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Comptes-rendus de voyages

"Escapade en Scandinavie 2018" Danielle & René Peltier

En 2017 nous avions réalisé un périple en Scandinavie incluant l’Express Côtier Norvégien qui avait été tout à la fois notre plus longue et notre plus belle aventure nordique et photographique, je l’ai relatée sur ce forum
sous le titre Escapade en Scandinavie. Au retour nous avons été contactés par Louisette et Pierre-Roger Martin
qui revenaient d’un périple en camping-car de 5 mois en Scandinavie ! Leur récit sous forme d’un pdf de plus
de 600pages, illustré de photos d’une autre facture que les nôtres, servies par une narration détaillée et
humoristique nous a fait rêver en nous montrant que les rigueurs de la neige et du froid nordiques étaient
surmontables avec un peu d’organisation.

Nantis des localisations de leur récit nous décidons de repartir plus modestement pour 2 mois seulement, ce
qui nous permet entre autre d’éviter les neiges et les froids de printemps.
Pour préparer ce voyage j’ai en plus utilisé les infos d’Ornithomédia, très précises et la narration faite par
Christian Maliverney qui avait en très peu de temps, 3 semaines, fait une incursion remarquable et très
productive en Laponie. Nos souvenirs de notre premier séjour en 2009 nous ont bien sûr servi mais la relecture du récit que j’en avais fait à l’époque m’a laissé songeur devant la pauvreté de notre production
photographique, nous devrions quand même être capables de faire beaucoup mieux.

Nos attentes, j’ai failli écrire objectifs mais le terme bien qu’approprié me rappelle trop le management de
projet et un monde de rigueur professionnelle un peu décalé par rapport au coté un peu aventure que nous
voulons donner à notre périple, étaient multiples :
 rencontrer enfin et photographier, chouette épervière, jaseur boréal, pluvier guignard, élan ...
 photographier les chevaliers combattants en parade.
 entendre et pourquoi pas voir l’insaisissable robin à flanc roux qu’aucune des sources consultées n’avait vu ,
 photographier dans de meilleurs conditions les plongeons, hareldes, buses pattues,
 photographier le grèbe esclavon,
 Danielle avait une attente particulière pour les pygargues dans leur milieu en l’absence d’appâtage et pour
les pics.
 personnellement je voulais rencontrer l’oie naine car c’est une espèce devenue extrêmement rare.
 pourquoi pas le faucon gerfaut ?
 ...
C’est donc la tête pleine de rêves et d’espoirs que nous partons de Toulouse avec notre fourgon habituel.
La carte ci-dessous situe nos principales étapes. Pour plus de clarté, je publierai la carte du Varanger quand
mon récit y arrivera. Les routes empruntées ne méritent pas d’être mentionnées, simplement la première
étape est dans les Vosges pour une raison familiale puis nous prenons la voie la plus rapide jusqu’au sud de la
Suède par le Danemark et les ponts de Storebaelt et de Malmö (notre longueur inférieure à 6m nous autorisant le tarif voiture parfaitement acceptable).

C’est maintenant que ça commence !

SUEDE :

Krankesjön et la réserve de Klingavälsån :

Le lac de Krankesjön n’est pas très animé, quelques hivernants un peu trop loin.
A la réserve de Klingavälsån à quelques km à coté, la saison est déjà bien avancée et les oies sont parties,
seules les bernaches nonnettes très tardives sont encore là par milliers :

L’envol en groupe de ces milliers d’oiseaux est toujours spectaculaire.

Les chevaliers combattants sont partis également, nous nous contenterons d’un courlis cendré :

Ca démarre donc très très doucement.

Hornborga 1 (le 11 mai)

En route pour Hornborga.
Là aussi la saison est passée, il n’y a plus que quelques grues isolées : les hivernants sont partis, le spectacle est surtout dans les nicheurs :

Bruant des roseaux

Hirondelle rustique

Grèbes huppés

Canards chipeau : Madame, Monsieur......

..de mon temps, on saluait de la main droite !

Les mouettes rieuses font le spectacle.....

Ce matin leur manège nous semble curieux, elles décollent toutes en piaillant, tournent puis finissent par se
reposer puis c’est plus loin un autre groupe qui se livre au même manège, ce manège semble suivre le bord du lac...........

.......au même moment de gros ploufs sous l’observatoire se déplacent vers notre droite et finissent par nous
révéler leur auteur :

Renseignements pris, il s’agit d’un castor....Pourquoi les mouettes se mettent elles dans cet état ? Mystère !

Cet hybride de fuligule a déjà été rencontré, quelqu’un a t-il une idée sur la généalogie de ce specimen ?

La saison est déjà bien avancée....les petits sont nés

En revenant de l’observatoire, cette grive litorne attire mon attention car elle se pose sur une branche proche....

La raison n’est pas loin (le nid), sur un départ de branches à une vingtaine de mètres du sentier.

Lac Täkern 1 ( le 13 mai)

Ce lac nous avait offert, il y a deux ans, le spectacle d’un couple de Panures à moustaches très coopératives.
Nous y revenons dans l’espoir découvrir enfin le Butor étoilé, très présent sur ce site, sans trop y croire quand même car on nous avait dit qu’il était très difficile à voir ......plutôt trèsz tôt le matin ou très tard le soir, en vol au dessus de la roselière.
Nous sommes sur la roselière depuis le lever du jour, il est déjà sept heures........nous avons perdu tout espoir
quiand Danielle s’écrit "Là, c’est lui ! c’est lui !"

