"Islande ornitho" par Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer
Islande : feu, eau et oiseaux, du 9 au 22 juillet 2005
Deux ornithologues suisses ont parcouru l’Islande du sud-est à la région de Reyjkjavik, et ils ont pu observer la quasi-totalité des "spécialités" ornithologiques.
11/10/2005 | Validé par le comité de lecture
Islande : feu, eau et oiseaux, du 9 au 22 juillet 2005
Vue du glacier Langjökull, l’un des sites visités par Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer du 9 au 22 juillet 2005.
Introduction
Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer, deux observateurs suisses, ont visité l’Islande du 9 au 22 juillet 2005, dans le but de découvrir toutes les spécialités ornithologiques de l’île qui en font sa renommée : oiseaux arctiques, mais aussi espèces plutôt nord-américaines comme l’Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) ou le Garrot d’Islande (Bucephala islandica).
Ils ont effectué un tour dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, du sud-est à la région de Reyjkjavik.
Ils ont pu noter 72 espèces d’oiseaux, dont la quasi-totalité des nicheurs remarquables, exceptés le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et le Phalarope à bec large (Phalaropus lobatus), et sont même tombés sur un inattendu Canard à front blanc (Anas americana).
Ce séjour était donc un vrai succès, même si quelques espèces occasionnelles ont été ratées de peu, comme le Harfang des neiges (Bubo scandiacus), dont deux individus avaient été vus dans les Westfjords.
Également, plusieurs mammifères ont été vus : Renard polaire, Phoques commun et gris, Marsouin commun, Dauphin à bec blanc, plusieurs Petits Rorquals et probablement quelques Rorquals communs.
Abstract
Lutz Lücker and Daniel Nussbaumer are two Swiss birdwatchers who have visited Iceland from the 9th to the 22nd of July 2005. Their route went round Iceland anti-clockwise. They stopped at/in Gullfoss Hotel, Vellir/Vik, Efri-Vik/Kirkjubaerklaustur, Smyrlabjörg W of Höfn, Egilstadir, Sveinbjarnagerdi N of Akureyri, Stadarskali S of Hvammstangi, Langaholt E of Snaefellsjökull and Borg near Borgarnes.
The weather was quite mixed as usual. Temperatures from 5 to 22°C, sometimes very windy, quite a lot of drizzle but they only got really wet once. A few bright, calm, sunny days as well. Can’t do better in July, it seems.
They saw 72 bird species. No white-tailed Eagles, Grey Phalaropes or Snowy Owls (there were 2 of those in the Westfjords…) but all the other target species such as Great northern Diver, Harlequin Duck, Barrow’s Goldeneye, Pink-footed Goose, Gyrfalcon, Brunnich’s Guillemot, with an unexpected American Wigeon as a bonus.
Plus mammals : Arctic fox, Common and Grey Seal, Harbour Porpoise, White-beaked Dolphins, as well as several Minke and probably also a few Fin Whales.
They have sent us a richly illustrated birding report.
Quelques-uns des emplacements visités par Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer
Quelques-uns des emplacements visités par Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer du 9 au 22 juillet 2005
Itinéraire
Notre itinéraire a constitué en un tour de l’Islande dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Nous sommes arrêtés au Gullfoss Hotel, à Vellir/Vik, à Efri Vik/Kirkjubaerklaustur, à Smyrlabjörg (ouest d’Höfn), à Egilstadir, à Sveinbjarnagerdi (nord d’Akureyri), à Stadarskali (sud d’Hvammstangi), à Langaholt (est de Snaefellsjökull) et à Borg près de Borgarnes.
Le temps était variable, parfois très venteux, avec de temps en temps de la bruine. Quelques jours ont été lumineux, calmes et ensoleillés. Les températures allaient de 5 à 22°C. Un temps correct pour juillet semble-t-il.
9 juillet 2005
Après avoir débarqué après minuit et avoir perdu beaucoup de temps dans les locaux de Hertz (bureau plein le samedi matin), nous avons pris la route 36 vers Thingvellir pour découvrir le Rift qui traverse l’Islande et sépare les plaques américaine et européenne.
