 oies passent chaque année d’octobre à février dans la réserve de chasse. Quelques oiseaux restent toute l’année, mais sans nicher. La plus grande concentration d’Oies cendrées peut être vue sur la Laguna Grande et sur celle de Barillos.
De petites troupes d’Oies rieuses (Anser albifrons) et des moissons (Anser fabalis) se joignent de temps en temps aux Oies cendrées, mais ces deux espèces sont de moins en moins régulières.
Une Bernache nonnette (Branta leucopsis), une Oie à tête barrée (Anser indicus), sûrement originaire des populations férales du Nord de l’Europe, voire une Oie naine (Anser erythropus) peuvent aussi être vues.
Les canards de surface sont nombreux : Canard siffleur (Anser penelope), pilet (A. acuta), Sarcelle d’hiver (A. crecca), Canard souchet (A. clypeata) séjournent par centaines. La Foulque macroule (Fulica atra) est abondante. L’observation d’un Tadorne casarca (Tadorna ferruginea) n’est pas à exclure, alors que le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna) est nicheur.
Ces migrateurs sont régulièrement survolés par des prédateurs, comme le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) et le Faucon émerillon (Falco columbarius).
Aux passages migratoires
Limicoles à Villafáfila. Source : www.villafafila.com
En automne et au printemps, de nombreux limicoles (voir itinéraire 1 et itinéraire 2) font une halte sur les mares temporaires et sur les bords des lagunes. Les environs du vieux pont romain près de Villafáfila sont par exemple un spot renommé.
La Bécassine des marais (Gallinago gallinago), l’Avocette élégante (Recurvirostra avosetta), le Bécasseau variable (Calidris alpina), le Combattant varié (Phylomachus pugnax), l’Echasse blanche (Himantopus himantopus), le Chevalier gambette (Tringa totanus) et cul-blanc, (T. ochropus) la Barge à queue noire (Limosa limosa), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula) et le Courlis cendré (Numenius arquata) sont les espèces les plus régulières.
Parmi ces centaines d’échassiers, des raretés peuvent être trouvées, comme ce Gravelot pâtre (Charadrius pecuarius) vu en 2001 ...
La Spatule blanche (Platalea leucorodia) est régulière aux passages, tout comme des centaines de Grues cendrées (Grus grus) qui séjournent en octobre-novembre et en mars.
Oiseaux de steppe
Chevêche d’Athéna (Athene noctua) dans un vieux pigeonnier à Otero de Sariegos.
Les grandes steppes et champs de céréales sont le domaine d’oiseaux typiques, à découvrir surtout au printemps et en été (tôt le matin).
Il existe de nombreux secteurs favorables (voir itinéraire 1 et itinéraire 2) pour observer la Grande Outarde. La recherche de cette espèce sera l’occasion d’observer tout un cortège d’espèces remarquables comme l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax), l’Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla), l’Alouette calandre (Melanocorypha calandra), le Cochevis huppé (Galerida cristata) et le Busard cendré (Circus pygargus).
Le Ganga unibande (Pterocles orientalis) est plus rare, mais les environs de la Salina de Barrillos sont très favorables tôt le matin.
Dans les vieux pigeonniers et bâtiments agricoles, comme à Otero de Sariegos, il existe des colonies de Faucons crécerellettes (Falco naumanni). La Chevêche d’Athéna (Athena noctua), la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) et l’Étourneau unicolore (Sturnus unicolor) sont d’autres espèces typiques.
Les plaines de Villafáfila | Rapport de voyage
Rapport de voyage
Voir l’itinéraire 1 de découverte de Villafafila.
Voir l’itinéraire 2 de découverte de Villafafila.
Autour de la Laguna grande
Etourneaux uncolores (Sturnus unicolor) à Otero de Sariegos. Photo : André Boussard
En prenant, depuis Villafáfila la direction de Villarrin de Campos, nous décidons de faire le tour de la plus importante lagune. Il fait froid bien que nous soyons début mai … il est 6 heures du matin et nous sommes à 700 mètres d’altitude. Brusquement, du fourré décollent deux Perdrix rouges (Alectoris rufa), elles dérangent à leur tour une Grande aigrette (Egretta alba) majestueuse dans son vol lent, à peine rose dans le soleil levant encore partiellement caché par des nuages.
Au dessus de nous, la Cisticole des joncs (Cisticola juncidis) révèle sa présence de son chant festonné.
Pigeonnier en ruine à Otero de Sariégos.