Oui, c’est bien lui ! Il est passé tranquillement devant nous ! autorisant à le prendre dans toutes les positions d’ailes....le lac Tâkern a tenu ses promesses !

Rördrom
CD1 Lommar - Rostand/Fåglarnas Sång Och Läten

Plaisir exceptionnel de l’écoute du chant du Butor étoilé, dans la tiédeur de la nuit, sous les étoiles !...

Beaucoup se passe dans les airs

Busard des roseaux , chasseur chassant.....

Le chasseur chassé.....

Etude du battement d’ailes.

Lac Täkern 2

Il y a aussi du spectacle au sol :

Bruant des roseaux

Je ne sais toujours pas ce qu’est cette tache noire sur la poitrine de ce pouillot....ce n’est pas une ombre, la même tache est sur d’autres postures.

L’immanquable et bruyante Rousserolle effarvatte.

Lac Tärken 3

Regardons de nouveau en l’air : Les Pierregarins sont en plein émoi !

La prise de bec a perdu son sens figuré.....

Lac Täkern 4

Il faut bien se nourrir et les sternes Pierregarin pêchent avec assiduité tout près du bord.

Evidemment, elle est baguée, personnellement ça ne me gène pas suffisamment pour avoir recors à Photoshop !

Slagarda ou "La prairie de la chouette"

Nous repassons à la prairie de la chouette lapone tout en ayant conscience qu’il est illusoire d’espérer refaire les images de l’an dernier.

Pas de chouette ce soir là.

La chouette a t-elle été changée en crapaud ? Voila un bien mauvais conte de fée !

Quand même, le deuxième soir la chouette se présente.

Pas mal les griffes !

La chouette déguste son campagnol.
Ce n’est pas la moisson de l’an dernier mais en d’autres temps nous aurions trouvé cela exceptionnel..et nous apprécions.
Le lendemain matin, on ne l’attendait pas celui la, il vient brouter tranquillement à l’autre bout de la clairière.

Les images ne sont pas extraordinaires...mais bon, il était sur notre liste de courses !

Hudiksval

Hudiksval est une étape où je souhaitais m’arrêter car la lecture de comptes-rendus de voyages m’avait appris que c’était un lieu de stationnement des oies naines ....Effectivement, Hudiksval connait les oies !

Elles sont censées être près du lac en centre ville ; nous faisons le tour du lac, il n’y a guère que quelques dizaines d’oies cendrées.Nous rencontrons :

Un gobe-mouche nain

Un pic épeiche

Pas une seule oie naine ; il faut dire qu’il est un peu tard par rapport aux dates de présence qui nous ont été communiquées.
Nous partons vers la presqu’île de Hornstandet où nous prévoyons de passer la nuit à Kuggören.

La présence de la pierre dans la cagette me fait supposer qu’elle est bien utilisée à dessin.
Le matin, lever de bonne heure pour prendre une route forestière pour Hölick ; au détour d’un virage apparait une femelle de Grand tétras dans une tache de lumière.

Elle s’envole, soulevant un nuage de poussière.....hélas raté pour la photo !

Nous continuons le long du golfe de Botnie et nous arrêtons à Gammlstaden à une dizaine de kms de Lulea.
Je ne saurais trop recommander cette intéressante petite bourgade inscrite au patrimoine de l’UNESCO.
Le village a été bâti autour de l’église du XVème siècle pour loger les Samis ( lapons) venus assister aux fêtes religieuses et qui, en raison de l’éloignement,, des difficultés de déplacement ne pouvaient faire le trajet le jour même.

L’église en pierre est richement décorée, les 424 maisons tout autour sont en parfait état et un intéressant musée en plein air évoque le mode de vie de l’époque. J’aurais volontiers posté quelques photos mais mon récit est suffisamment long.Nous quittons la Suède et passons en Finlande le 19 mai après deux semaines de route sous un soleil constant et une température estivale.

FINLANDE

Baie de Liminka

En Finlande, nous passons d’abord quelques jours dans la Baie de Liminka ( le 21 mai).

Curieusement, à part ce hibou des marais un peu lointain, la moisson photo sera quasi inexistante ; il est curieux de constater que ce spot très réputé pour les oiseaux d’eau se soit encore , comme en 2009,refusé à nous. Mauvais moment ? Mauvaise méthode ? Nous avions pourtant une documentation précise.

Martinselkonen

Nous arrivons finalement le 22 mai à Martinselkonen site célèbre pour sa location d’observatoires à ours. J’ai longtemps hésité à publier ces images, j’expliquerai pourquoi après. A cinq heures du soir, nous partons en fourgon puis à pied rejoindre les quatre petites cabanes dans la prairie ; les ours n’ont pas tardé à arriver.

Martinselkonen 2

Et même à s’approcher très près :

Martinselkonen 3

Quelques scènes sont intéressantes :
Baloo

La plus cocasse : la palette pour se gratter le dos, ou alors c’est un ours fakir !

J’ai enfin la réponse à une question existentielle que je me posais depuis longtemps : les petits humains s’endorment avec un ours dans les bras, mais avec quoi les petits ours s’endorment - ils ?
Réponse : avec un arbre dans les pattes.

Eh oui, les ours ça monte aux arbres !

Ouh, la,la, c’est haut, j’ai peur !

Le ring est trop loin !

Crochet au foie !

Direct du droit !
Le combat cessera avant le KO.

J’ai hésité à publier ces images pour les raisons suivantes :

* Les affuts payants avec appâtage m’ont toujours laissé un arrière gout désagréable, les photos faites dans ces conditions sont d’une facilité déconcertante, il suffit de payer et de mitrailler, nous avons payé et mitraillé.