Nous avons noté nos premiers Plongeons imbrins (Gavia immer) et catmarins (Gavia stellata) sur des plans d’eau au bord de la route, ainsi que quelques Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus) et de nombreuses Oies cendrées (Anser anser).
On a aussi observé des centaines de Fulmars boréaux (Fulmarus borealis) sur les falaises côtières, et des douzaines de Bécassines des marais (Gallinago gallinago) paradant partout.
Le Courlis corlieu (Numenius phaeopus), le Chevalier gambette (Tringa totanus), le Bécasseau variable (Calidris alpina), le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula) et le Pluvier doré (Pluvialis apricaria) étaient communs, tandis que la Barge à queue noire (Limosa limosa) l’était moins.
Plusieurs colonies de Sternes arctiques (Sterna paradisaea) ont été vues, et nous avons été étonnés par la diversité des chants des nombreuses Grives mauvis (Turdus iliacus).
Première impression : des oiseaux partout ! En suivant les routes 365 et 35, nous arrivons au célèbre geyser Strokkur en action toutes les 5-10 minutes. En fin d’après-midi, nous atteignons le majestueux Gullfoss et sommes… presque trempés.
Savoureux potage d’agneau dans un restaurant de Gullfoss : assez cher mais nous pouvons manger à satiété.
En soirée, nous suivons la route 35 qui a été améliorée et n’est plus réservée aux 4×4 : vous pouvez traverser désormais la totalité de l’Islande jusqu’à la côte entre Blönduos et Varmahlid. Hélas, notre programme ne nous en laisse pas l’opportunité et nous roulons à des kilomètres de nulle part près du glacier de Langjökull : grands espaces mais peu d’oiseaux . Le temps est variable avec quelques éclaircies.
Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus)
Plongeon imbrin (Gavia immer)
10 juillet 2005
Chutes d’eau de Seljalandsfoss
Matin gris. Nous roulons vers le sud sur la route 35 vers Selfoss, puis vers le sud-est pour atteindre Myrdalsjökull en soirée. Quelques Fous de Bassan (Morus bassanus) sont observés près d’Eyrarbakki où nous voyons notre première Harelde boréale (Clangula hyemalis), un mâle en plumage nuptial ! De plus en plus de Harles huppés (Mergus serrator) sont présents.
Après avoir admiré le Seljalandsfoss (vous pouvez réellement marcher derrière le rideau d’eau !) et les puissantes chutes d’eau de Skogafoss, nous arrivons à notre hébergement à Vellir où nous pouvons observer des Grands Labbes (Stercorarius skua) et des Labbes arctiques (S. parasiticus) sur les plaines côtières depuis la fenêtre de notre cuisine !
Depuis la chambre, sublime vue sur le glacier de Myrdalsjökull, mais nous devons faire 24 km jusqu’à Vik pour trouver de la nourriture.
Temps : nuageux avec averses, éclaircies rares.
11 juillet 2005
Matin lumineux mais les inévitables nuages apparaissent juste après le déjeuner. Nous nous rendons aux falaises de Reynishverfi pour voir des centaines de Macareux moines (Fratercula arctica), certains à quelques mètres de nous seulement. Belle plage de sable noir au pied des falaises. Site très spectaculaire, mais très venteux !
Prochain arrêt (par la route 218) : les plages et les falaises de Dyrholaey avec de nombreux Eiders à duvet (Somateria mollissima) qui se reposent, et sur les parois une colonie de Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla), de Pingouins tordas (Alca torda), de Guillemot de Troïl (Uria aalge) et notre premier couple de Guillemots de Brünnich (Uria lomvia) sous une pluie qui nous force à nous réfugier dans notre voiture.