Sur la route vers Otero de Sariégos, le premier pigeonnier rond accueille une volée de Moineaux friquets (Passer montanus) qui se lèvent à notre passage ; moins farouches quatre Choucas des tours (Corvus monedula) n’ont pas bougé.
Dans le pigeonnier en ruine, à l’entrée du village, une Chevêche d’Athéna (Athena noctua) a élu domicile dans l’une des alvéoles. Elle nous laissera approcher, complaisante, sa tête mirador aux deux grands yeux jaunes a suivi calmement notre progression, en cercle autour de l’édifice.
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Faucons crécerellettes (Falco naumanni) mâle et juvénile. Photo : André Boussard
A peine parvenus dans Otero de Sariégos, village abandonné de quelques maisons en ruine et d’un corps d’église, découvrons nous ceux qui animent ces ruines : plusieurs dizaines de Faucons crécerellettes (Falco naumanni). Les couples s’affairent, apportent des proies aux jeunes dans les nids faciles à repérer … Nous ne les gênons nullement.
Se mêlent à eux des groupes d’Étourneaux unicolores (Sturnus unicolor) se regroupant sur les fils électriques.
Deux pigeonniers encore en état accueillent des Pigeons biset (Columba livia) auxquels se mêlent des souches apparemment moins sauvages.
Un mirador permet l’observation de la lagune proche. Ce sera l’occasion d’apercevoir quelques limicoles : Bécasseau variable (Calidris alpina), Echasse blanche (Himantopus himantopus), Chevalier arlequin (Tringa erythropus), Chevalier gambette (Tringa totanus). Nous en retrouverons d’autres dans les petites mares sur le chemin qui nous ramène à Villafáfila ainsi que de nombreuses Bergeronnettes grises (Motacilla alba) et Bergeronnettes printanières (Motacilla flava) dont l’Ibérique (Iberiae).
La Laguna de Barillos
C’est maintenant l’heure de compléter notre visite par la "Laguna de Barillos" et de partir à la découverte des Grandes Outardes. Nous levons de son nid, bien involontairement, une femelle de Busard cendré (Circus Pygargus) qu’accompagne le mâle resplendissant dans la lumière du matin qui s’affirme. Ils virevoltent à faible hauteur dans le ciel quand d’un fossé proche surgit un couple de Busards Saint Martin (Circus cyaneus). Les mâles, heureusement nous ont permis l’identification car les femelles en vol même à une centaine de mètres se ressemblent à s’y méprendre.
Une Buse variable (Buteo buteo) plane en larges cercles au dessus du ballet des busards quand apparaissent deux Milans royaux (Milvus milvus) … Vingt minutes d’un spectacle impressionnant au dessus de la plaine qui commence à se réchauffer.
Dans la journée, nous reverrons quatre fois des couples de busards, une multitude de Milans noirs (Milvus migrans), cinq Buses variables et trois nouveaux Milans Royaux.
La Laguna de Barillos s’est révélée vraiment très riche :
Au centre, une trentaine d’Avocettes élégantes (Recurvirostra Avocetta) se nourrissent, nullement gênées par des couples très agités de Foulques macroules (Fulica atra), par les bandes bruyantes de Mouettes rieuses (Larus ridibundus) et par les couples de Goélands Leucophées (Larus cachinnans).
De placides Canards souchets (Anas clypeata), colverts (Anas Platyrhynchos) et chipeaux (Anas strepera) croisent au milieu d’un groupe important de Tadornes de Belon (Tadorna tadorna). Rapides, deux Gallinules poules-d’eau (Gallinula chloropus) qui se pourchassent sortent du couvert pour s’y replonger aussitôt.
Sur un tertre, quatre Hérons cendrés (Ardea cinerea) et deux Hérons pourprés (Ardea purpurea ) sont figés, nullement dérangés par le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui vient de surgir de nulle part et qui doit inquiéter la gente ailée du bord.
Sur la berge s’affairent une cinquantaine de limicoles dont des Bécasseaux variables, des Grands Gravelots (Charadrius hiaticula) et des Chevaliers gambettes et guignettes (Actitis Hypoleucos). La quinzaine de Barges à queue noire (Limosa limosa) est facile à repérer par leur taille plus importante.
Plus loin sur la terre ferme, une vingtaine de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) qui viennent de se poser, procèdent à leur toilette sous le soleil près de quelques Oies cendrées (Anser anser) que l’on est surpris de trouver ici à cette saison.
Le ciel au dessus de l’eau est traversé par le vol gracieux de six Sternes pierregarins (Sterna hirundo) et de quatre Sternes hansels (Sterna nilotica) qui nichent ici. Inlassablement, des Martinets noirs (Apus apus), auxquels se mêlent quelques Hirondelles rustiques (Hirundo rustica), strient l’azur.
