"Islande autrement 2013" par Alain Mangeot
– 1-Mise en place des photos (En cours)
L’Islande
du 22 août au 23 septembre 2013
Carnet de voyage
Par Alain Mangeot
alain.mangeot@free.fr
www.fenetresurlecoronat.eu
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L’Islande du 22 août au 23 septembre 2013
Par Alain Mangeot
Remerciements
Je remercie tout particulièrement Jeanet Dekker, qui, à force d’insister et malgré mes
réticences, m’a entrainé en Islande pour la première fois en 2010. Depuis, nous y sommes
retournés deux fois, et nous rêvons de nos prochaines virées sur l’île aux volcans…
Je la remercie aussi pour son carnet de route. Tous les soirs, souvent dans les conditions peu
confortables de notre minuscule tente et à l’aide de sa frontale, elle le remplissait en détail. Le
présent récit s’en inspire largement.
Merci aussi à Françoise Butin pour la lecture attentive de ce document, et pour ses pertinentes
suggestions.
Introduction
Le projet de ce voyage a été imaginé à la suite à nos précédents séjours printaniers en Islande.
Ces derniers avaient eu lieu du 20 mai au 17 juin 2010 (du nord-ouest au sud par l’ouest de
l’île) pour le premier, du 22 mai au 28 juin 2012 (du nord au sud par l’est de l’île) pour le
second, et avaient fait la part belle aux observations ornithologiques.
Pour 2013, les grands axes du projet de voyage étaient de profiter des couleurs automnales, de
parcourir la réserve naturelle du Hornstrandir dans les fjords de l’ouest, d’approfondir
l’exploration de la presqu’île du Sneafellsness, région que nous avions particulièrement
appréciée en 2010, d’aborder les prometteuses îles Vestmannaeyar, et accessoirement
d’assister à des aurores boréales. L’intérêt ornithologique est à cette saison bien moindre,
mais nous savions que malgré tout, de belles observations faunistiques étaient possibles…
Comme les autres années, nous alternerions randonnées à la journée ou en autonomie sur
plusieurs jours avec les visites culturelles (musées et sites historiques), privilégierions le
camping sauvage lorsque les conditions météorologiques le permettraient et éviterions les
spots touristiques formatés… Le mauvais temps insistant aura significativement perturbé le
programme initial.
Remarque : Le carnet de voyage mentionne quelques marques commerciales de matériel ou
de services : en aucun cas nous ne bénéficions de faveurs en retour. Mais nous pensons que
certaines de ces informations peuvent être utiles, faire gagner du temps (et/ou de l’argent) aux
lecteurs qui envisagent un voyage en Islande.
Couleurs automnales sur le chemin du Gönguskarð (Norðurland eystra)
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Toponymie
Les toponymes islandais sont très souvent porteurs d’informations géographiques
intéressantes. Voici le sens des principaux préfixes et suffixes des noms de lieux qui
apparaissent dans le présent texte :
Préfixe ou suffixe Signification Exemple
– à rivière Hvítá
– bjarg rocher, falaise Hornbjarg
– ey île Hrisey
– eyri presqu’île Hesteyri
– dalur vallée Korpudalur
– fjall ou fell montagne Álfsfell, Mannfjall
– fjörður fjord Ísafjörður
– foss cascade Aldeyarfoss
– jökull glacier Drangajökull
– laugar ou laugar- bain Laugarvatn
reyk- fumée (vapeur d’origine géothermique) Reykhólar
– snes presqu’île Snæfellsnes
– skarð col Hafnarskarð
– fljót fleuve Markarfljót
– vatn étang, lac Svartarvatn
– vellir ou -völlur plaine Þingvellir
– vik baie Bolungarvik
Dalvik vu du large
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Jeudi 22 août
Départ de Perpignan par train couchette.
Vendredi 23 août
Vol Paris-Keflavik sur Wow Air : arrivée à l’aéroport à 14H45 heure locale (2 heures de décalage
horaire avec la France). Change des euros pour les couronnes islandaises au sein de l’aéroport.
Récupération de la voiture (une minuscule Spark vert pomme…) chez Sixt, dont l’agence est située
à quelques centaines de mètres de l’aérogare. Puis courses au supermarché Bónus (chaine de
supermarchés assez présente sur l’ensemble du territoire, et vraiment bon marché selon les
standards islandais) de Reykjanesbær (à quelques kilomètres de l’aéroport en direction de
Reykjavik). Achat de bouteilles de gaz à la station service (en général, c’est là qu’on les trouve le
plus facilement. Attention : les bouteilles démontables Campingaz ne sont pas courantes !). Puis
route plein nord, sans s’arrêter à Reykjavik puisque nous détenons toutes les cartes pour la
première partie du voyage. Notre destination, pour cette première partie du voyage, est la région
des fjords de l’ouest, le Vestfirðir. Il s’agit de la partie géologiquement parlant la plus ancienne
d’Islande (avec la région des fjords de l’est). C’est un immense plateau basaltique qui a été
profondément entaillé par les glaciers lors des glaciations quaternaires. La côte du Vestfirðir est
constituée d’innombrables fjords aux versants abrupts. Nous suivons la fameuse route circulaire
N1 (la seule route nationale de l’île) que nous quittons une quarantaine de kilomètres après
Borgarnes pour suivre la route 60. Camping sauvage sous la bruine à côté de l’aire de pique-nique
de Breiðabólsstaður, dans une ambiance fraiche et verdoyante. Dire qu’il y a 24 heures, j’étais
encore à Nohèdes !
Samedi 24 août
Reprise de la route vers 6H30 sous un temps maussade en direction d’Ísafjörður. En route, nous
apercevons à deux reprises des phoques qui font la sieste sur des récifs, puis nous manquons
d’écraser un vison d’Amérique (Neovison vison) qui consommait une charogne d’oiseau sur la
chaussée. Comme en France, le vison d’Amérique est une espèce invasive échappée d’élevages. Il
est susceptible de réels dégâts sur l’avifaune, notamment en période de nidification. Après le
contournement des interminables fjords secondaires ouverts sur l’immense Ísafjarðardjúp, pause
appréciée à Súðavík avec la visite du musée consacré aux renards polaires. Installé dans une
maison ancienne de ce petit village, il est passionnant et mérite une ou deux heures de visite
approfondie. Le musée accueille un sympathique restaurant qui propose entre autres une fameuse
soupe islandaise… Enfin, arrivée à Ísafjörður, la métropole des fjords de l’ouest (2600 habitants
seulement, mais incroyablement bien équipée !), que nous connaissons déjà.
Nous nous précipitons à l’office de tourisme qui abrite aussi les bureaux de l’agence West Tours.
Nous devons y récupérer les billets de bateau achetés par internet à destination de la réserve
naturelle du Hornstrandir (informations, horaires et réservations sur www.westtours.is). Le départ
est enregistré pour le lendemain matin au départ de Bolungarvik et le retour pour le 30 août, qui est
la dernière traverséee de la saison avant juillet 2015… Mais compte tenu des prévisions
météorologiques qui annoncent des pluies intenses jusqu’en fin de journée le 25, nous demandons
à repousser le départ pour la rotation suivante prévue à 17H00. Fin d’après-midi pour découvrir
Bolungarvik, et pour visiter le musée de plein air et le jardin botanique (vraiment épatant pour qui
s’intéresse à la flore !). Nous rejoignons ensuite la jolie baie de Skálavík par une bonne piste.
Malgré une météo exécrable, nous avons la surprise d’observer deux surfeurs s’exerçant dans la
houle déferlante ! Installation de la tente sur une aire de camping semi-sauvage (il y a juste un WC
rustique) située parmi quelques maisons de campagne très dispersées. A la tombée de la nuit, nous
observons depuis la voiture, qui constitue une excellente salle à manger, une trentaine de
personnes attroupées, malgré la pluie battante, autour d’un immense brasier allumé près de la
plage. S’agit-il d’une pratique traditionnelle ? Est-ce à l’occasion d’une célébration particulière ?
Nous ne le saurons pas...
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Dimanche 25 août
La pluie et le vent se déchaînent : grasse matinée ! De retour à Bolungarvik, la journée est
consacrée à la visite des bars : le musée d’histoire naturelle est fermé depuis le 18 juillet. Nous
Le musée de plein air de Bolungarvik
Un brasier sous la pluie. Baie de Skálavík
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rejoignons le port, où des juvéniles de mouettes rieuses (Larus ridibundus) et tridactyles (Rissa
tridactyla), ainsi que quelques sternes arctiques (Sterna paradisaea) égaient la scène. Enfin,
l’heure de départ du bateau approchant, nous nous y installons avec 6 autres passagers. En
discutant avec eux pendant le trajet, nous apprenons que la traversée du 30 août, date prévue pour
notre retour, est annulée ! Incrédules, nous montrons notre billet au capitaine du bateau, qui se met
à fulminer contre les employés de West Tours : le trajet a bien été annulé, l’agence en avait été
informée : nous avons failli être abandonnés par leur faute dans la région côtière la plus
inaccessible de l’Islande ! Nous convenons avec le capitaine d’un rendez-vous avec le dernier
bateau de la saison pour embarquer à Hesteyri, le 29 août à 15 h 00. Notre séjour dans le
Hornstrandir est de nouveau raccourci… Après deux heures de traversée avec pour décor austère
mais somptueux les versants de basalte abruptes des fjords ainsi qu’une langue de glace du
Drangajökull qui flirte avec le Leirufjördur, nous sommes arrivés au fond du Veiðileysufjörður,
point de départ de notre randonnée. Nous embarquons sur le zodiac piloté par le matelot, et
sommes déposés sur une plage de gros galets couverts d’algues.