Ensuite, nous traversons les plaines désertes de Myrdalsandur avec davantage de Grands Labbes et d’énormes champs de lave couverts de mousse. Nous prenons la route 204 après Efri-Vik et nous jetons un coup d’œil à la chute d’eau de Systrafoss. Nous faisons nos premières « belles » observations de Phalaropes à bec étroit (Phalaropus lobatus) sur de petits plans d’eau en bordure de route.
Nuitée dans une modeste mais pratique demeure avec une cuisine qui nous permet de manger moins cher. Bécassine des marais se reposant près de notre maison.
Temps : venteux, avec des averses, plus ensoleillé en fin d’après-midi.
Macareux moine (Fratercula arctica) sur les falaises de Reynishverfi.
12 juillet 2005
Matinée ensoleillée avec des escales à Krossarfoss et à la petite église de Nupstadur, dominant les plaines de Skeidararsandur aux innombrables coulées glaciaires et le Lomagnupur, une falaise de 767 mètres de haut.
Notre objectif est le parc national de Skaftafell avec la chute d’eau de Svartifoss, juste en-dessous du plus haut sommet d’Islande (plus de 2 000 mètres d’altitude), le Snaebreid, dans le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe (environ 120 km de large). Nous montons deux heures vers le sommet. Des Bécassines des marais et des Grives mauvis partout. Un seul Lagopède alpin (Lagopus mutus) près du parking. Des Pigeons bisets (Columba livia) sur les falaises et premiers Bruants des neiges (Plectrophenax nivalis) dans les plaines à l’ouest du parc. Plusieurs couples de Grands Labbes nichent près du Fjällsjökull, non loin de la route principale, et des oiseaux plongent sur nous, permettant de faire quelques spectaculaires photos.
Nous nous dirigeons vers les lacs glaciaires de Breidarlon et de Jökulsarlon. Nid de Plongeons catmarin le long de la route et premier Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus), un mâle (pas en plumage d’éclipse !) plongeant avec un Phoque gris entre les centaines d’icebergs du lac ! Notre meilleure bouteille sera consacrée à cet oiseau !
Nous roulons dans la nuit vers Smyrlabjörg : excellent hôtel avec une VRAIE machine à café et un concert des Cygnes chanteurs ; également des Plongeons catmarins, une Bécassine des marais et des Grives mauvis depuis notre fenêtre.
Grand Labbe (Stercorarius skua)
Le glacier de Jökulsarlon
13 juillet 2005
Conduite matinale ensoleillée en longeant de petites colonies de Sternes arctiques (Sterna paradisaea) agressives vers le glacier et le lac de Flaajökull. Davantage de Bruants des neiges, chantant et s’alimentant dans la rocaille.
De nombreux plans d’eau le long de la route d’Höfn accueillent jusqu’à 200 Phalaropes à bec étroit. Nous ne voyons que trois Rennes dans les plaines côtières. Nous arrivons à Höfn pour apprendre de la part de » Binni » Brynjúlfur Brynjólfsson, un ornithologue très serviable, que nous venons de rater un Bécasseau de Bonaparte (Calidris fuscicollis). Il nous précise également que nous avons une chance de voir l’Eider à tête grise (Somateria spectabilis), les Macreuses à lunettes (Melanitta perspicillata) et brunes (M fusca) à cette période de l’année, mais ce ne fut pas notre cas. Par contre, Binni était très fier d’avoir bagué son premier Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), peu commun ici.
De nombreux Bécasseaux variables étaient dans le port, avec de bons effectifs de Bécasseaux maubèches (Calidris canutus) et quelques Bécasseaux sanderlings (C. alba), violets (C. maritima) et Tournepierres à collier (Arenaria interpres).
Dans la baie d’Hornafjördur, observation de centaines de Cygne chanteurs avec un seul Plongeon imbrin.