* j’ai vu pas mal de sites internet ou de forums où les auteurs publient ce genre de photos en omettant plus ou moins totalement ces conditions de prise de vue, parlant pudiquement d’affut sans plus.Ma fille a ramené de Colombie britannique et Yukam des photos superbes d’ours en toute liberté, sans appâtage, la comparaison manque totalement de fair play.

* surtout les conditions d’appâtage m’ont laissé perplexe : des croquettes à chien dont les ours raffolent. Ceci dit, si ces photos me laissent un peu mal à l’aise , je dois dire que nous nous sommes régalés cette nuit là et je pense que cela valait le coup de vous en faire profiter moyennant les précautions ci-dessus.

iivaara

iivara est l’un des spots de reproduction du Robin à flancs roux.C’est une colline un peu isolée à quelques kilomètres de la frontière russe. Un itinéraire balisé en boucle permet d’explorer le secteur. La forêt n’est pas exploitée.

On part sur le sentier, un chant au sommet d’un épicéa attire notre attention.

La bataille a fait rage longtemps dans la chaumière Peltier : bec croisé des sapins ou perroquet ? Jai fini par me laisser convaincre pour le perroquet, surtout à cause de la forme de la nuque.
Ornithomédia indique qu’en suivant ce sentier le début de la descente sur le versant Est est un lieu de nidification du robin ; il y a là une halte pour les raids à moto neige avec abri, tas de bois et toilettes sèches.
C’est un peu plus bas que nous nous arrêtons assis plus ou moins cachés espérant entendre cette arlésienne des passereaux, le Robin à flancs roux.

Soudain un oiseau vient se poser juste au dessus de nos têtes avec un joli chant fluté :

Sidensvans
Coffret Ornitho/Fåglarnas sång och läten Disc 7

C’est un jaseur boréal

Qui c’est ceux là ?
Nous l’avions déjà vu au bord de la route quelques jours auparavant mais beaucoup plus loin avec une lumière moins favorable. Cette observation nous a ravis mais nous sommes là pour autre chose.......... le verra t-on enfin cet insaisissable robin ?

iivaara 2

Peu de temps après, nos oreilles se dressent en même temps, ce petit chant fluté leger "tilou-tu-lou-tou-tout"
C’est bien lui ! Danielle s’écrie :"Là-bas sur l’épicéa !"(pas très caractéristique, il n’y a que des épicéa , ici )
Bingo ! c’est bien lui ! Il est un peu loin , le bougre...une tentative d’approche permettrait juste un peu mieux, mais le ferait hélas partir.

Robin à flancs roux
Coffret Ornitho/Fåglarnas sång och läten Disc 7

Peu après, sur un épicéa, juste à coté...

Rebingo ! c’est la chouette épervière tant attendue.

Peu après encore, précédé de son petit chant, c’est lui qui s’est approché de nous.Encore un peu loin , mais nous ne boudons pas notre plaisir.
Le biotope du robin, il fait son nid au pied d’un arbre.
Nous voyons beaucoup de monde dans le coin dont une équipe d’une quinzaine de cocheurs anglais, je ne suis pas sûr que ce soit là la tranquillité à laquelle doit aspirer notre robin.

Chevalier sylvain
Iivaara restera comme une étape particulièrement réussie du voyage.

Près de Kuusamo, nous apercevons un couple de macreuses

Valtavaara (le 28 mai)
C’est un autre site du robin, il y a 9 ans nous y étions déjà passés et y avions attendu en vain le moindre indice du robin, en revanche à peine installés pour le piquenique un petit groupe de mésangeais imitateurs étaient venus réclamer leur part du casse-croûte. Nous nous arrêtons au même endroit pour entamer la boîte de pâté mais la boîte terminée aucune plume de mésangeai n’est encore apparue. Nous continuons le chemin espérant faire d’autres rencontres, nous n’avons pas le courage de faire le circuit complet et revenons sur nos pas. Qui a eu alors cette idée (apparemment) idiote de refaire un nouveau casse-croûte ? Toujours est-il qu’au bout d’un quart d’heure un couple de mésangeais vient rôder autour de nous. Nous avons des graines, des morceaux de pain que nous leur jetons (mais au fait c’est aussi de l’appatage ça non ? Euh.... ben oui.)

Cet oiseau est quand même facile à mettre en boîte mais il nous reste une frustration, nous n’avons pas pu le
prendre en vol, ils ne préviennent pas avant l’envol pas et les vols sont très courts. Ca devrait quand même
être faisable, il faudra revenir.

Kilopää (le 29 mai)

Kilopää est un sommet isolé dans le parc d’Urrho Kekkonen, il est réputé pour la présence du pluvier guignard
et du lagopède alpin, c’est ce dernier qui nous attend sur le cairn du sommet.

En revanche pas la plume d’un guignard, il est encore trop tôt en saison, à revoir au retour.

Neiljan Tuulen Tupa

Cette auberge au bord de la route E8 est mondialement connue, tous les guides ornithos la mentionnent.
Depuis de nombreuses années les propriétaires ont eu l’heureuse idée de mettre des mangeoires en hiver
pour les passereaux du grand Nord qui en ont bien besoin car tout est enneigé, finalement les mangeoires
restent approvisionnées jusqu’en été. C’est maintenant une étape obligée pour tous les ornithos qui peuvent y
passer la nuit ou simplement y prendre un repas ou un verre. L’émincé de renne et la soupe de renne sont
fameux !
Coté face :

Coté pile, on aperçoit quelques mangeoires :

Nous avons le bonheur de voir et de photographier le Durbec des sapins, par chance il n’est pas sur une
mangeoire. Normalement cet oiseau niche plutôt en Sibérie et il ne devrait plus être là, mais attirés ici par les
graines en hiver plusieurs couples ont choisi de s’installer à proximité pour s’éviter le trajet de la migration.
Monsieur Durbec :

Madame Durbec

Sizerin flammé ?