Débarquement dans le Veiðileysufjörður
A quelques mètres, sont implantés un panneau d’information sur la réserve naturelle ainsi qu’une
insolite cabane en bois triangulaire abritant un WC. Après le retour du zodiac, le bateau reprend sa
route pour déposer les autres passagers en d’autres lieux, et sans doute embarquer quelques
randonneurs qui ont terminé leur séjour… Nous voilà seuls au monde ! Après exploration des
alentours immédiats, nous jetons notre dévolu sur une terrasse herbeuse de 10 m² : amplement
suffisants pour notre petite tente !
Réserve naturelle du Hornstrandir.
Créée en 1975, superficie 580 km², altitude max 736 m au Bláfell.
Inhabitée depuis 1952, elle accueille une flore de 260 espèces. Les milieux naturels ne sont plus
perturbés par le bétail depuis plusieurs dizaines d’années, ce qui permet à la végétation de
s’exprimer pleinement. La chasse étant prohibée depuis sa création, les mammifères tolèrent la
proximité des humains.
Environ 400 000 alcidés nicheurs, nombreuses falaises favorables à leur reproduction, dont la
fameuse Hornbjarg (alt. 531 m).
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Une solitude jouissive !
Lundi 26 août
Surprise en sortant de la tente : un phoque repose sur un rocher semi-immergé à une trentaine de
mètres de nous. Il ne fait pas cas de nous et sautille sur place en tournant comme sur un pivot ! Puis
un renard polaire (Vulpes lagopus), placide, longe le trait de côte en plongeant régulièrement son
museau dans les algues, à la recherche d’une quelconque friandise… Après nous avoir évalués un
instant, il continue sa quête et passe à quelques mètres de nous, confiant. Une fois de plus, l’effet
« réserve » est évident : les renards n’étant plus chassés dans la réserve depuis longtemps, les
humains ne sont plus considérés comme une menace. Une fois la tente pliée, nous commençons
l’ascension vers le col Hafnarskarð (519 m).
Phoque commun (Phoca vitulina)
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La végétation alterne
entre prairies humides,
fruticées, fourrés de
saules. De nombreux
suintements sont envahis
de mousses vertes
fluorescentes typiques. La
floraison est quasiment
terminée : dommage car
quelques semaines plus
tôt, le spectacle aurait été
magnifique tant les
plantes à fleurs abondent.
Par endroit, les orchis
maculés (Dactylorhiza
maculata) et les
platanthères boréales
(Habenaria hyperborea)
À l’approche du col Hafnarskarð (519 m)
sont très nombreuses. On trouve de temps à autres de gros bolets, probablement liés aux saules ou
aux bouleaux. Bien qu’assez appétissants, dans le doute nous nous abstenons de les cueillir. Par
contre, nous « bâfrons » les myrtilles. Grosses comme des pois chiches, elles sont quand même
moins savoureuses que celles de nos montagnes. Nous compensons par la quantité ! Avec l’altitude,
la végétation se raréfie, mais les fructifications des dryades octopétales (Dryas octopetala) font
apparaître des taches cotonneuses sur les sols basaltiques.
Un renard polaire peu farouche Le Kálfatindar (534 m) domine le Hornvik
Après avoir dévalé les névés après le col, quelques rayons de soleil percent à travers le couvert
nuageux. Les vues sur le Hornvik sont fabuleuses. Nous traversons une immense zone de tourbières,
où se devinent des méandres fossiles, avant de dépasser la maison du ranger puis d’atteindre la baie
où trônent un refuge fermé et plus loin un refuge de sécurité en plastique orange. Parfait pour la
pause. D’ailleurs, de jeunes renards polaires nous rejoignent, jouent entre eux, viennent quémander
une gâterie, puis font la sieste ! On sent malheureusement une imprégnation précoce, due
probablement à des randonneurs qui ont cru malin de leur donner des restes de pique-nique. Nous
conversons un instant avec deux randonneurs de passage : ce sera notre seul contact avec des
humains durant notre itinéraire à travers le Hornstrandir ! Nous poursuivons jusque la baie de
Rekavik par un itinéraire parfois périlleux. Nous trouvons une place pour la tente au milieu de bois
flottés qui encombrent le replat littoral. Et après avoir encore observé un phoque qui barbotte non
loin de nous, la pluie est de retour…
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Mardi 27 août
Dès le matin au lever, régime de petites averses alternant avec des rayons de soleil. Nous partons à
l’ascension du col Atlaskarð (319 m). La descente commence très raide. Au printemps et en début
d’été, les cols que nous avons traversés lors de notre randonnée au Hornstradir auraient nécessité
pour la plupart un équipement conséquent : corde, piolets, crampons. Mais en cette fin d’été, il ne
restait que des névés résiduels qu’il était toujours possible de contourner. Après une longue traversée
à flanc sur des sols rocailleux, nous entreprenons l’ascension d’un deuxième col, qui débouche sur
un cirque glaciaire parfait. De nouveau, descente dans un versant très raide, pour atteindre la plaine
de Búðir et son refuge fermé… Au loin, nous observons un iceberg à la dérive, provenant
probablement du Groenland qui n’est distant que d’environ 400 km. Dans la baie, à quelques mètres
du rivage, une quinzaine de phoques sont perchés sur des récifs. Nous les admirons avant de
reprendre la marche vers l’impressionnante pyramide de l’Álfsfell. Rencontre avec un renard polaire
qui déguste une trouvaille qu’il a dénichée entre les galets. Il nous observe avec une lueur
d’inquiétude dans le regard… Puis traversée de deux rivières : nous étrennons avec succès nos
solides sandales Teva et malgré le courant assez fort et le fond irrégulier, la sensation de sécurité est
totale. Nous entamons la montée vers l’Almenningaskarð, qui aurait été le troisième col de la
journée, mais éreintés, nous préférons nous arrêter et nous plantons la tente à proximité d’une zone
humide bucolique où se développent de nombreuses linaigrettes.
Mercredi 28 août
Une fois le col atteint, une
longue traversée nous attend sur
un terrain souvent chaotique avec
des éboulis d’énormes blocs.
Ascension du deuxième col de la
journée, le Þorleifsskarð, qui
domine une succession de
criques glaciaires aux versants
abrupts et dont les verrous
retiennent des étangs. Les vues
sont superbes sur l’immense
Fljót, qui serpente dans le fjord
puis s’élargit en une vaste lagune
séparée de la mer par des zones
humides et des sédiments
récents. Après avoir dévalé la pente, nous atteignons une première rivière à traverser. Nous enfilons
les chaussettes étanches pour cyclistes Sealskinz et chaussons nos sandales Teva, association parfaite
pour le confort de marche en milieu aquatique et condition froide. Nous les garderons aux pieds
plusieurs heures tellement les ruisselets, rivières et tourbières se succèdent tout au long du fjord !
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Les zones humides du Fljót
Les zones humides parcourues par des méandres sont superbes. Les mégaphorbiaies où abondent des
populages des marais, des géraniums et des angéliques alternent avec les bas marais à linaigrette et
des prairies humides riches en orchidées. Au pied du versant, fruticées à myrtiller et à camarine
(Empetrum nigrum) se disputent l’espace avec des fourrés de saules ou de bouleaux rampants et des
prairies. Nous rejoignons le chalet de Tunga, avant d’entamer l’ascension du Tunguheiði (500 m
environ) par un itinéraire pas toujours très clair que nous perdrons dans les éboulis alors que la pente
s’est redressée. Pourtant, il ne s’agit pas de s’égarer, car nous voilà maintenant enveloppés d’un
épais brouillard ! Après avoir retrouvé le sentier, nous atteignons le vaste plateau sommital et
heureusement d’énormes cairns nous guident à travers le brouillard. Nous atteignons le bord sud du
plateau alors que les nuées ont disparu. Le panorama sur la baie d’Aðalvík et sur tout l’ouest de la
péninsule est grandiose. La descente vers Látravík se fait d’abord à travers éboulis et névés et se
poursuit sous la bruine par une piste qui mène à quelques fermes restaurées en summer houses. Une
petite aire de camping à proximité de la plage nous attend. Une fontaine bienvenue nous permet de
faire le plein. Une fois la tente installée, nous visitons le hameau : dire que ce dernier a été habité
pendant des siècles, dans un isolement difficile à imaginer !
La nuit est marquée d’un bon coup
de vent, et les sardines de la tente
ne tiennent pas dans le sol meuble.
Avant que la tente ne s’effondre
totalement, une intervention à
l’extérieur devient urgente. Les
quatre bâtons de marche
profondément enfoncés dans le sol
maintiendront tendus les haubans
au vent pour le reste de la nuit.