Bécasseau violet (Calidris maritima)
14 juillet 2005
Temps splendide, avec plusieurs milliers de Cygnes chanteurs dans la baie de Skardsfjördur. Nous quittons la région d’Höfn pour nous diriger vers le Nord-est et nous tombons sur environ 7 000 Eiders à duvet muants entre Hvalnes et Thvottarskridur, avec quelques centaines de Macreuses noires (Melanitta nigra) et 19 Arlequins plongeurs. Hélas, aucun Eider à tête grise, aucune Macreuse à lunettes, ni aucun oiseau de la sous-espèce américaine de la Macreuse brune… Mais la vue des milliers d’oiseaux est impressionnante. Quelques Guillemots à miroir (Cepphus grylle) et Macareux moines sont aussi sur l’eau.
La terre est meuble à l’endroit où la route côtière non bitumée grimpe : faites donc attention en vous garant, de préférence entre deux falaises où aucune roche ne risque de tomber sur votre voiture. Rassurez-vous, la distance est courte jusqu’au site de mue des canards marins.
Dans l’Alftafjördur, nous voyons notre premier immature de Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) et de nombreux Arlequins plongeurs.
Dans le port de Djupivogur, deux adultes de Goélands bourgmestres très petits avec un manteau assez foncé, probablement hybrides avec des Goélands argentés (Larus argenteus).
Nous longeons les fjords orientaux vers Stödvarfjördur mais ne trouvons aucune trace des nombreux lagopèdes alpins ; la végétation est sûrement trop haute. Il vaut mieux venir ici au début du printemps.
A quelques kilomètres au large, nous voyons la colonie de Fous de Bassan de Skrudur, mais le sommet des falaises est dans le brouillard.
Long trajet vers Egilstadir pour découvrir notre démodé mais sublime gîte 4 étoiles sur le bord du lac : observation de Plongeons catmarin miaulants sur le lac et de Sizerins flammés (Carduelis flammae) chantants dans le jardin. Nous goûtons le meilleur café d’Islande !
Le sommet de l’île de Skrudur dans le brouillard
15 juillet 2005
Cygne chanteur (Cygnus cygnus)
Long trajet en voiture vers les hauts plateaux du nord. Nous découvrons un Faucon émerillon (Falco columbarius) défendant son nid ou ses jeunes contre des moutons, près de Hvanna dans le Jökuldalur.
Arrêt le long de la route 901 (anciennement 1), à l’endroit où elle bifurque à gauche. Petits plans d’eau avec des Cygnes chanteurs, des Fuligules milouinans (Aythya marila), des Hareldes boréales (avec poussins) et d’autres canards. Nous restons sur l’ancienne route et traversons les « déserts » volcaniques du Mödrudalsfjallgardar à la recherche des Oies à bec court (Anser brachyrhynchos) ; et nous trouvons presque 200 oies dans différents marais des deux côtés de la route. Elles sont craintives et loin de la route, mais finalement pas trop difficiles à repérer si l’on scanne le paysage avec une longue-vue.
Après quelques km sur la route 1, nous tournons à droite sur la très poussiéreuse et non bitumée route 864 vers les majestueuses chutes de Dettifos. Et nous ne le regrettons pas, le site étant une pure merveille malgré les nombreux touristes.
Nous marchons 1,5 km en amont vers une plus petite chute d’eau, puis nous reprenons notre voiture et roulons sur 3 km pour explorer la gorge et le Hafragilsfoss. Et au milieu de nulle part, nous tombons sur un jeune Faucon gerfaut (Falco rusticolus) se reposant et lissant son plumage sur une falaise !
Tandis que nous nous approchons, deux autres juvéniles arrivent, planant à quelques mètres au-dessus de nos têtes et se perchant à différents endroits, parfois sur une route voisine, ne s’envolant seulement que quand une voiture passe. Gérald s’est assis à moins de 13 m de l’un d’entre eux, et naturellement, il n’avait pas son téléobjectif avec lui… Mais de tels moments inoubliables ne doivent pas être troublés par une manipulation des équipements optiques !
Très long trajet vers Egilstadir, seulement interrompu par l’observation d’une famille d’Oies à bec court se reposant près de la route principale dans le Framland. Seulement 21 espèces vues, mais quelle journée !