Un regret, nous n’avons pas pu voir de mésange boréale, c’était pourtant le lieu idéal elles sont très difficiles à
voir dans la nature.
Après un mois de route avec un temps extraordinaire, sans une goutte de pluie alors que la France tremble
sous les orages, nous arrivons au Varanger.

Il est d’usage dans ce type de récit d’illustrer l’entrée au Varanger par l’église de Nesseby, même si nous avons
déjà fait 25 km depuis Tana bru :

Une première déception, le parking de l’église est maintenant interdit aux camping-cars. Nous découvrirons
qu’il en est de même de tous les parkings un peu touristiques. Finalement nous le comprenons, les CC sont
devenus encombrants et envahissants, là où il y a 9 ans nous n’avions rencontré que quelques fourgons, cette
année nous rencontrerons une grande quantité d’énormes intégraux. Ce n’est pas si grave pour nous, il y a dans le Varanger suffisamment de place pour se garer et passer la nuit et en contrepartie plusieurs stations de
vidange-remplissage ont été installées.

Ekkeroy

Notre premier spot est la falaise d’Ekkeroy le 1er juin. La concentration de mouettes tridactyles y est toujours
aussi impressionnante :

Petite balade sur le plateau d’Ekkeroy

Labbe parasite

Il se met à pleuvoir, les gouttes ne semblent pas émouvoir le labbe
On revient sur Vadso -Un pygargue adulte se fait déloger par un jeune

Dans l’arène 1 (le 3 juin) :

Cette arène de combattants variès est bien connue dans tout le monde ornitho, l’Oiseau Magazine en parle
sans trop précisément la situer, Dave Gosney la mentionne et on y vient du monde entier. Nous y arrivons
après plus d’une heure pour franchir les 7km de route défoncée depuis la nationale (avec à l’esprit, une route
semblable, pleine d’ornières près de Cacerès en Estrémadure où, il y a 4 ans, nous avions plié une pièce
support de frein arrière qui nous avait valu un bruit lancinant jusqu’à ce que, enfin, le nouveau chef d’atelier
de notre garage Renault l’identifie et le répare juste avant notre départ ! )
Le soir depuis le parking on peut voir passer les combattants dont la tenue a changé depuis leur hivernage sur
nos côtes :

Un panneau nous demande de prendre place dans les tentes affûts sur le chemin et d’approcher lentement
dans l’affût pour ne pas stresser les combattants.
Le soir un affût est déjà en place mais il n’y a pas d’oiseaux sur le lek (terme anglais couramment employé).
Nous décidons d’aller dormir et de surveiller régulièrement la scène.
Vers 1h du matin il y a de l’activité sur la place et 3 nouveaux affûts sont installés. Debout donc, j’enfile
quelques épaisseurs supplémentaires, il ne fait vraiment pas chaud, un café chaud en vitesse et je sors et
monte la tente affût qui n’a pas servi depuis longtemps.La tente est mal commode pour deux, je passe le premier.

Dans l"arène 2

Trimballant ma maison sur le dos je m’approche en bordure du lek à un endroit où était la tente d’hier soir
maintenant disparue, endroit délaissé par les autres mais plus accessible pour moi. J’essaie tant bien que mal d’arrimer la tente de l’intérieur, un petit vent commençant à se lever. Je suis à peine assis sur mon pliant qu’un sizerin ( blanchâtre ?) vient me rendre visite quelques instants :

La place n’est pas si mauvaise car bientôt j’ai plusieurs oiseaux en tenue de combat à portée d’objectif :

Pas grand chose à voir avec les combattants variés que l’on rencontre l’hiver. Les oiseaux paradent mais sont plutôt calmes.
Quelquefois, les combattants s’aplatissent....

J’ai bientôt l’explication : une femelle vient faire son choix.

Les deux mâles ont apparemment une stratégie différente !

Un autre passage.....

Pfff ! Y en a pas vraiment un qui me plaise !!

Les oiseaux paradent devant la femelle mais je n’ai pas , à ce moment, assisté vraiment à des combats !

Dans l’arène 3

La place proche du lac permet de changer de sujet en regardant sur le coté :
Un cygne chanteur coté face :

coté pile :

Un regard de l’autre coté me rappelle que je ne suis pas seul sur le coup :

En revenant au parking l’ambiance est différente, plus sonore,
Une gorge bleue à miroir roux :

Pendant ce temps Danielle en affût dans le fourgon voit s’approcher sur le lac :
Un plongeon catmarin

Nota : toutes les photos des trois épisodes dans l’arène ont été prises entre 1h et 5 h du matin !
Le soleil jouant à cache-cache avec les nuages nous a donné des colorations très différentes des images, nous
ne retouchons jamais la balance des blancs, la couleur est comme cela, on la garde !
Il a quelquefois fallu user de sensibilités jusqu’à 6400 ISO.

Dans l’arène 4

Danielle prend ma place, il est 7 heures et l’activité a sérieusement diminué :

Vue d’ensemble du champ de bataille

Deux façons de quitter l’arène :

De retour au parking, la gorge-bleue est encore là et s’approche du photographe :

Bruant lapon, Monsieur.