Sur la Laguna de la Fuente plus au nord nous avons surpris deux Spatules blanches (Platalea leucorodia) affairées par leurs activités nuptiales.
Les Grandes Outardes
Voir l’itinéraire 1 de découverte de Villafafila.
Voir l’itinéraire 2 de découverte de Villafafila.
La beauté des lagunes, la présence de la colonie des Faucons crécerellettes d’Otero de Sariégos seraient des raisons suffisantes pour venir à Villafáfila Mais l’attrait numéro un du site provient de la présence d’environ 2 300 Grandes Outardes sur quelques centaines d’hectares.
La zone la plus favorable se situe généralement dans le triangle délimité par les routes allant de Villafáfila à San Esteban del Molar, celle reliant Villafáfila à Villapando et celle allant de Villapando à San Esteban del Molar
Les zones accessibles par les chemins de terre depuis la route ZA 701 reliant Villafáfila à Villapando sont particulièrement recommandées.
Vous pouvez ainsi tourner à gauche en face de Tapiolès, tourner à gauche avant Villapando en direction de Cerecinos de Campos, et enfin explorer la zone entre Cerecinos de Campos et Revellinos.
En une seule journée, nous avons vu 170 outardes dont des groupes de 40 à 50 individus. Contrairement à la plupart des propriétés espagnoles qui sont clôturées, les plaines de Villafáfila sont ouvertes, quadrillées par de nombreux chemins de terre (attention cependant, par temps très pluvieux, il est recommandé de disposer de rampes anti-patinage vendues dans les magasins d’accessoires pour camping-car).
Les facilités de déplacement permettent d’approcher les outardes au mieux à 300 mètres. Les découvertes par surprise, au détour d’un talus ou d’une friche nous ont permis plusieurs fois de voir des envols à cinquante mètres et un mâle superbe est même passé à moins de vingt mètres devant notre voiture.
Il est également possible de les approcher en "tracteur bâché". Pour ce "safari-outarde", que nous n’avons pas pratiqué, il faut consulter le site www.villafafila.com.
Le meilleur mois d’observation est avril : vous pourrez ainsi assister à des parades de plusieurs mâles toutes plumes blanches dehors. Fascinant spectacle.
Dans les zones cultivées, nous avons pu observer sur le moindre piquet des Bruants proyers (Miliaria calandra). Au milieu des sillons, il est possible de voir de nombreux Traquets motteux (Oenanthe oenanthe), des Cochevis huppés (Galerida cristata) ou de Thékla (Galerida Theklae), des Alouettes des champs (Alauda arvensis), des Tariers des prés (Saxicola rubetra) ou pâtres (S. torquata), des Cigognes blanches (Ciconia ciconia), des Courlis corlieux (Numenius phaeopus), des Huppes fasciées (Upupa epops) et avec de la chance, dans les friches herbeuses, des Outardes Canepetières (Tetrax tetrax). Il est fréquent d’entendre la Caille des blés (Coturnix coturnix), mais comme chez nous, il est bien difficile de la voir.
Dans les villages
Les Moineaux domestiques (Passer domesticus), soulcie (Petronia petronia), friquet (Passer montanus) et espagnol (P. hispaniolensis) sont partout.
Sous les rebords des toits, les Hirondelles rustiques et des fenêtres (Delichon urbica) ont installé leur nid de boue, et nous avons ainsi assisté à Villafáfila à l’envol d’une trentaine de petites hirondelles de fenêtres à tête toute ronde.
Plus rare, en fin de journée, alors que le soleil rougeoyait encore la pierre, notre attention fut attirée par un jeune Faucon alimenté par un adulte. Tout s’est passé tellement vite que nous n’avons pu déterminer s’il s’agissait d’un Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) ou crécerellette.
Église de Villafáfila ave l’emplacement de la corniche à Faucons crécerellettes (Falco naumanni).
L’adulte est revenu avec un serpent dans le bec (en fait il s’agissait d’un Seps strié - Chalcides striatus). L’oiseau s’est perché sur la corniche tout en haut du clocher de l’église de Villafáfila et s’est manifesté bruyamment pour attirer le jeune. Ce dernier a rejoint l’adulte et ayant reçu la proie, l’a saisie fortement dans l’une de ses serres et a entrepris de la déguster. L’adulte sans attendre était reparti. Le jeune rassasié pour un temps s’est calé sur la corniche. Comme en attestent les photos, il s’agissait de Faucons crécerellettes (Falco naumanni).
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