Chutes de Dettifos
Nous quittons Egilstadir et nous retraversons les hauts plateaux vers Myvatn où nous arrivons à midi, au moment même où le soleil disparaît pendant quelques jours derrière les épais nuages.
Nous décidons d’abord d’aller voir les zones volcaniques de Myvatn-Krafla et nous nous arrêtons par sur une petite route longeant une falaise qui accueille un petit nid de rapace. Et bien sûr, il y a un Faucon émerillon alarmant non loin ; sur un sommet proche se repose un oiseau de proie beaucoup plus grand, un Faucon gerfaut adulte, avec un ancien nid vide en-dessous.
Après un court moment, il s’envole vers une autre partie de la falaise et nous découvrons le nid de cette année, avec un jeune piaillant et un autre dormant.
L’adulte, qui nous observe tranquillement, parfois en formant l’un de ses yeux, n’a pas du tout alarmé. Nous renonçons à nous approcher et à faire des photos, profitant seulement de la vue de l’adulte et des juvéniles.
Nous nous dirigeons vers le lac Myvatn, dont le nom signifie « lac des mouches », tant il est vrai que ces diptères peuvent être abondants et génants.
Rivière Laxa
Mais grâce au temps frais, nous échappons aux insectes et ne voyons que des oiseaux : 10 espèces différentes de canards, des Cygnes chanteurs, de superbes Grèbes esclavon (Podiceps slavonius) en plumage nuptial avec des poussins, et un Fuligule morillon (Aythya fuligula) ayant adopté six poussins de Harles huppés (Mergus serrator) ! Difficile de décider où commencer à observer.
Nous examinons le rivage oriental du lac, nous arrêtant dans la mesure du possible et découvrons bientôt notre premier Garrot d’Islande (Bucephala islandica), un superbe mâle en plumage nuptial. Une autre bouteille à ouvrir à l’hôtel plus tard en soirée 😉
Mais le meilleur coin du secteur est assurément le nord-ouest du lac, près du pont sur la rivière Laxa. Nous laissons la voiture près du pont et marchons en amont sur la berge orientale. Nous observons bientôt de petits groupes d’Arlequins plongeurs se reposant sur la berge ou sur les rochers au milieu du courant, à quelques mètres de nous. Et nous voyons de plus en plus de Garrots d’Islande, de nombreuses familles de Fuligules milouinan, très peu farouches : on se croirait dans un zoo ! Un adulte Faucon gerfaut passe en vol, ne provoquant aucune panique sérieuse parmi les oiseaux aquatiques. Ont-ils vu qu’il n’avait pas faim ? Le rapace est parti avec quelques Courlis corlieu (Numenius phaeopus) et chevaliers gambettes (Tringa totanus) à ses trousses.
La pluie commence juste à tomber quand nous revenons à la voiture et nous roulons vers Sveinbjarnagerdi dans l’Eyjafjördur, laissant Godafoss, trop humide !
Garrot d’Islande (Bucephala islandica) mâle
Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) femelle, lac de Myvatn.
Arlequins plongeurs (Histrionicus histrionicus), lac de Myvatn.
Courlis corlieu (Numenius phaeopus)
17 juillet 2005
Nous partons tôt ce matin vers Husavik où nous essayons de trouver le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius) dans les plans d’eau de Laxamyri : de nombreux Phalaropes à bec étroit sont vus, mais pas de Phalarope à bec large. Un couple de Plongeons imbrin avec des poussins est une surprise car le lac bordé par des chalets de vacances est vraiment petit.
La croisière d’observation des baleines d’Husavik est repoussée au lendemain en raison de vents forts. Nous rencontrons Gaukur Hjartarsson qui nous montre un Lagopède alpin femelle avec des poussins dans une colonie de Sternes arctiques, ainsi qu’un immature de Goéland bourgmestre près des falaises, mais le rare Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides) n’est pas ici aujourd’hui !