Madame.
Nous quittons les combattants pour continuer notre périple vers Vardø,
Au bord de cette route infernale :

Hornøya 1 (le 4 juin)

Hornøya est une petite île à quelques encâblures de Vardø qui abrite une belle colonie d’oiseaux marins,- 80
000 selon le site hornøya.com- : macareux, guillemots de troïl et de Brünnich, pingouins tordas, mouettes
tridactyles, goélands, cormorans. Les plus nombreux sont les guillemots de Troïl

Beaucoup sont en parade

Ici non plus la prise de bec n’a pas son sens figuré !

L’accueil n’est pas toujours aussi amical :

Hornoya 2

En face, Vardø :

Les pingouins tordas ne sont pas très farouches :

Les cormorans non plus :

j’vous ai apporté des bonbons...

Hornoya (3)

Les macareux sortent de leur terrier :

Un petit brin de toilette :

Le corbeau et la tridac’ :
Au dessus de la colonie niche un couple de grands corbeaux et la tentation pour eux est grande d’y faire leur
marché, ce qui n’est évidemment pas du goût des habitantes :

Le corbeau quittera les lieux bredouille sous les huées de la foule :

En regardant vers la mer nous découvrons des bécasseaux violets :

Hornøya 5

En vrac :
Parade de tridactyles :

Plus calme.

Pas content !

La visite fut vraiment passionnante, je n’ai qu’un regret, le vent était de face et les photos en vol quasi
impossibles, il faudra revenir.

Ovre Pasvik

Ovre Pasvik est un parc national norvégien logé au bout d’un étroit couloir le long de la rivière Pasvik entre la
Finlande et la Russie, ce parc est réputé pour sa faune de la taïga nordique, ours, gloutons, loups, élans et son
avifaune.
Sur la route vers Kirkenes une buse pattue se laisse gentiment photographier :

Une autre buse pattue :

Nous sommes surpris de la quantité de buses pattues que nous avons pu voir. Nous arrivons dans la vallée du Pasvik, la route est infernale, très bosselée, nous mettons plus de 2 heures pour faire les 80 km jusqu’au parc.
Petite balade, des mouettes pygmées chassent sur l’étang :

Au parking un panneau nous invite à aller voir la tanière de l’ours :

L’ourse Aasebinna qui a creusé sa tanière ici n’était pas particulièrement farouche, les oursons ont été
découverts durant un exercice militaire, souvent vus et photographiés ils sont devenus familiers.
Le panneau explique ensuite que de tels individus habitués à l’homme par exemple lorsqu’ils ont été nourris
peuvent devenir problématiques et doivent souvent être éliminés. Hum ! Que dire des ours de
Martinselkonen !!!

Enfin, nous ne l’avions pas vue à Neiljan Tuulen Tuppa mais la voici ici la mésange boréale.

Sur la route près de Nyrud, le bout de la route de Pasvik :

Encore une buse pattue :

Quelle journée ! (1)

Après deux journées dans le parc d’Ovre Pasvik, nous revenons à Vadsø. L’île de Vadsoya reliée au Varanger par un pont se révèle digne de sa réputation en passereaux. Ce matin lever à 4 h.
La corneille mantelée surveille et donne l’alarme dès que l’on approche.

Un couple de verdiers

L’étang de Dammen est célèbre pour ses phalaropes, pourtant au cours de trois passages précédents nous n’avons pas fait mieux que quelques observations de loin. Ce matin nous avons pris les filets de camouflage pour nous installer sous les buissons, les phalaropes vont passer très près et nous offrir quelques spectacles.

toi j’t’aurai !

j’tai eue !

Elles sont passées très près.

Quelle journée ! (2)

Toilette de phalarope

Toutes les plumes y sont passées

Quelle journée ! (3)

Alors que je marchais tranquillement sur le chemin deux bergeronnettes printanières sont venues me faire une
sérénade alternativement :

Il devait s’agir d’un couple en train de s’installer, apparemment le mâle est de la sous-espèce nordique
thunbergi, il chantait toujours du haut des buissons, la femelle elle chantait presque toujours de l’intérieur du
buisson. Curieusement le couple me précédait sur le bord au fur et à mesure que j’avançais sur le chemin, le
manège a bien duré une centaine de mètres.

Quelle journée ! (4)

Nous partons pour Ekkeroy.Sur la plage avant le village ce goéland a trouvé un lieu mécanique pour faire son nid.

Un peu plus loin dans le port, il est difficile à voir ce bécasseau violet car très mimétique :

Nous remarquons de nombreux photographes qui prennent le sentier pour monter sur le plateau, peu
enthousiasmés par la falaise à tridactyles nous décidons de prendre le même chemin. Nous prenons la petite boucle quand nous apercevons plusieurs photographes manifestement en phase d’approche prudente, puis entendons parler français, nous demandons si nous pouvons nous joindre à eux, l’un deux qui se trouve être le guide nous dit " Il y a un guignard peu farouche "

Nous continuons la discussion avec le guide, qui nous dit que le guignard est exceptionnel sur ce plateau,
ça doit être juste un passage, l’alouette haussecol donnée par tous les guides n’y a pas été vue depuis
longtemps malgré de nombreux passages, nous parlons d’Islande et apprenons finalement qu’il s’agissait de Alain Balthazard que, honte sur moi, je n’avais pas reconnu.
Poursuivant notre chemin nous rencontrons encore un labbe parasite :

Nous retournons au parking de Vadsøya pour y passer la nuit, un couple pluvier doré cherche sa pitance :

Décidément quelle journée !