L
La baie de Látravík
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Jeudi 29 août
Le vent s’est un peu calmé, le ciel est couvert mais il ne pleut pas : nous décidons de ne pas prendre
l’itinéraire direct pour Hesteyri mais de profiter de cette dernière journée dans le Hornstrandir en
commençant par longer l’immense plage de Látrar vers le sud. Très vite, un renard polaire nous
dépasse en nous jetant à peine un regard et poursuit son chemin sur l’estran. Chaque flux et reflux
des vagues sur la plage renouvelle sans cesse des
dessins très graphiques, en organisant les grains noirs et
clairs du sable volcanique selon une géométrie
imprévisible ! Nous observons le phénomène,
fascinés… Nous approchons des escarpements du
Mannfjall et nous sommes rassurés de découvrir qu’un
sentier s’élève et permet d’éviter la base de la falaise où
déferle la houle. Mais auparavant, nous retirons nos
pantalons et chaussons nos sandales pour traverser un
estuaire avec de l’eau jusque mi-cuisse. Le
contournement du Mannfjall nous mène dans la baie de Miðvík, vaste vallée glaciaire dont le talweg
semble largement occupé par des bas marais, tourbières, méandres et cours d’eau. Prudemment,
comme le sentier a fini par disparaître complètement et comme il s’agit de ne pas louper le bateau à
Hesteyri, nous décidons de longer plein est le pied du versant du Mannfjall, alors que notre carte
indique que l’itinéraire traverse le talweg vers le sud-est, talweg qui nous semble être un vaste
marécage… Nous poursuivons en montant en écharpe vers l’amont d’une cascade, et après de
pénibles traversées de fourrés de saules, nous atteignons un étang. Nous traversons son déversoir et
enfin nous trouvons un sentier cairné qui s’élève dans le versant. Le plafond a fini par nous
envelopper, et une pluie d’abord fine mais glaciale altère l’intérêt de la marche. Nous rejoignons
enfin le sentier principal qui relie Látrar à Hesteyri. Rapidement, il devient carrossable, et il mène
rapidement à Hesteyri, qui n’est qu’un hameau d’une dizaine de maisons. Avec la pluie et le froid,
nous rêvions de nous faire offrir une boisson chaude à la « maison du docteur » qui est la maison du
ranger, mais le hameau est désert ! Heureusement, à proximité du débarcadère, nous entendons des
voix : quatre randonneurs se sont réfugiés dans un abri à bateau et nous accueillent, alors que la pluie
redouble… Un couple de hollandais nous prépare un très bienvenu bol de thé. Enfin, le bateau arrive
à l’heure prévue et nous quittons avec regret –malgré les intempéries quotidiennes- la péninsule du
Hornstrandir. A part quelques propriétaires qui reviendront de temps à autres retrouver leur summer
houses avec leur propre embarcation et quelques aventuriers amateurs de solitude, plus personne ne
débarquera ici jusque début juillet ! Nous débarquons à Bolungarvik, toujours sous la pluie glaciale
et nous constatons que vers 200 m d’altitude, juste sous le plafond nuageux, la neige tient sur les
versants… Nous trouvons à Ísafjörður une pension où nous profitons avec délice de la chaleur et du
confort.
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Vendredi 30 août
Dès le matin, la pluie et le vent fort nous attendent. Nous passons au musée de la pêche (passionnant,
prévoir une demi journée) que nous avions visité en 2010 et nous y trouvons un exemplaire de
l’édition française du fameux et incontournable Oiseaux d’Islande, de Hjálmar R. Bárðarsson pour
la modique somme 1000 ISK, soit 6,20 € ! Puis nous prenons le tunnel pour visiter Suðureyri , joli
village de pêcheur, mais pour l’heure la
tempête se déchaine et la pluie coule à
flot. Nous nous résolvons à rejoindre
l’auberge de jeunesse de Korpudalur,
confortable maison centenaire située au
fond du Önundarfjörður. A peine
installés, une neige lourde mais volant à
l’horizontale vient se plaquer sur les
fenêtres de l’auberge. On est mieux ici
que sous la tente…
Maisons traditionnelles d’Ísafjörður
Samedi 31 août
Grand soleil et calme plat ! Le spectacle
du fjord avec ses versants abrupts et enneigés sous une lumière idéale nous fait instantanément
oublier les affres de la veille et nous invite à tenter une ascension. Après s’être assuré de notre
expérience de la montagne, le sympathique propriétaire de l’auberge nous indique un itinéraire pour
atteindre, hors sentier, le Tunguhorn, son belvédère préféré. Sous le soleil, la neige fond vite et nous
ne la trouverons que vers 250 m d’altitude. Enfin nous atteignons le plateau sommital dans 30 cm de
neige lourde. De sa proue qui domine le fjord de 700 mètres, le spectacle est sublime, et nous
comprenons pourquoi, si la saga dit vrai, Önundar, le héros mythique du lieu, s’y soit fait enterré.
Nous explorons le plateau qui s’élève vers le sud-est et découvrons de magnifiques étangs gelés,
avant de faire demi-tour. Au crépuscule, nous prenons la voiture pour aller admirer les reflets des
versants enneigés dans les eaux du fjord qu’aucune brise ne vient rider. Deux cygnes chanteurs
(Cygnus cygnus) et trois fuligules milouinans (Aythya marila), navigant sur un étang nous auront
ravis quelque temps lors de notre retour à l’auberge. Vers vingt deux heures, je sors observer les
étoiles, mais le vent s’est levé et il fait maintenant très froid.
Sur la crête du Tungufjall
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Itinéraire pour le Tungufjall. Environ 10 km. Carte Vestfirðir & Dalir n°2. 1/100 000°
Cygnes chanteurs Reflets sur l’Önundarfjörður
Je crois percevoir une lueur verdâtre vers l’ouest, alors que les lumières solaires s’estompent à
l’horizon. Intrigué, je cherche l’appareil photo et le mini-trépied et tente une photo sur pause : banco,
l’écran est formel, il s’agit bien d’une aurore boréale ! Le ciel s’obscurcissant, elle est maintenant
bien visible, comme une écharpe verte qui traverse le ciel du sud-ouest au nord-est. Elle se
transforme lentement, des draperies se faisant puis se défaisant lentement. Je multiplie les prises de
vue, mais il aurait fallu, pour bien faire, le confort et la stabilité d’un vrai trépied, lourd et rigide…
Une deuxième aurore apparaît à l’ouest, juste au dessus de l’horizon, très différente de la première
qui maintenant traverse le ciel par le zénith. Elle forme une large draperie dont les plis sont en
constant mouvement. Son coloris est un dégradé du rose au vert pâle. Je tente des clichés mais la
nécessaire pose de 15 secondes (à 1250 ISO) est peu compatible avec la mouvance du phénomène…
Résultat des courses : de toute la série réalisée ce soir, seul un cliché est acceptable.
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Photographier une aurore boréale
De cette expérience de débutant, je conclus que les conditions techniques à réunir pour espérer
produire de belles photographies d’aurores boréales sont les suivantes :
– un trépied lourd et rigide (pour limiter les vibrations dues au vent) ;
– un boîtier permettant une sensibilité d’au moins 3200 ISO sans générer un bruit visible ;
– un objectif grand angle lumineux.
Pour optimiser le résultat, l’aurore et le crépuscule sont des périodes qui permettent d’enrichir le ciel
de leurs lueurs et d’apporter des détails dans les paysages, ce qui est esthétiquement plus intéressant
qu’une aurore boréale photographiée par nuit noire…
Le très riche site météo islandais vedur.is dispose d’un onglet consacré aux prévisions sur 6 jours des
aurores boréales couplées aux cartes de nébulosité : http://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/
Dimanche 1er septembre
Les prévisions météo ne sont
pas bonnes : nous optons pour
une randonnée d’une demijournée
sur la rive sud de
l’Önundarfjörður à partir de
Kirkjuból. Sous un ciel gris,
nous longeons le rivage par
une piste taillée au pied du
versant, puis traversons un
gros torrent sur un tronc. En
escaladant un imposant talus,
nous découvrons les ruines du
hameau de Mosdalur datant
de la colonisation par les
vikings. Une vallée glaciaire
s’étend derrière le hameau, et
quelques ovins paissent dans
Rivages de l’Önundarfjörður
les grasses prairies. Ils n’ont manifestement pas vu un humain depuis belle lurette tant ils
s’empressent à mettre de la distance avec nous. Le ciel s’assombrit rapidement et nous rentrons par
le même itinéraire. Nous contournons le fjord car nous espérons visiter le musée de Flateyri, village
de pêcheur riche de belles et anciennes maisons. Mais nous sommes le 1er septembre est il est déjà
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fermé, la saison touristique est terminée ! Une pluie glaciale se met de la partie et nous nous
réfugions pour consommer une boisson chaude dans le seul lieu ouvert : la station service N1. Nos
projets de randonnée dans ce merveilleux fjord étant compromis par le mauvais temps durable, nous
prenons la route pour Bildudalur. L’itinéraire est fatigant, une grande partie se déroulant sur une
piste détrempée, avec d’innombrables nids de poules obligeant à une conduite très prudente.
Plusieurs cols à passer, certains
encadrés par des murs de neige et
toujours cette pluie incessante…
Nous connaissions cet itinéraire,
que nous avions parcouru par
grand soleil, et il nous avait
fasciné : aujourd’hui, notre
appréciation est toute autre… Nous
nous arrêterons toutefois pour
prendre un bain dans une piscine
d’eau thermale construite en pleine
campagne, 15 km avant
Bildudalur. Depuis notre passage
en 2010, un cabanon en bois a été
construit et permet de se changer à
l’abri des intempéries : le luxe et en plus c’est gratuit ! Arrivés à Bildudalur, nous visitons l’aire de
camping, mais située au pied du hangar de la salle de sport, elle n’est pas vraiment accueillante, et
avec la pluie en prime, nous optons sans regret pour la confortable auberge de jeunesse…
Lundi 2 septembre
Le temps est exécrable, nous abandonnons nos projets de randonnée, mais en profitons pour visiter
le musée des monstres marins. Très bien conçu, on en ressort troublé. Malgré notre esprit rationnel,
les témoignages cohérents, récents et répétitifs finissent par affaiblir nos certitudes : l’objectif du
musée est atteint ! Nous reprenons la route pour le Breiðafjörður, cet immense et large fjord limité
au nord par le Vestfirðir et au sud par la péninsule du Snæfellsnes. Passé le sinistre col de
Þverdalsskard, la descente vers Flókalundur se révèle plus riante. Des rayons de soleil percent et
illuminent de somptueuses cascades auréolées
d’arcs-en-ciel, les paysages retrouvent des couleurs.