Nous nous dirigeons vers le sud pour explorer le rivage occidental du lac Myvatn où un Canard à front blanc (Anas americana) a été repéré il y a quelques jours près de Skutustadir. Aucun Canard siffleur (Anas penelope) sur le site, mais nous en repérons une grande troupe 1,5 km plus au nord ; après avoir attentivement examiné les oiseaux dans une brise froide et une mauvaise lumière, nous trouvons l’oiseau, déjà à moitié en plumage d’éclipse mais encore facile à identifier. Superbe, une coche inattendue !
Nous repérons des Plongeons imbrin, des Garrots d’Islande et des Grèbes esclavon, qui sont des espèces faciles à voir sur ce lac. Retour à l’hôtel dans le brouillard et la bruine.
18 juillet 2005
Cette fois-ci, nous avons de la chance et notre séance de « whale-watching » (observation des cétacés) ne démarre qu’avec une heure de retard. Malheureusement, la houle sur l’Atlantique Nord est très forte et nous avons du mal à repérer les animaux. Bon nombre de gens étaient d’ailleurs malades sur le bateau.
Nous finissons par voir une famille de Dauphins à bec blanc, un Petit Rorqual et quelques Marsouins. Nous sommes un peu déçus, étant donné le prix de la croisière, mais cela aurait pu être pire.
Etant toujours sans nouvelle du Goéland à ailes blanches (le nom « Iceland Gull » est très peu approprié ici !), nous explorons les péninsules de Tjörnes et de Melrakkaslétta, censées être excellentes pour le Lagopède alpin, mais en été ils sont quasiment invisibles dans l’épaisse végétation. Nous aurions besoin d’un bon chien pour les trouver !
Nous repérons quelques immatures de Goélands bourgmestres au nord et au sud de Kopasker, ainsi que des Labbes arctiques (Stercorarius arcticus) et des Grands Labbes, jusqu’à ce que nous atteignons le phare de Nupskatla-Raudinupur après une marche très désagréable de 15 minutes à travers les énormes galets sur la plage. Il aurait été possible d’éviter quelque peu cette épreuve en prenant la première route vers la ferme de Grjotnes, mais ce trajet est beaucoup plus long et nous n’avons pas voulu nous perdre dans le brouillard côtier.
Notre récompense n’a pas seulement été la petite colonie de Fous de Bassan située à moins de 400 m, mais notre huitième Faucon gerfaut qui a ensuite disparu dans la brume.
Tous les alcidés étaient présents, y compris de nombreux Guillemots de Brünnich.
Après un rapide dîner à Kopasker et la rencontre d’un Eider à duvet femelle leucistique dans le port, nous nous dirigeons vers notre gîte sous un ciel nuageux avec une pluie fine occasionnelle.
Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) parmi d’autres goélands, Kopasker.
Fous de Bassan (Morus bassanus) à Nupskatla.
19 juillet 2005
Voyage très calme en passant par Akureyri (pas de Goéland à ailes blanches à l’embouchure…), les montagnes d’Öxnadalsheidi (aucun faucon …) et Blönduos (pas de Goéland à ailes blanches, seulement des Goélands bourgmestres). Les montagnes étaient toujours enveloppées de nuages, et nous décidons de parcourir la péninsule de Vatsnes.
Très belles observations de Pluviers dorés (Pluvialis apricaria) et de Barges à queue noire (Limosa limosa), avec encore plus de Goélands bourgmestres, et un groupe de 180 Phoques veau-marin avec au moins un Phoque gris à l’embouchure du Sigridarstadavatn. Également beaucoup de Goélands bourgmestres dans le port de Hvammstangi avant que nous arrivions à l’hôtel de Stadarskali, au milieu de nulle part, juste en dessous de la couche de brouillard.
Pluvier doré (Pluvialis apricaria), péninsule de Vatsnes.
Barge à queue noire (Limosa limosa), Suluvellir.