Vadsøya -suite

Le lendemain matin retour sur l’île de Vadsøya

Cette fois il semble bien être blanchâtre ce sizerin. Malgré plusieurs passages sur l’île le pipit à gorge rousse ne m’avait laissé que ce souvenir...éclair.

Danielle qui l’avait "domestiqué" m’amène là où il se trouve :

L’oiseau, plus actif que les jours précédents, s’envole devant nous en chantant à tue-tête puis va se poser :
dans un buisson ou plutôt par terre où il cherche sa nourriture :

Il est lui aussi assez mimétique

Retour à l’arène 1

Nous repartons à l’arène des combattants, la route est toujours aussi mauvaise. Près d’un buisson de saules Danielle s’écrie : " Arrête-toi, un lagopède des saules ! "

Pas content !

Nous arrivons à l’arène. Il n’y a plus de combattants, seul un des mâles déjà vu il y a une semaine la parcourt mélancoliquement, sans doute un des mâles qui n’a pas séduit de femelles.
Les plongeons et hareldes qui nichent ici sont toujours sur le lac :

Retour à l’arène 2

Nous décidons donc de dormir pendant la nuit et de nous lever assez tôt nous effectuer le parcours de
découverte tracé sur le plateau. Nous rencontrons un labbe à longue queue :

Pas très farouche.

Puis un couple de labbes parasites.

Nous revenons au parking près de l’arène. La gorge bleue est toujours là chantant à gorge (bleue) déployée :

et repartons pour Vardø

Hornøya le retour. (1)

Les prévisions sont bonnes, ce matin le vent est de sud-est. Je retourne seul sur Hornøya. J’ai fait une petite erreur d’appréciation, l’orientation de la falaise la met à l’ombre jusque vers 11h, ça n’était pas la peine de partir à 9h.
Le vent et le soleil dans le dos, l’idéal pour les photos en vol, la principale difficulté vient du nombre
considérable d’oiseaux en vol en même temps et on ne sait plus ou donner de l’objectif. J’essaie d’attraper les oiseaux en approche et à l’atterrissage c’est là qu’ils ont les postures les plus photogéniques toutes plumes dehors.
L’autre difficulté est de régler l’exposition pour des oiseaux noir et blanc sous un soleil intense, j’opte pour
une légère sous-exposition pour éviter de cramer les blancs. Premier aperçu les oiseaux sont de face :

ou de coté :

Comme on a pu le voir sur les photos de parade, le guillemot est assez élégant, en vol ou même au sol :

Horreur ! il est bagué, ça ne me gêne toujours pas.

Hornøya le retour. (2)

Les guillemots nous ont paru plutôt élégants, pourtant quand ils passent tout près dans une posture visant
à augmenter la portance à basse vitesse, l’élégance en prend un coup.

Là c’est carrément le déménageur volant !

Cette posture est souvent adoptée pour l’approche :

Hornøya le retour. (3)

Voici justement une approche de guillemot :

Une autre :

Ou encore ici :

Hornoya le retour (4) (14 juin)

Il n’y a pas que les guillemots intéressants à l’arrivée il y a aussi les macareux :
Arrivée n°1

Autre descente de macareux :
Arrivée n°2

Hornøya le retour (5)

Les macareux m’offrent aussi le spectacle d’une descente façon parachute :

Autres postures en vol :

Le cormoran n’est pas mon oiseau préféré mais il faut bien dire qu’en approche il peut faire des images
surprenantes :

La moisson n’est pas mauvaise et je me suis fait particulièrement plaisir. Il faut dire que ces photos en vol
sont plutôt faciles à faire, si la condition soleil et vent derrière vous est remplie, ces oiseaux ont un vol
certes rapide mais pas trop et surtout prévisible, l’autofocus du 7Dmk2 accroche à tous les coups sur
fond de ciel et continue à suivre dans la rafale.

Sur la route d’Hamningberg (15 juin)

Hamningberg est un petit village du bout du monde abandonné depuis plusieurs dizaines d’années. Il y a
neuf ans il devait y avoir une ou deux maisons habitées en résidences secondaires. Cette année le village
est occupé, l’église a été démolie et déplacée, il y a même un parking pour camping-cars. La route qui y mène est particulièrement pittoresque en particulier avec ces bancs de schistes déchiquetés.
Tout au long un certain nombre de curiosités sont à regarder :

Cette oeuvre en fait est difficilement visible de la route, il faut le savoir pour la chercher, elle est ici
photographiée depuis l’île de Vardø. Les norvégiens sont les champions de la décoration devant leur maison dès que la neige a fondu :

On y rencontre aussi des pygargues :

Hamningberg (16 juin)

Hamningberg par sa position au nord-est du Varanger est un des derniers sites fréquentés par les hivernants,
les canards nord-américains en particulier, en cherchant bien nous y découvrirons un eider à tête grise
juvénile. Il y a neuf ans nous y avions vu un plongeon à bec blanc.
Danielle qui a toujours l’oeil puis l’objectif en alerte a pu saisir cette scène de vie animale : la technique de
chasse du labbe parasite :

Elle en avait dans le gosier, la mouette !

Il manque malheureusement l’image du labbe attrapant la proie.

Hayholmen ou le bécasseau de Temminck (1) (17 juin)

Il y a neuf ans nous avions découvert ce site par hasard et y avions photographié le bécasseau de Temminck, nous y sommes repassés à plusieurs reprises et le bécasseau ne nous a pas déçus.Faute de bagarre de combattants, celles des bécasseaux sont les bienvenues.