Mais cette amélioration ponctuelle ne suffira pas à
nous convaincre d’aller nous baigner dans les
sources thermales qui émergent à quelques mètres
du rivage, 300 m après l’hôtel Flókalundur. Malgré
les averses et le froid (5°C), nous opterons pour le
camping de l’hôtel, dont les sanitaires rustiques
offrent un abri permettant de cuisiner au sec… Mais
avant de dîner, nous allons découvrir la réserve
naturelle de Vatnsdalsvatn. Cet étang prolongeant le
Vatnsfjörður est réputé par son avifaune reproductrice, comme le Plongeon catmarin (Gavia stellata)
et l’Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus). La bonne saison étant largement passée, nous n’y
verrons que le premier… Sous les arcs-en-ciel, les paysages sont prometteurs, une randonnée de plus
ample ambition me titille, mais il se fait tard, il est temps de faire demi-tour. A l’hôtel, nous
obtenons les prévisions météo pour les jours à venir : les 3 et 4 septembre devraient être corrects.
Mardi 3 septembre
Miracle ! La pluie a cessé juste avant que nous décidions de sortir de la tente. Nous prenons la route
vers l’est, les fjords se succèdent alors que le ciel bleu finit par s’imposer. Après une heure de route,
nous atteignons le point de départ d’une randonnée sur deux jours. Le projet est de faire le tour d’une
des trois presqu’îles formées par des fjords parallèles s’ouvrant au sud sur le Breiðafjörður. Nous
– 19-
jetons notre dévolu sur Svinanesfjall, car c’est la seule des trois presqu’îles à ne pas être parcourue
par une piste. C’est pour nous le gage que les paysages seront intacts… La randonnée débute en haut
de la piste menant à Breiðidalur, et pour rejoindre la côte ouest de la presqu’île, nous suivons un peu
Le Skálmarfjörður
le goudron puis une piste menant à une summer house. Ensuite un sentier conduit aux ruines d’un
hameau où les angéliques (Angelica archangelica) abondent. Un pygargue à queue blanche
(Haliaeetus albicilla) survole le fjord, mais la distance est trop importante pour que je tente une
photo. La poursuite de l’itinéraire vers le sud ne sera pas aisée : après quelques plages et zones
rocheuses ne contrariant pas notre déplacement, les zones humides succèdent aux broussailles de
saules et de bouleau et le terrain devient plus accidenté. Les pauses se multiplient et nous en
profitons pour nous gaver de myrtilles : elles sont grosses comme des petits raisins. Deux pygargues
nous survolent en altitude. Nous arrivons exténués à Svinanes, une ferme en ruine qui a dû être
abandonnée il n’y a pas si longtemps comme en témoigne la ligne électrique, seul lien avec la
civilisation. Nous imaginons que les fermiers se déplaçaient plutôt en bateau. Les récifs sont très
nombreux, mais par contre la côte
est tellement découpée qu’elle
forme des baies minuscules, bien
protégées de la houle, qui
permettent aux embarcations
d’accoster et de s’abriter en toute
sécurité. Nous avons observé de
nombreux cairns construits sur des
îlots, probablement des amers
permettant de cheminer dans le
dédale des récifs… Nous aurons du
mal à nous décider où planter la
tente : le vent s’est levé. Il n’est
pas violent mais glacial et nous ne
trouvons aucune situation abritée.
Pygargues à queue blanche (Haliaeetus albicilla)
– 20-
Itinéraire pour Svinanes. 31 km (sur 2 jours). Carte Vestfirðir & Dalir n°5. 1/100 000°
Mercredi 4 septembre
Grand ciel bleu ce matin. Nous entamons le retour par la côte est de la presqu’île. Après la
progression difficile de la veille, nous nous attendions au pire pour le retour. Finalement, le parcours
est facilité par les sentes tracées de temps à autres par les moutons, et notre marche n’est ralentie que
par les nombreuses pauses imposées par la beauté et la diversité des points de vue sur la côte. Dans
le Breiðafjörður, le marnage est assez important (4 m par coefficient de 120). Pour l’heure, la marée
est montante et peu à peu le vaste estran, où foisonnent des algues orange et des récifs, disparaît sous
les flots. Un phoque faisant la sieste sur un rocher couvert d’algues se laisse approcher : la chasse
– 21-
aux phoques ne doit pas être virulente par
ici… Plus loin, des cygnes chanteurs
s’inquiètent à notre approche. Nous
apercevrons aussi au loin des grands
cormorans, quelques canards et plongeons.
Nous approchons de l’extrémité de ce
fjord magnifique occupé par un hameau
agricole. Retour brutal à la civilisation, les
tracteurs et véhicules plus ou moins en
ruine stationnés au pied du hameau
constituent un véritable musée de la
mécanique automobile, altérant le
caractère bucolique des lieux. Après avoir
rejoint notre voiture, nous reprenons la
route vers l’ouest et profitons de la piscine géothermale de Djúpadalur. Pour accéder à cette piscine
couverte et à son hot pot, il faut aller payer à la première maison du hameau : un numéro de code
permet d’ouvrir la porte de la piscine. Nous plantons la tente quelques kilomètres plus loin sur une
pelouse avec vue sur le Djúpifjörður où plusieurs dizaines de cygnes chanteurs sont rassemblés et
trompettent à tout va !
Jeudi 5 septembre
Lever frileux sous le soleil. Il fait 2°C dans la tente et la toile est couverte de givre. Nous tentons de
la sécher mais les rayons solaires ne suffisent pas. Nous reprenons la route et nous nous arrêtons au
restaurant-hôtel-station service de Bjarkalundur car nous cherchons des cartes postales. A l’accueil,
on nous conseille l’ascension du Vadalfjöll, situé à deux heures de marche environ. Il s’agit d’une
aiguille qui se dresse fièrement au milieu
des collines environnantes. La
suggestion est alléchante, la météo est
favorable. L’approche de ce sommet
remarquable se fait en suivant un sentier
balisé par des piquets de bois qui
chemine sur des pentes douces propices
aux troupeaux ovins. Le sommet luimême
se révèle être une double
cheminée de basalte aux parois
verticales et nous doutons qu’il nous soit
accessible. Sur le parcours, nous
rencontrons une femelle ( ?) de lagopède
alpin (Lagopus muta) dans les myrtillers.
Elle se laissera approcher à environ 2 mètres, avant de s’envoler… En contournant par l’ouest
l’éperon basaltique, une brèche très raide apparaît.
Les mains sont mises à contribution pour atteindre
un col vertigineux qui donne accès au sommet de
la muraille d’orgue de basalte. Une insolite boîte
métallique abrite un livre d’or. Le panorama est
très étendu, et au-delà des reliefs au nord apparaît
le sommet du Drangajökull, le grand glacier qui
culmine dans le Horstrandir. Après une descente
prudente, nous rejoignons le pied est de la
cheminée volcanique puis nous progressons dans
un amoncellement invraisemblable de prismes de
basalte qui se sont détachés de la paroi.
Lagopède alpin (Lagopus muta)
– 22-
Itinéraire de l’hôtel Bjarkalundur au pic Vadalfjöll (photo Google.map)
De retour au parking de l’hôtel, nous reprenons la route vers Reykhólar. Comme son nom l’indique
(Reyk = fumée), ce village est installé sur une zone géothermale et des piscines, serres et sources
fumantes abondent dans les alentours. Nous entamons une promenade un peu hasardeuse (un
panneau touristique indique plusieurs boucles, mais celle que nous avons choisie ne comporte
aucune balise et finalement ne mène nulle part). Dans les prairies, des centaines d’oies cendrées
(Anser anser) pâturent, et elles décollent bruyamment à la moindre alerte. Nous observerons aussi
quelques cygnes chanteurs et un vol de bécasseaux au loin. De retour au village, nous passons à côté
de la piscine municipale et
jetons un oeil à travers le
grillage qui la clôture : cinq
lagopèdes pâturent dans
l’enceinte, comme de
vulgaires poules ! Nous
reprenons la route pour
trouver une place de camping
sauvage : nous planterons la
tente au pied d’une aire de
piquenique qui domine la
route. La vue panoramique
sur le Breiðafjörður est
exceptionnelle. Nous
constatons qu’il est constellé
d’îlots répartis à perte de vue.
Ce doit être un véritable Cinq lagopèdes pâturent la pelouse de la piscine !
– 23-
paradis pour les pêcheurs. Malgré le vent qui se lève, l’absence de nuages nous incite à veiller tard,
dans l’espoir d’observer une aurore boréale, mais c’est en vain.
D’innombrables îlots occupent le Breiðafjörður
Vendredi 6 septembre
Vent fort et nuages nous accompagnent tout au long de la péninsule du Skarðsströnd. Son extrémité
ouest se prolonge par une incroyable mosaïque d’îlots qui encombrent le fjord jusque Stykkishólmur,
la capitale du Snæfellsnes que nous devinons sur l’autre rive. Nous profitons d’une pause pour
récolter des myrtilles qui abondent sous les broussailles de bouleaux nains. En y regardant de plus
près, je m’aperçois que la mousse épaisse, qui partage avec les myrtillers le « sous-bois » des
bouleaux, cache de nombreuses girolles ! En un quart d’heure, 1,5 kg de champignons viennent
enrichir la récolte de baies : le dîner est assuré ! Nous trouvons à nous héberger au centre de
vacances de Laugar, qui est un haut lieu historique islandais. De son passé glorieux subsiste une
source d’eau chaude aménagée, dont nous
profiterons comme il se doit. Deux lagopèdes
déambulent à proximité… Nous partageons la
cuisine de collectivité avec la responsable des
lieux qui s’affaire à la préparation du diner
destiné à un groupe de jeunes. Nous lui faisons
goûter notre préparation de girolles, qu’elle
apprécie tout en nous précisant que c’est la
première fois qu’elle mange des champignons,
denrée peu connue des islandais. C’est curieux
que leur consommation ne soit pas répandue sur
l’île, car à cette saison, ils sont diversifiés et très
abondants. Nous consultons le site de prévisions
météo : tempêtes et précipitations abondantes pour la semaine à venir sur tout l’ouest de l’Islande.
Nous abandonnons à regret notre projet d’explorer la péninsule du Snæfellsnes et décidons de filer
dès le lendemain vers Akureyri et le nord du pays qui semblent épargnés par la vague d’intempéries.