20 juillet 2005
Phalaropes à bec étroit (Phalaropus lobatus)
Trajet agréable vers la péninsule de Snafellsnes par les routes 1, 61, 59 et 54. Le temps s’est éclairci dès que nous avons atteint la baie d’Hvammsfjördur : des dizaines de grandes et petites îles sous un ciel bleu.
Il était trop tard pour prendre le bac à Stykkisholmur pour voir les Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius) sur l’île de Flatey. Et, naturellement, pas de Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) aux alentours (c’est LE spot pour cette espèce). Mais nous observons un groupe de 200 Bécasseaux maubèches (Calidris canutus) dans la baie à l’ouest du port.
Nous continuons vers l’ouest vers le Grundarfjördur avec la montagne de Kirkjufell évoquant une église ; nous voyons des centaines de Cygnes chanteurs dans Alftafjördur et des centaines de Goélands bourgmestres (une majorité d’adultes) se baignant dans des embouchures, volant derrière les bateaux de pêche ou autour des fermes piscicoles. Ici, les individus sont vraiment grands, ce ne sont pas les oiseaux de la taille d’un Goéland argenté de la côte sud et de nord-est.
Nous passons au sud du majestueux glacier de Snaefellsjökull et observons des centaines de Phalaropes à bec étroit (Phalaropus lobatus) sur les lacs à Rif, mais aucun Phalarope à bec large : c’était pourtant un autre bon coin pour voir cette espèce. Il y a de nombreuses Sternes arctiques, des Bécasseaux variables et des canards sur ces lacs, mais peu d’espèces différentes.
Enfin, nous allons au phare de Skardsvik/Önverdarnes pour voir les Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) et les colonies d’alcidés (Guillemots de Brünnich et de Troïl nombreux), faciles à photographier, à seulement 2 m du bord de la falaise. (Ne pas s’éloigner de la route, danger de crevaison sur des pics saillants de lave !)
Tandis que nous parcourons le sud-ouest de la péninsule sur la route 574, le temps se dégrade juste au moment d’arriver au gîte de Langaholt, où un Courlis corlieu se repose sur la corde à sécher le linge, les poussins s’alimentant juste devant la fenêtre de notre chambre à coucher. Hélas, aucune vue du glacier depuis la plage – trop nuageux.
Glacier de Snaefellsjokull
Réveil avec la bruine. Nous allons visiter les lacs à l’est et à l’ouest de Langaholt. Belles observations de plusieurs Plongeons imbrins, de Cygnes chanteurs, de Grèbes esclavons (Podiceps auritus) et de nombreux canards (dont nos premières familles de Canards chipeaux). Nous décidons de ne pas aller à Flatey, mais nous allons retourner à Rif en traversant les montagnes par la route 54. Mêmes oiseaux qu’hier.
Nous trouvons la croisière d’observation des baleines d’Olafsvik (semble-t-il le meilleur en Islande) un peu trop chère. Nous poursuivons alors vers l’est sur la route 54, puis traversons les montagnes par la route 55 (très belle). Le temps s’améliore rapidement, mais le bac de Flatey est déjà parti !
Nous arrivons tôt à Borg/Borgarness et nous laissons nos sacs au gîte, un ancien pavillon de chasse et de pêche au bord d’une rivière où la pêche des saumons coûte 220 000 Kronur PAR JOUR ! Comme le souligne le propriétaire, une jeep et une banque sont nécessaires pour pêcher ici, mais il est possible d’attraper des poissons de 15 kilos !
Nous tentons de voir un Pygargue à queue blanche près de la ferme de Grjoteyri à l’est de Borgarfjördur (route 53) mais en vain. Nous roulons donc vers le fond de la vallée par la route 518 pour voir les chutes d’eau de Hraunfossar/Barnafoss, puis nous continuons sur les routes 550/551 près du glacier de Langjökull, où une station de sports d’hiver a été installée. Aucune végétation, aucun oiseau, seulement de la glace, de l’eau et des rochers. Mais quelle vue splendide !