Evidemment il y a toujours une herbe qui traîne.

Evidemment il y a toujours une herbe qui traîne.

Hayholmen ou le bécasseau de Temminck (2)

Mais surtout le bécasseau manifestement souhaitait nous éloigner de sa zone en volant sur place près de nous
en chantant à tue-tête......

35g contre 3,5t, la lutte est trop inégale !

Enfin !
Nous cherchons désespérément la chouette épervière sur la route du plateau à l’endroit précisé par Christian Maliverney, sans résultat. Nous sommes désespérés, tout le monde voit des chouettes épervières et pas nous.

Enfin Danielle l’aperçoit sur un poteau à quelques dizaines de mètres de la route. Arrêt immédiat, je me
gare à l’arrache. Elle plonge dans notre direction puis redécolle, coup de chance j’avais visé l’endroit où elle avait plongé :

Bonne pioche :

Mon autofocus qui n’en fait qu’à sa tête a décidé de faire la mise au point sur le cadre ! Tant pis.

Apparemment la chouette a entre temps pris le campagnol dans ses pattes. Elle va se poser de l’autre coté de la route où l’attendait Danielle :Ouf l’honneur est sauf !

Vers Berlevag

Encore un pygargue, encore un immature, les adultes sont sur les nids.

A Berlevag nous ratons un étourneau roselin, l’info nous sera donnée par un observateur hollandais le
lendemain dans des circonstances dont nous reparlerons.

Retour de Berlevag, enfin nous désespérions de le rencontrer celui-là. Juste au bord de la route.

Ne vous y méprenez pas, ce n’est pas une attitude hostile, il se lèche les babines, c’était drôlement bon
ce que nous lui avions donné !

Son regard implorant semble dire " Encore un peu, s’il vous plait "- Dire que cet animal est encore exécré dans certains milieux !

Les oiseaux des neiges ou l’inespérée !
De retour de Berlevag nous faisons un arrêt à Gednje, carrefour des routes de Berlevag et de Båtsfjord, le catmarin ne supporte pas qu’on le photographie et décolle.

Nous prenons la route de Båtsfjord à la recherche d’un site mentionné par les Martin où nous ne voyons
rien puis, histoire de na pas quitter le plateau du Varanger comme cela, nous continuons, l’oeil aux aguets. De l’autre coté de la route 2deux véhicules sont stationnés dont un combi Volkswagen, généralement c’est le signe d’une rareté dans le coin mais nous ne voyons rien. Nous continuons une bonne dizaine de km et résignés nous faisons demi-tour. Le combi est toujours là et bien sûr je m’arrête derrière et descend aux nouvelles, le Hollandais sort l’oeil de sa lunette et me lance "a snowy owl".

Waaououhhh !!! Pas possible, un harfang des neiges il était inespéré celui là. En cherchant bien à la lunette nous le découvrons dans un pierrier. Il est un peu loin (je calcule 700m d’après les photos).
J’hésite un moment puis décide de m’approcher, il faut chausser les bottes. je progresse lentement dans
l’eau et les cailloux puis je recherche la chouette dans le viseur et j’aperçois un autre oiseau des neiges,
le bruant :

Je m’approche encore un peu puis arrête ma progression pour ne pas le faire s’envoler : Je vois qu’à partir d’ici ma progression serait en vue du harfang, je décide donc de m’arrêter, c’est donc la photo la plus proche que nous pourrons ramener (environ 500m) :

C’est loin mais quand même quelle observation !

Le Retour :

Le 18 juin, avec un peu de tristesse mais encore sous le charme du harfang, nous quittons le Varanger avec une possibilité de rendez-vous pour un affût à balbuzard en Finlande. Le temps qui avait été extraordinaire pendant un mois puis acceptable dans le Varanger commence à se gâter et c’est même un orage qui nous empêche de refaire des photos à Neiljan Tuulen Tupa. Le rendez-vous balbuzard est annulé. Nous traversons la Finlande sous la pluie, nous aurons juste l’occasion de faire la balade à l’église de Pielpajärvi près d’Inari. Je recommande fortement cette balade, l’église en bois au milieu de la forêt est magnifique.

Nous faisons un passage au pays du père Noël, petits enfants oblige. Ceci dit, c’est un lieu où l’on peut faire un vaste détour pour l’éviter, le contraste de ce temple de la consommation après le calme et la nature du Varanger est plutôt déprimant. Arrivés en Suède le temps se remet au beau. Nous repassons à Hornstandet près d’Hudiksval, on ne sait jamais, des fois qu’un grand tétra soit encore là. Evidemment il n’y a pas la queue d’un tétra. Nous verrons quand même ce pic épeiche :

Convaincus que les oies naines ne sont pas encore là, on nous avait dit en juillet, nous prévoyons de reprendre directement la route du sud mais une erreur d’itinéraire nous ramène près du lac aux oies, nous nous y arrêtons. D’entrée nous sommes surpris par le nombre d’oies, plusieurs centaines quand elles n’étaient que quelques dizaines à l’aller. Je décide de faire un bout du chemin à pied. Je passe devant un groupe d’une vingtaine d’oies que j’identifie d’abord comme des oies rieuses, je regarde de plus près, sans m’attarder pour ne pas les faire s’éloigner, pour identifier s’il n’y en a pas une plus petite que les autres qui pourrait être "ma" naine et je prends quelques photos.

De retour au fourgon je montre mes photos à Danielle qui me dit " Bravo, ce sont des oies naines, il faut y retourner ". Effectivement elles ont le tour de l’oeil jaune, le ventre très peu barré. Bingo, ce sont elles.