Samedi 7 septembre
Nous faisons un crochet pour aller visiter le musée des phoques de Hvammstangi, qui, comme
souvent en Islande, est très bien conçu. Après une nette reprise de la chasse aux phoques dans les
années quatre-vingt (jusqu’à 6000 prises par an), cette activité décline fortement (moins de 500
aujourd’hui), au grand profit des naturalistes (Merci BB !) ! Toutefois, cet engouement pour
– 24-
l’observation des phoques est susceptible d’affecter (moins que la chasse !) leurs populations et
depuis 2008 un programme d’étude vise à en cerner les effets et à prescrire les règles de bonnes
pratiques pour un tourisme durable. Nouvel arrêt à Blönduós, pour visiter l’île de Hrútey sur le
fleuve Blandá, réserve naturelle ornithologique qui est fermée au public durant la période de
reproduction : nous n’avions pu la visiter de ce fait au printemps 2012. Elle fait aussi fonction
d’arboretum, et elle est partiellement occupée par une forêt qui prospère, et où nous constatons que
les pins à crochets sont bien adaptés au climat, comme dans nos Pyrénées ! Nous découvrons un
énigmatique nid abandonné avec 2 oeufs de cygnes chanteurs (nous semble-t-il), dont un est percé.
Étonnant car la nidification de cette espèce a lieu en avril-mai… Nous poursuivons notre route puis
profitons d’un belvédère dominant le Skagafjörður, région réputée pour ses élevages équins.
Cheval islandais
Il s’agit d’une petite race de cheval dont sont très fiers les islandais. Issue des chevaux qui ont
accompagné la colonisation de l’Islande par les vikings, la race est maintenue pure puisque
l’importation de chevaux est interdite depuis une décision du parlement (Alþing) datant de… 982 !
Cette race a l’originalité de se déplacer selon 5 allures, dont l’amble. Elle est issue d’une sélection
naturelle sévère, en relation avec le climat de l’île, et pour cette raison, elle est particulièrement
rustique. Le cheval islandais est exporté comme cheval de loisir.
Outre les panneaux touristiques décrivant cette région et ses aménités, un large panneau en trois
langues informe les visiteurs sur un projet de ligne THT de 560 KV, dont les conséquences
paysagères et touristiques désastreuses sont dénoncées ici par un collectif des habitants. Quatrevingts
pour cent de la production électrique islandaise est dévolue à l’industrie, surtout aux usines
d’aluminium très gourmandes en électricité. Cette activité économique n’est pas ici remise en cause,
mais l’enfouissement des lignes est exigé, ce qui semble la moindre des choses : il n’y a pas que
l’aluminium dans la vie ! La plaine du Skagafjörður est couverte de pâturages partagés par de très
nombreux ovins qui sont déjà de retour des alpages et par les troupeaux de chevaux islandais. On
apprendra plus tard que, début septembre 2012, une très importante chute de neige avait causé la
mort de milliers de brebis qui étaient encore en montagne, leur retour à la ferme étant
traditionnellement organisé aux alentours du 15 septembre : cette année, certains éleveurs ont fait
preuve de prudence. Une dizaine de kilomètres avant Akureyri, nous découvrons un camping
sauvage idéal…
– 25-
Dimanche 8 septembre
Notre campement, abrité par des arbres, n’a pas subi les assauts de la tempête nocturne. Nous
arrivons dès son ouverture, à 8H00, au très documenté office de tourisme d’Akureyri. Avec ce temps
mitigé, la visite du musée des arts et traditions populaires est une aubaine. Il accueille une exposition
temporaire sur les aurores boréales, de toute beauté. Visite de la vieille ville, riche de ses maisons
traditionnelles bourgeoises. A ne pas manquer : la vaste librairie café internet Eymundsson au centre
ville, où l’on trouve toutes les publications touristiques et naturalistes consacrées à l’Islande, ainsi
que la plupart des cartes de randonnées dont on peut avoir besoin. Si comme nous vous avez de la
chance, on vous y offrira une gaufre et de la confiture ainsi qu’un café ! Nous passons la nuit dans la
très fréquentée auberge de jeunesse d’Akureyri.
Lundi 9 septembre
Dès le matin, le temps est menaçant. Notre projet d’ascension du Súlur (1213 m), pyramide acérée
qui domine Akureyri et l’Eyjafjörður, est ajourné. Nous décidons de nous éloigner encore plus à
l’est, où les prévisions météorologiques semblent plus clémentes : nous suivons la N1 vers le lac
Mývatn. Durant le parcours, nous constatons que les couleurs automnales commencent à enflammer
les paysages. Nous poursuivons jusque la zone géothermale très active du volcan central de Krafla,
pour visiter les champs de lave du Leirhnjúkur. Pendant la période 1975-1984, tout le secteur du
Krafla a été soumis à une intense crise de rifting pendant laquelle le cumul des fissurations a atteint
8 mètres de large (BERGER, 2004) ! L’épanchement de lave sur la période a atteint 0,3 km3,
recouvrant une superficie considérable. Les itinéraires aménagés du Leirhnjúkur permettent de
découvrir une partie de ces étendues minérales. Des sources d’eau turquoise ou de boue
géothermales bouillonnent au milieu de dépôts minéraux très colorés. Le contraste avec les laves
noires ou grises qui envahissent le paysage à perte de vue est saisissant.
De profondes fissures fumantes
doivent être enjambées par
moment, et de fines
cristallisations de soufre
condensent autour des évents…
Nous retournons au Myvatn pour
une randonnée vers le Hlíðarfjall
(771 m), sommet facilement
accessible à partir du camping
Hlíð à Reykjahlíð, en environ
deux heures. L’intérêt de cette
modeste ascension est le
panorama unique qu’il offre sur
l’immensité des champs de lave
issus des dernières irruptions
Zone géothermale du Leirhnjúkur. Dernières manifestations
volcaniques du Krafla durant la période 1975-1984
– 26-
Hlíðarfjall (771 m)
fissurales du Krafla, sur l’ensemble du lac Mývatn et ses pseudo-cratères, sur le cratère d’explosion
de Hverfell, sur le réseau de fissures du rift médio-atlantique, sur les volcans d’origine sousglaciaires
(mobergs) qui occupent les hautes terres, sur la calotte glaciaire du Vatnajökull qui se
devine à l’horizon, etc. Malheureusement, les lumières ne sont pas très favorables… Nous reprenons
la voiture direction Akureyri mais nous nous arrêtons dans un camping à Laugar (un homonyme du
Laugar du 6 septembre : Laugar est un toponyme fréquent qui signifie « bains », généralement
associé à une source géothermale). Le propriétaire est un forestier, chargé de la gestion d’une jeune
plantation de conifères s’étendant sur 300 ha. Nous le questionnons sur la politique forestière
islandaise : alors que le pays est quasiment déboisé, les potentialités de production de bois d’oeuvre
sont assez importantes (nous lirons plus tard que la forêt ne couvre actuellement que 1 000 km²
contre 30 000 km² lorsque les vikings ont découvert l’île). Les forêts sont aussi une solution
développée pour limiter la rapide érosion des sols, qui par leur nature volcanique, sont très fragiles et
soumis à l’action conjuguée des intempéries et des troupeaux. L’érosion est considérée comme
considérable ou sévère sur plus de la moitié du territoire islandais.
Mardi 10 septembre
Beau temps ! Nous décidons d’aller visiter
les cascades d’Aldeyarfoss. La route
d’approche suit la tranquille vallée de
Bárðardalur avant de s’élever en direction
de Svartakot, où une ferme marque
l’ultime limite avant les hautes terres.
Malgré l’austérité des lieux, un organisme
y siège et développe des recherches sur les
relations entre culture, durabilité et
responsabilité humaine
(http://scn.akademia.is/index.html). Mais
quelques kilomètres avant d’atteindre ce
– 27-
lieu, nous bifurquons à droite sur la piste qui permet de s’approcher des cascades. Une balise indique
le départ de la promenade qui, sur piste puis sur sentier, conduit, en une heure de marche à travers
des paysages bucoliques, à la succession de cascades enchâssées dans des murailles d’orgues de
basaltes. Nos explorations se poursuivent plus tard à Svartakot et au Svartarvatn, dont les berges
semblent peu propices à la randonnée. Nous quittons pour une promenade en boucle qui conduit à
une antenne (Rauðafell). Nous
provoquons l’envol d’un troupeau d’oies
cendrées. Les paysages ne sont pas très
beaux, malgré les couleurs automnales,
mais les immensités monotones du
plateau basaltique, juste limitées à leur
périphérie par des mobergs et loin au sud
par le gigantesque Vatnajökull, laissent
pantois tellement elles suggèrent la
désolation. Le ciel qui s’est
progressivement chargé tourne à la pluie.
A contre coeur, nous abandonnons l’idée
de camper et retournons à l’auberge de
jeunesse d’Akureyri.
Les immensités désolées aux abords de Svartakot
Mercredi 11 septembre
Les prévisions météo n’étant pas trop mauvaises, nous retournons vers l’est et quittons la N1 pour
suivre le Fnjóskadalur jusqu’à la ferme de Reykir où nous laissons la voiture. Nous suivons une piste
rive gauche de la vallée, et nous nous enfonçons plein sud dans des paysages de plus en plus
sauvages. Des forêts de bouleaux masquent quelques summer
houses, dont certaines font rêver tellement l’environnement est
enchanteur. Après huit kilomètres de marche facile, nous
quittons la vallée principale pour suivre un affluent sur la
droite, le Skarðsá, tout en esquivant les gorges en amont de sa
confluence, en s’élevant sur sa rive gauche. Nous trouvons des
sentes qui finissent par converger en un véritable sentier. Le
soleil apparaît entre les nuages, et magnifie la végétation qui
offre ici une diversité et une intensité de teintes étonnantes.