Nous prenons la route 518/523 au nord du fleuve et soudainement, un Renard polaire saute depuis le bord de la route. Nous nous arrêtons, le renard réapparaît et nous regarde, nous permettant de l’admirer. J’avais déjà perdu l’espoir d’en voir un ! Ils semblent prospérer ici et certains ont été abattus par des éleveurs de moutons exaspérés. Aussi, ne vous attendez pas à ce qu’ils soient aussi coopératifs que dans les endroits inhabités comme dans Hornstrandir, qui semble être leur bastion. Mais nous ouvrirons une autre bouteille pour fêter ce renard, et notre premier vrai coucher de soleil islandais au-dessus de la mer.
22 juillet 2005
Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides)
Calme trajet vers Reykjavik. Attention ! le péage du tunnel du Hvalfjördur coûte 1000 Kronurs ! Roulez plutôt autour de la baie, vous ne raterez ainsi pas d’éventuels oiseaux.
Nous traversons Keflavik et nous arrêtons près des petits lacs près du centre sportif de Gardur. Et le voilà, le longtemps attendu Goéland à ailes blanches, nageant comme un phalarope parmi des Goélands marins et bruns (Larus fuscus) : petit goéland, avec une aile assez longue (il lui manquait l’autre, c’est d’ailleurs pourquoi il était toujours là), long cou, bec fin. En fait, les Goélands à ailes blanches sont tous au Groenland en juillet, à moins qu’elles ne puissent voler, ce qui était le cas de celui-ci.
Le recherché Canard noirâtre (Anas rubepres) n’est pas là, et nous allons au phare de Gardskagi passer des heures à faire du « whalewatching » : nous voyons des Dauphins à bec blanc, des Petits Rorquals et probablement un ou deux Rorquals communs : ces derniers semblaient trop grands pour être des Petits Rorquals !
Un goéland adulte semblait être un Goéland à ailes blanches (aussi petit qu’un Goéland brun, longues ailes, tête ronde, picorant à la surface comme l’oiseau de Gardur), mais la distance était un peu trop grande ; cela aurait pu aussi être un très petit Goéland bourgmestre.
Quelques Océanites tempêtes (Hydrobates pelagicus) volettent au-dessus de l’eau en large jour (trop loin pour espérer identifier un éventuel Océanite cul-blanc), et des douzaines (plus de 200) de Puffins des Anglais (Puffinus puffinus) glissent au-dessus de l’eau calme. Il n’y a pratiquement pas de nuages ni de vent : il faut chaud.
Nous empruntons les routes 45, 41 et 425 vers le phare de Reykjanesta pour voir davantage de colonies d’oiseaux marins et des Bécasseaux violets (Calidris maritima) se rassemblant à marée haute sur les rochers en basalte. Des Fous de Bassan volent vers la proche mais invisible colonie d’Eldey.
Mais nous devons quitter l’endroit en raison du brouillard venant de la mer, retourner vers Gardskagi après avoir visité les étangs de Sandgerdi avec de nombreux canards et Oies cendrées (Anser anser). Nous restons à côté du phare, nous dorant au soleil, observant davantage de baleines et des centaines de petits échassiers à marée haute, jusqu’à ce que nous devions partir car notre avion n’attendra pas …
Contact
Pour obtenir des renseignements ou la liste des espèces vues, contactez Lutz Lücker (5, Fort-Ecluse – CH-1213 Pt.-Lancy) en laissant votre adresse courriel.
Compléments
Auteurs
Lutz Lücker et Daniel Nussbaumer
À lire aussi sur Ornithomedia.com
Séjour ornithologique en Islande, du lac Myvatn à la réserve naturelle de Floï
À lire sur le web
La galerie de photos de Lutz Lücker : http://www.panoramio.com/user/3943184
La galerie de vidéos de Lutz Lücker : http://vimeo.com/user2583396
Ouvrages recommandés
Carte routière : Islande – Iceland Cartes Freytag – 1 / 400 000ème
Le guide Ornitho de L. Svensson