Nous repartons quand un c... avec son chien passe au milieu du troupeau fait décoller toutes les oies qui
poussent un cri que je n’avais encore jamais entendu et vont se poser sur le lac.
Furieux de voir un tel comportement imbécile... et d’être privé du spectacle de ces oies, j’ai eng... le gars
tel qu’il y a bien longtemps que je n’avais pas eng... quelqu’un, en français bien sûr. Il n’a évidemment rien
compris, la prochaine fois je le ferai en anglais ça sera plus pédagogique !
Il reste quand même quelques photos :

Elle avait des bagues ...la même sans bague :

Sur le lac :

Elles sont mignonnes, hein ! Ouf, je les ai eues "mes" oies naines
Ceci dit le comportement de ces oies nous a un peu surpris, leur nombre, leur présence fin juin et leur
familiarité relative alors qu’elles sont réputées très farouches et j’ai cherché un peu plus loin. L’oie naine qui niche au nord de la Scandinavie et en Russie et hiverne dans les Balkans est en fort déclin à cause de :
 la diminution des zones favorables à leur nidification,
 la prédation du renard roux sur ces zones, (le petit mignon de Berlevag n’est pas aussi innocent que
cela !)
 le fort prélèvement de chasse lors de leur migration et de leur hivernage.

Depuis plusieurs années les pays nordiques ont pris des mesures mais pas les mêmes partout. La Norvège et la Finlande misent sur l’information des populations. La Suède est plus radicale, elle a incité les oies naines à migrer vers l’Europe de l’ouest en les imprégnant de bernaches nonnettes qui avaient déjà cette pratique et en faisant des lâchers d’oiseaux d’origine russe élevés en captivité.
La guerre fait rage entre les partisans de ces deux techniques, les uns accusant les autres d’introduire des perturbations génétiques dans l’espèce scandinave, les autres accusant les uns de ne pas avoir de résultat ! Quoiqu’il en soit les oiseaux que nous avons vus sont des oiseaux suédois, les oiseaux bagués sont des oiseaux élevés en captivité et relâchés.

Le Retour (suite) par Kvismaren .......puis par Hornborga :

Une phragmite des joncs très coopérative.

Hirondelle de fenêtre.

Nourrissage rustique

Nous rentrons donc maintenant au plus vite toujours en passant par les Vosges où nous voyons une superbe expo photo au Tholy sur le thème du "toit du monde" avec des photos de Vincent Munier, Mathieu Ricard et deux autres photographes. Évidemment, il vaut mieux éviter l’exercice de la comparaison.
Quelques petites précisions, afin de simplifier le récit et d’éviter de le rendre encore plus indigeste, j’ai pris
quelques libertés avec la suite des événements :
 dans certains cas nous sommes revenus plusieurs fois au même endroit à des moments différents et j’ai tout
regroupé dans une seule description,
 nous avons fait beaucoup plus d’arrêts que je n’en ai décrits, et quelques photos, quatre ou cinq, prises lors de ces arrêts ont été publiées dans des haltes décrites par ailleurs tout en conservant la vraisemblance de la
rencontre.
Ceci dit, ce périple a incontestablement été notre expédition la plus réussie,
 certes on peut mentionner quelques regrets, le grèbe esclavon et l’alouette haussecol invisibles, les pics
quasiment invisibles aussi, les plongeons et surtout les hareldes trop souvent un peu lointains, et ma foi
pas grand chose d’autre. Nous avons presque tout vu et si nous n’avons pas vu le gerfaut nous avons vu le harfang, le graal des ornithos, encore plus improbable.

Nous commençons à comprendre un peu mieux comment appréhender ces pays. D’abord prendre son temps, revenir au même endroit si possible à des moments différents de la journée. Ne pas hésiter à sortir la nuit, par exemple les parades des combattants semblent avoir lieu de minuit à six heures du matin. Bref laisser le pays venir à nous. Ne pas désespérer, la chance peut quelquefois jouer de bons tours. Nous sommes encore loin des Martin en durée d’expédition et en qualité de la documentation photo produite mais nous envisageons maintenant un périple de trois mois peut-être dans les mêmes régions mais en changeant un peu d’itinéraire.

Peut-être à l’an prochain ? Certains vont peut-être demander avec quel matériel ? Nous sommes tous les deux équipés de la même manière : Canon 7D mk2 et zoom Canon 100-400 f4,5-5,6 L IS 2 USM.
C’est bien connu chacun a le meilleur matériel du monde, quoi qu’il en soit cette association est un peu le
couteau suisse de la vadrouille animalière, l’ensemble est encore léger, facile à transporter en balade - nous n’utilisons jamais de pied-, l’autofocus est rapide et c’est un régal pour les oiseaux en vol, le résultat est correct, dans de bonnes conditions on peut faire des photos à 100% tout à fait acceptables. La mise au point jusqu’à 1m permet de faire de la proxi.

Je vais quand même jeter un petit coup d’oeil sur l’envers du décor ;
 14 000km parcourus à 8l/100 chauffage compris
 une bouteille de gaz de 6kg pour la cuisine et l’eau chaude
 si j’en crois les données constructeur (qui sont, on le sait en la matière, très sous-estimées) ça représente
environ 3t de CO2 !
Nous nous sommes posés beaucoup de questions, repartir ou non ? Maintenant à un mois et demi d’un
possible départ la balance penche du coté d’une nouvelle expédition hélas pas très écologique.
J’espère ne pas vous avoir lassés avec cette longue narration.
FIN