Notre ascension dans cette vallée secondaire nous conduit au Gönguskarð, point de vue magnifique
sur les petits glaciers, tout proches, et sur les prairies multicolores où paissent encore quelques
brebis… La tentation est grande de rejoindre le col que nous entrevoyons au sud, et qui donne accès
à une vallée aboutissant à
Akureyri… Mais la
raison prend le dessus et
nous entamons le retour.
Très peu connue des
visiteurs, cette région
mérite le détour et offre
des possibilités de randonnées
très étendues !
Nous retournons à
Akureyri, mais ce coup-ci
nous nous installons au
camping situé au centre
ville. Nous qualifions ses
prestations et son
environnement de
médiocres…
– 28-
Itinéraire pour le Gönguskarð. 20 km aller-retour. Carte Útivist og afþreying n°2, 1/100 000°
– 29-
Jeudi 12 septembre
Durant la nuit, une véritable tempête se lève, heureusement nous avons implanté la tente au pied
d’une haie qui nous abrite. Le matin, la pluie tombe à l’horizontale par un froid glacial et nous avons
du mal à trouver un endroit sec sous l’auvent des sanitaires pour préparer le petit déjeuner. Temps
idéal pour visiter un musée : ce coup-ci, ce sera le musée de l’industrie ! Nous nous imprégnons de
l’histoire très riche de cette ville, qui a su se développer avec harmonie grâce à ses puissantes
coopératives. Puis, toujours sous la pluie, tourisme en voiture : nous remontons l’Eyjafjarðardalur,
qui prolonge le fjord d’Akureyri loin dans le sud. Il neige et les pentes se couvrent d’un léger duvet
blanc à partir de 100 m d’altitude, comme nous le constatons lors de courtes accalmies. Puis le soleil
fait de courtes apparitions, révélant des paysages superbes, agrémentés de troupeaux de chevaux et
d’églises dans leur écrin de verdure... L’amélioration météorologique est modeste, si bien que nous
retournerons une fois de plus et sans regret honorer l’auberge de jeunesse d’Akureyri.
Vendredi 13 septembre
Ce matin, le ciel est dégagé : les conditions sont idéales pour aller visiter durant quelques heures l’île
de Hrísey, qui trône au milieu de l’Eyjafjörður. Le ferry relie Árskógssandur au village de Hrísey en
15 mn, avec quotidiennement une douzaine de rotations.
Chalutier converti pour le whale watching Eider à duvet male en éclipse
Environ 180 habitants permanents vivent sur cette petite île de 7 km de long sur 2,5 km de large.
Avec ses jolies maisons colorées, le village mérite la visite, qui ne prendra toutefois qu’une
quinzaine de minutes… La partie nord de l’île est interdite aux visiteurs : elle est dédiée à l’avifaune,
et notamment aux
lagopèdes qui viennent
s’y reproduire. Leur
population peut être
dense, mais elle est très
fluctuante (de 30 à 270
couples), avec un cycle
d’environ 10 ans, sans
que les causes en soient
aujourd’hui clarifiées.
Ici, leur principal
prédateur est le faucon
gerfaut (BERGERUD
et al, 1988), et durant
l’automne, la réponse
des lagopèdes à leur
menace est d’investir
les jardins du village !
– 30-
Les chiens sont interdits
sur l’île et on n’y trouve
aucun renard polaire.
Lors de notre séjour à
Hrísey, nous ne verrons
que deux lagopèdes, dont
un déambulant dans un
jardin en plein village.
L’île est dotée
d’itinéraires de randonnée
que nous recommandons
chaudement : ils
traversent des landes
couvertes de camarine, de
myrtillers, de bruyères et
de saules aux couleurs
resplendissantes à cette
époque, et les perspectives sur le fjord enchâssé dans les montagnes enneigées sont immenses. Nous
apercevons une baleine croisant au large…
Près du village, des séchoirs traditionnels où
sont suspendus des têtes de poisson et des
raies méritent la visite. Curieusement, la
dépouille d’un grand corbeau (Corvus corax)
a été suspendue à l’un des séchoirs, sans doute
pour éloigner ses congénères… De retour sur
la côte, nous faisons un petit détour à Dalvik
avant de retourner en direction d’Akureyri.
Nous retrouvons notre camping sauvage du 7
septembre.
Samedi 14 septembre
Une pluie fine nous accueille à la sortie de la tente, mais rien de grave, elle s’atténuera rapidement.
Nous entamons notre retour vers l’ouest puis le sud de l’Islande, mais avant de quitter la région du
Norðausturland, une randonnée s’impose. Notre projet initial était d’explorer la vallée de
Bægisárdalur (située à une quinzaine de km à l’ouest d’Akureyri). Nous sommes en train de préparer
nos sacs à dos lorsqu’un homme sortant de la ferme à côté de laquelle nous avons stationné, nous
demande, très embarrassé, de ne pas poursuivre notre projet de randonnée. Sa fille, qui maîtrise
mieux l’anglais, vient à sa rescousse et
nous explique : toute une équipe est
partie très tôt ce matin pour rechercher
les brebis qui pâturent la vallée depuis
le printemps. Mi-septembre, c’est la
fin de l’estive, tous les troupeaux
quittent la montagne et sont conduits
d’abord dans des trieurs à bestiaux
(appelés ret ou rettir, qui permettent
aux différents propriétaires de
récupérer leurs animaux) puis
véhiculés jusqu’aux parcs aménagés
autour des exploitations. Nous
n’insistons pas, notre progression à
contre-courant des Rettir, ou trieur à brebis troupeaux dévalant
– 31-
la vallée aurait perturbé la manoeuvre. Nous tentons notre
chance dans la vallée suivante, la Holadalur. Finalement,
malgré un vent cinglant, nous ne regrettons rien,
l’itinéraire parcouru offre des vues magnifiques sur les
aiguilles de Háafjall. Nous reprenons la route en début
d’après midi, et comme le soleil daigne se montrer par
moment, les arrêts photos sont nombreux tout au long de
l’itinéraire : cette région est vraiment attachante, et nous
la quittons avec le sentiment de ne l’avoir qu’effleurée.
Nous passons la nuit dans le Hrútafjörður à l’auberge de
jeunesse de Sæberg, dont nous avions déjà apprécié en
2010 et 2012 le confort et le hot tube (mini piscine
alimentée par une source géothermique).
Dimanche 15 septembre
Nous poursuivons maintenant la route N1 plein sud, par
très mauvais temps. Le vent est fort, il neige et la
visibilité est faible : la conduite nécessite prudence…
Plus au sud, après avoir traversé des
paysages particulièrement austères, la
situation abritée par les montagnes nous
autorise deux promenades à proximité de
la bifurcation de la route 60, l’une dans
la forêt qui surplombe le magnifique
étang de Hreðavatn, l’autre aux abords
des majestueuses cascades de Glanni…
Nous reprenons la N1 jusqu’à
Varmaland, pour explorer la région de
Reykholt qui s’étend vers l’est. Cette
localité, qui ne comporte qu’une
soixantaine d’habitants, est importante
pour l’histoire culturelle et religieuse de
l’Islande. Outre une curieuse
église/musée moderne, elle abrite un
patrimoine historique datant du moyen
âge, comme le « bain de Snori ». Snori
Sturlusson était un poète et politicien du
début du XIIIème siècle qui rayonna bien
au-delà de l’Islande. Sur place, on peut
aussi visiter un intéressant arboretum,
qui permet de conclure que de
nombreuses espèces arborées sont
adaptées au climat local, les arbres ont
ici une ampleur peu commune pour
l’Islande… Nous visitons ensuite la source d’eau chaude de Deildartunga, qui détient un record
mondial avec son débit de 180 l/s d’eau à 100°C. Cette eau est captée pour chauffer localement des
serres, mais aussi elle alimente par une conduite calorifugée les systèmes de chauffage urbain des
villes de Borgarnes et d’Akranes, cette dernière pourtant éloignée de 74 km. Nous reprenons la route
sous la pluie, pour visiter les célèbres cascades de Hraunfossar. Mais la carte étant imprécise, nous
suivons par erreur une piste qui contourne par le nord les champs de lave de l’Eiríksjökull.
– 32-
Rapidement, nous croisons des tracteurs dont les immenses remorques sont chargées d’ovins : c’est
certain, il y a un rettir pas loin, une opportunité de profiter d’un spectacle qui n’arrive qu’une fois
par an ! Encore quelques kilomètres à travers le champ de lave et nous repérons le rettir à côté
duquel stationnent quelques tracteurs et leurs remorques. Nous abandonnons la voiture au bord de la
piste et parcourons les dernières centaines de mètres contre les rafales de neige fondante.
C’est un rettir ancien, dont les enceintes sont de pierre sèche. Seule une des enceintes est encore
pleine de brebis : il était temps que nous arrivions ! Une demi-douzaine de personnes canalise les
brebis vers la passerelle d’accès à une remorque. L’ambiance est unique, alchimie entre la beauté
austère des lieux, la coordination silencieuse des éleveurs, les arabesques décrites par les brebis
tentant d’esquiver les manoeuvres, le vent et la neige fondue qui cinglent les visages… Nous
reprenons la route, transis. Nous envisageons soit de camper, soit de trouver une chambre. Mais
visiblement, la saison touristique est terminée : à Husafell, nous trouvons un camping fermé et des
chambres d’hôte sans accueil. En cherchant à nous renseigner, nous tombons par hasard sur un
artiste plus qu’original. Dans son petit atelier, il est en train d’interpréter admirablement un morceau
de musique classique sur un lithophone qu’il a réalisé
avec des pierres locales (liparite ?). Il n’est pas seulement
musicien, il dessine, grave et sculpte… Il réalise
notamment des gravures en miroir sur les faces internes de
pierres qu’il clive : original et beau à la fois. (Nous
trouverons son nom plus tard, en cherchant sur internet. Il
s’appelle Páll Guðmundsson).
.
L’atelier de l’artiste talentueux Páll Guðmundsson
Quelques kilomètres après Husafell, nous tombons finalement sur les cascades de Hraunfossar ! Et
elles valent le détour ! Il s’agit d’un énorme système de résurgences d’eau très claire qui émerge des
– 33-
rives de la rivière Hvítá. L’eau est captée par les champs de lave de l’Eiríksjökull qui reposent sur un
substrat étanche. L’eau s’écoule à l’interface des deux couches jusqu’à l’approche de la rivière qui a
creusé son lit à travers ces formations, ce qui permet à l’eau de surgir en cascade. N’arrivant pas à
trouver à nous loger dans les environs d’Husafell et comme la pluie redouble, nous décidons de
rejoindre l’auberge de jeunesse de Borgarnes.
La résurgence de Hraunfossar
Lundi 16 septembre
A l’auberge, nous consultons les prévisions météorologiques, et adaptons de nouveau nos projets : il
y aura du soleil dans le sud de l’Islande les prochains jours. C’est le moment d’aller visiter l’archipel
des Vestmannaeyjar. Nous prenons la route sous le soleil mais avec un vent tempétueux, en évitant
la N1 que nous avons déjà parcouru plusieurs fois. Ainsi, nous empruntons la route 48 en direction
du lac Þingvallavatn. Nous approchons d’une cascade imposante, et découvrons un spectacle
étonnant : l’eau est prise à rebrousse poil par le vent violent et il se forme un aérosol qui s’élève vers
l’amont de la rivière et se disperse sur des centaines de mètres. Sur les versants, de petites cascades
en altitude subissent le même sort, mais l’eau gèle en retombant et dessine de larges taches blanches
sous le vent. Arrêt express au centre d’interprétation du Þingvellir, express à cause du vent glacial
qui rendait tout déplacement à l’extérieur très désagréable. Dommage, car la vue sur le site est
réellement unique, tellement les effets
de la dérive des continents y sont
spectaculaires. Le soleil s’impose peu
à peu, mais le vent et le froid limitent
son effet bienveillant. Nous
contournons le lac par l’est et
rejoignons la zone volcanique du
Seyðishólar, aux couleurs irréelles.
Dans le cratère que nous visitons, les
matériaux sont exploités, comme en
témoignent des engins aujourd’hui au
repos. Après quelques courses à
Selfoss, nous rejoignons le port de
Landeyjahöfn où nous embarquons sur
– 34-
le ferry de 19 h 00 pour 35 minutes de traversée jusqu’à Heimaey, la seule ville de l’archipel. Le
vent est toujours violent, mais comme il est du nord, la mer écume mais n’est pas formée. Le ferry
croise au pied d’îlots cernés de falaises, et nous découvrons avec stupéfaction que chacun d’entre
eux accueille un troupeau de brebis et une maison. Leur accès restera pour nous un mystère. L’entrée
du port de Heimaey est étroit, encadré par des falaises et des coulées de laves récentes. Avec ce vent,
il n’y a aucune possibilité de camper et nous rejoignons sans hésiter l’auberge de jeunesse.
Ilot d’Elliðaey : son accès semble énigmatique. En arrière plan, l’Eyjafjallajökull.
Mardi 17 septembre
Ciel bleu, pas un nuage, mais un air glacial et une tempête mémorable ! L’air est chargé d’embruns
qui voilent le ciel. Après avoir visité le port de pêche (l’un des plus importants d’Islande pour le
tonnage des prises), nous parcourons un sentier côtier qui chemine dans le nord-est de l’île sur des
champs de lave récents. En 1973, le volcan Eldfell qui domine la ville est entré en éruption. La
population a dû être évacuée dans l’urgence, et une partie de la ville a été ensevelie par les coulées.
Cet événement est encore très présent dans les esprits et dans les paysages. Nous contournons le
volcan par le sud avant d’en entamer l’ascension par un bon sentier. Arrivé sur la lèvre du cratère, il
n’y a pas d’autre choix que de marcher à quatre pattes pour éviter d’être précipité sur le versant par
les rafales. Jeanet préfère faire demi-tour. A l’approche du sommet, le vent est furieux, je pense qu’il
atteint 120 à 150 km/heure : je ne m’attarde pas car le danger de s’envoler est réel. Retour à
l’auberge pour pique-niquer à l’abri. L’après-midi, excursion vers le nord-ouest de l’île. De ce côtéci,
la côte n’est pas accessible, car elle est constituée par le versant nord abrupt d’un énorme volcan
éventré vers le sud, et dont les parois du cratère sont quasi verticales. Le fond du cratère est occupé
par un petit étang et par des installations sportives. En poursuivant vers l’ouest, un chemin côtier
longe un golf et les vues sur les falaises sont remarquables. Au loin, des îlots émergent de-ci de-là,
dans une mer très agitée par la tempête qui sévit toujours. Nous rejoignons le centre ville en
traversant des lotissements dont la banalité contraste avec la nature intense qui règne à quelques
pas… Visite du port une fois la nuit tombée : nous adorons l’ambiance émanant des falaises éclairées
par les projecteurs et qui surplombent tous ces bateaux, petits ou grands, bien abrités comme des
oiseaux dans leur nid…
– 35-
La ville de Heimey vue du sommet de l’ Eldfell
Mercredi 18 septembre
Ce matin, le ciel est toujours bleu, et le vent s’est calmé : conditions idéales pour visiter le sud de
l’île. Nous passons entre les deux volcans les plus récents, l’Eldfell et le Helgafell, contournons la
piste d’atterrissage de l’aérodrome avant de rejoindre les falaises qui dominent la côte sud-est. Le
panorama sur les glaciers Myrdalsjökull et Eyjafjallajökull qui barrent l’horizon au nord est
saisissant.
– 36-
Nous contournons le phare de Stórhöfði par le sud et commençons notre retour vers la ville. De ce
lieu, la vue sur le sud de l’archipel est la meilleure, et nous distinguons parfaitement la célèbre île de
Surstey, la plus jeune île de la planète puisqu’elle est née d’une longue éruption sous-marine qui
débuta en 1963 et qui dura 4 ans.
Surstey
Cette île a été classée réserve naturelle dès
1965 puis au patrimoine mondial de
l’humanité en 2008. Elle est un véritable
laboratoire d’écologie in situ : les seules
personnes autorisées à y débarquer sont les
chercheurs. Ils sont chargés de suivre les
étapes de la colonisation par les différentes
formes de vie et d’étudier la génération
d’un écosystème sur cette terre dont le sol
était il y a 50 ans seulement à 100%
minéral. Les mousses, les lichens, les
plantes à fleurs sont rapidement apparus
sur l’île, grâce aux oiseaux qui l’ensemencent
accidentellement et au vent… Les premiers oiseaux (Guillemot à miroir et Fulmar boréal) y
nichent depuis 1970. Les biocénoses évoluent encore, en relation avec la constitution de sols de plus
en plus riches. Toutefois, l’érosion modèle très rapidement l’île, sa superficie est passée de 2,65 km²
en 1967 à 1,41 km² en 2008 !
Nous poursuivons le contournement de la presqu’île de Stórhöfði. Un observatoire ornithologique
dédié aux macareux est construit sur un versant abrupt. Il est pour le moment visité par des groupes
de touristes qui se succèdent : il s’agit d’un arrêt programmé pour les bus qui proposent des circuits
sur l’île. Comme à cette saison il n’y a aucun oiseau nicheur à observer, les visiteurs n’y restent que
quelques minutes. Dans l’observatoire, des panneaux d’information restituent les résultats des études
menées sur l’avifaune du secteur. Très
intéressants mais très techniques, donc
peu accessibles au touriste lambda !
Nous poursuivons la découverte de la
côte ouest, où nous remarquons des
formations volcaniques spectaculaires.
Lors d’une éruption, une couche de tuf
en formation, probablement immergée
à faible profondeur, a été constellée
d’impacts de bombes volcaniques. La
couche a ensuite durci, et les impacts
ont été fossilisés. Le tout a été
recouvert d’une couche de basalte, qui
aujourd’hui se démantèle sous les
assauts de la houle. La couche de tuf est dorénavant
visible par endroit. A proximité, nous observons un
faucon émerillon (Falco columbarius subaesalon) à
l’affût sur un piquet de clôture. Une petite partie des
reproducteurs de cette espèce est résidente dans le
sud ouest de l’Islande, les migrateurs rejoignant
pour la plupart l’Irlande et le nord ouest des îles
britanniques (BREUIL, 1989). La population
nicheuse en Islande (500 à 1000 couples en 2000)
serait en régression (GENSBØL, 2005). Nous
rejoignons la ville pour embarquer sur le ferry.
– 37-
Nous récupérons ensuite la voiture, et rejoignons à la tombée de la nuit l’auberge de jeunesse de
Fljótsdalur, située sur la route du réputé Þórsmörk. Le site est idéalement placé sur un versant
dominant l’immense chevelu du fleuve Markarfljót. Ce dernier se développe sur 4 à 5 km de large,
et le dernier jökulhlaup (crue glaciaire provoquée par une éruption sous-glaciaire) qui l’a parcouru
date du 14 avril 2010, provoqué par l’éruption de l’Eyjafjallajökull dont l’imposant versant nord se
dresse face à nous.
Jeudi 19 septembre
La période ensoleillée est manifestement terminée, et les nuages qui masquent les sommets distillent
une pluie fine. Mais il en faut plus pour nous décourager. Nous contournons la ferme qui jouxte
l’auberge et suivons une piste qui s’élève en lacet vers le nord. Le plafond remonte, la pluie cesse :
maintenant, nous contemplons le versant de l’Eyjafjallajökull parcouru par plusieurs glaciers qui
dévalent de sa calotte glaciaire. A l’est, nous devinons les reliefs de Þórsmörk et les langues
glaciaires qui s’écoulent de l’immense calotte du Myrdalsjökull. A l’ouest, le littoral se distingue
sous le plafond nuageux. Cet itinéraire mériterait une nouvelle visite par beau temps, les paysages
sont vraiment magnifiques.
Nous poursuivons l’ascension en direction du Tindfjallajoküll, et après un large replat nous
atteignons deux refuges, l’un ouvert et en mauvais état, l’autre fermé mais bien entretenu. Derrière
les refuges, l’itinéraire plonge un moment vers un cours d’eau puis se poursuit sur des pentes
couvertes de neige. Une demi-heure plus tard, à 800 m d’altitude, nous trouvons un magnifique
refuge rouge et tout neuf (une résidence secondaire
d’altitude), bien équipé, mais fermé. C’est bien
dommage, nous aurions préféré nous abriter pour le
pique-nique, car le froid est intense. Ce que nous ne
savions pas, c’est qu’en poursuivant pendant 15
minutes, nous aurions atteint un petit refuge ouvert
(pointé Isalp’s cabin sur Google maps). Après la
collation expresse sous les flocons et le vent qui se lève,
retour par le même itinéraire. Mais nous quittons la
piste avant la dernière grande descente pour nous
approcher des gorges que nous avions aperçues de loin
à l’aller. Et comme souvent en Islande, la surprise est de taille : ces gorges ignorées des
documentations touristiques sont magnifiques, avec leurs parois ocre entrecoupées de bandes de
végétation vert intense. Retour à l’auberge où nous profitons de la riche bibliothèque mise à la
disposition des hôtes.
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Gorges
Auberge de
jeunesse
Refuge rouge
2 refuges
– 39-
Le Markarfljót au pied de l’ Eyjafjallajökull Des gorges méconnues
Vendredi 20 septembre
La pluie nous incite à commencer à nous rapprocher dès aujourd’hui de Reykjavik, la fin des
vacances approchant. Nous jetons notre dévolu sur Laugarvatn, situé au nord de Selfoss, car son
auberge de jeunesse a bonne presse et nous ne connaissons pas cette localité. La pluie s’étant calmée,
nous engageons une promenade qui nous permet de découvrir cette agréable petite ville, où des
sources fumantes émergent à quelques mètres du lac. Puis nous suivons un parcours de santé qui
traverse une « vraie » forêt (c’est-à-dire avec des grands arbres). Nous constatons que la saison des
myrtilles est maintenant terminée. Au loin, nous distinguons le glacier de l’Hekla, ce volcan qui a
terrifié l’Islande à de nombreuses reprises (au moins 26 éruptions depuis la colonisation de l’île),
dont la dernière fois en 2000. Du moyen âge jusqu’en 1800, il était qualifié de « porte d’entrée de
l’enfer »…
Samedi 21 septembre
Bonne surprise au lever : le soleil brille. Nous projetons alors de faire une grande randonnée dans la
zone géothermale du massif du Hengill, situé au sud-est du Þingvallavatn. Nous empruntant la piste
365, mais quelques kilomètres après notre départ de Laugarvatn, nous bifurquons vers le nord, notre
curiosité ayant été titillée par un panneau indicateur indiquant Laugarvatnshellir… Nous arrivons au
pied d’un versant où est aménagé un petit parking flanqué d’un panneau d’information. Ce dernier
relate l’installation successive de jeunes couples d’éleveurs qui ont aménagé une grotte pour y vivre.
On a du mal à imaginer comment ils ont pu supporter durablement la rudesse des conditions qui
règnent ici. Nous
rejoignons la grotte
située à une
centaine de mètres.
À part de nombreux
graffitis gravés sur
les parois, il n’y a
rien de vraiment
spectaculaire. Mais
nous ne regrettons
pas le détour, car les
versants aux teintes
pastel nimbées de
brumes sont de
toute beauté… Nous
contournons le
Þingvallavatn par
l’est et nous
constatons que le
ciel se bouche. D’un parking dominant la centrale géothermique de Nesjavellir, nous nous préparons
– 40-
pour notre randonnée alors que le ciel devient de plus en plus menaçant. Et en effet, 10 minutes
après notre départ, nous rejoignons la voiture sous des trombes d’eau. Dommage, l’itinéraire
s’annonçait magnifique… Nous nous résignons à rejoindre Reykjavik, et nous en profitons pour faire
des emplettes pour notre retour en France : pelotes de laine, poisson séché, livres, etc. Visite du
musée maritime, qui permet de passer un agréable moment. Nuit à l’auberge de jeunesse City Hostel
située près de la piscine : c’est un peu l’usine tellement elle est grande, mais elle est bien pratique…
Dimanche 22 septembre
Le soleil est de retour pour notre dernier jour ! On file vers la péninsule du Reykjanes. A
Hafnarfjörður, nous tâtonnons pour retrouver la route 42. Il est vrai que d’une année sur l’autre,
nous avons du mal à reconnaître les lieux tellement les lotissements et zones commerciales poussent
comme des champignons dans la banlieue de Reykjavik ! Après avoir longé le Kleifarvatn, nous nous
garons sur le parking de la zone géothermale aménagée de Krýsuvík, que nous connaissons déjà.
Nous empruntons un sentier
qui démarre derrière les
sanitaires et qui serpente sur le
versant surplombant la zone
géothermale. Nous traversons
plusieurs chaînons parallèles de
direction sud-ouest – nord-est,
séparés par des champs de lave
et parfois par des étangs. Tout
ce secteur est situé sur le réseau
de fissures lié à la dorsale
médio-atlantique. Les manifestations
géothermiques et
volcaniques sont très présentes.
Les sentiers balisés traversent
des champs de lave brute ou
couvertes de mousse grise ou verte, contournant de petits cratères alignés dans l’axe des fissures. Les
paysages sont ici extrêmement originaux, et il est curieux que cette région facilement accessible
depuis Reykjavik ne soit pas plus connue. Mais chut, il ne faut pas trop l’ébruiter… Il nous faudra
interpréter l’itinéraire, nous
engager hors sentier et le retour à
travers le Selsvallahals sera encore
plus hasardeux. La précision de
notre carte (1/75 000 °) étant
insuffisante, nous ne trouvons pas
tous les sentiers escomptés. Une
question restera en suspens : ceux
indiqués sur notre carte existent-ils
vraiment tous ? Comme il nous
faut absolument rentrer, nous
suivons hors sentier des empreintes
d’un groupe de chevaux, laissées
vraisemblablement lors d’une
randonnée équestre conduite par un
guide, qui allaient dans la bonne direction : banco ! Escarpements, clôtures, laves acérées étaient
évités par les cavaliers et nous avons pu ainsi traverser la crête et retrouver la voiture sans difficulté.
Avec cette vingtaine de kilomètres à déambuler dans des paysages de rêve, nous aurons terminé
notre voyage en beauté ! Pour fêter la fin de voyage et dépenser nos dernières couronnes, nous
retrouvons avec plaisir le restaurant Kaffi Duus qui surplombe le port de Keflavik. Les plats de
poisson y sont généreux et délicieux. Nous rendons la voiture au loueur et rejoignons l’aéroport :
l’avion décolle à 1 h 00 du matin…
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Lundi 23 septembre
Retour en TGV à Perpignan, et le soir même arrivée à Nohèdes…
Bilan
Environ 3000 km parcourus, c’est-à-dire beaucoup plus que prévu. 250 à 300 km en randonnées et
promenades. Seulement 14 nuits sous la tente, mais compte tenu des intempéries qui se sont
acharnées sur l’île durant notre présence, ce n’est déjà pas mal. Malgré les kilomètres
supplémentaires pour fuir le mauvais temps et les nuitées en auberge, le bilan financier respecte la
fourchette des prévisions : environ 70 € par jour et par personne, location de voiture, voyages aller et
retour et extras compris.
La consultation fréquente de l’excellent site de prévisions météorologique islandais vedur.is nous a
permis d’esquiver une partie du très mauvais temps car il ne s’exerce pas d’une manière uniforme
sur l’île : mieux vaut ne pas se fixer un itinéraire prédéterminé.
La période de l’année choisie semble idéale pour bénéficier de l’optimum des couleurs automnales.
Plus tard en saison, le risque de précipitation neigeuse augmente beaucoup, et la végétation est vite
dégradée par le contact avec la neige. Les observations de faune ont concerné essentiellement les
mammifères, ainsi que quelques espèces sédentaires d’oiseaux et de migrateurs en partance. Mais si
l’objectif principal est l’observation ornithologique, cette époque de l’année n’est pas la plus
pertinent pour un voyage en Islande.
Bibliographie sommaire
BÁRÐARSON Hjálmar R, 1987. Oiseaux d’Islande. Hjálmar R. Bárðarson éditeur. Reykjavik. 336p.
BERGER Antoine, 2004. Crises volcano-tectoniques et divergence de plaques en Islande : mesure par GPS
et modélisation numérique, Université de Savoie, 258p.
BERGERUD A. T., GRATSON Michael W., 1988. Adaptive Strategies and Population Ecology of Northern
Grouse. Volume 1 : Population Studies. University Of Minnesota Press. 419p.
BREUIL M., 1989. Les oiseaux d’Islande. Faune d’Europe. Lechevalier – R. Chabaud éditeurs. Paris, 287p.
GUÐMUNDSSON Ari Trausti, 2011. Living Earth : Outline of the Geology of Iceland. Mál og Menning,
Reykjavik, 408p.
ÓLAFSSON Guðmundur Páll, 1998. The coast of Iceland. Mál og Menning, Reykjavik, 460p.
Plus de photographies sur ce voyage à cette adresse :
http://www.fenetresurlecoronat.eu/gallery/islande-2013/



