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Comptes-rendus de voyages

"Chronique d’Ecosse" par André Boussard

Mise en page : Vivien de Walque
Bruxelles

Table des matières

Documentation pratique générale
Hébergement .
Documentation pratique ornithologique
La "ROYAL SOCIETY for PROTECTION of BIRDS" SCOTLAND (RSPB)
CALENDRIER DES OISEAUX D’ECOSSE
BIRDINGPAL SCOTLAND
SCOTTISH HOTSPOTS .
SCOTTISH NATURAL HERITAGE.
SCOTTISH WILDLIFE TRUST .
BIRDING SCOTLAND .
Documentation pratique culturelle
HISTORIC SCOTLAND

Où les voir en Ecosse ? .
Fous de Bassan .
Birdwatching sites in the Highlands
Introduction
Sur le forum "OiseauxEthologie", cette chronique a été publiées en 2012 en 40 articles avec textes, photos et sons, nourris par les six semaines de découvertes en Ecosse continentale + Orcades, Skye et Mull réalisées du 6 juillet au 20 août.

Cette période était en fin de "Breeding season" avec nourrissage des jeunes, envols....nous sommes revenus deux mois pour les chants, la mise en place des couples et les nids.( avec Orkney +Shetlands et les iles de l’Ouest)

Macareux moine
Sur les principaux "Points d’Observation" documentés au fil des semaines, vous seront proposés TROIS ITINERAIRES : Période la plus intéressante : du 15 avril au 15 juin.
1- Un de quinze jours
2- Un de trois semaines, pour profiter des meilleurs spots et musarder dans de bons coins.
3- Un de huit jours, pour ceux qui ne disposent pas de plus.
Ce dernier itinéraire s’impose en avion jusqu’à Newcastle-on-Tyne (Northemberland) + location de voiture.
Pour les deux autres, à cette même formule je crois préférable de prendre votre propre voiture : budget plus léger - moindre fatigue si voiture plus confortable - distances peu importantes- et de toute façon, conduite à gauche facile et comportement sympa des Ecossais sur les routes.

Fou de Bassan ‐ 4ème année ‐ plongeant

Carte du lieu de prise de vue
Dans les chroniques vous trouverez éléments de budget, renseignements pratiques divers (adresses de camping et B&B sympas, tarifs ...) références bibliographiques, cartes, livres et fiches sur les meilleurs

"Points d’Obs" émanant de la "Royal Society for Birds Protection", "Scottish Nature Heritage" and Scottish Wildlife Trust".....commentaires sur les conditions d’observation, de prise de vue photo selon l’heure de la journée (sur les itinéraires que nous avons pratiqués), horaires et prix des ferries........etc....etc...Je répondrai volontiers à des questions perso, bien entendu.

Documentation pratique générale
 Office de tourisme de Grande-Bretagne Paris Site web : www.visitbritain.com/fr
 Site officiel touristique :Scottish Tourist Board - Site web : www.visitscotland.com/fr
 Site officiel des Iles Shetland : www.visitshetland.org
 Site officiel des iles Orkney
(Orcades) www.visitorkney.com et www.walkorkney.com
 Compagnie Low cost Ryanair -Paris-Beauvais pour Glasgow : www.ryanair.com Une
simulation faite ce jour pour mai - juin 2013 indique un coût AR par personne de 112 euros. -
 Pour les iles Shetland, British Airways via Londres et Aberdeen www.britishairways.fr
 Le vol Paris-Newcastle on Tyne (localité recommandée proche des sensationnelles Farn
Islands qui sera le premier spot de nos itinéraires ) est facturé par KLM 102 euros AR par
personne (simulation 2013) -Trois vols par jour tous les jours d’avril à juin.-
 Eurotunnel - Tarif très avantageux en réservant à l’avance et en choisissant les heures les
moins chères et .... en les respectant
 Nous avions réglé 138 euros pour un aller-retour (un véhicule et 2 personnes - trajet 45
minutes) - Le fait d’avoir avancé notre date de retour de deux jours nous a été débité 148 euros de supplément !!.
 La voie maritime est possible de Calais à Douvres par "P&O" - 126 euros AR pour une voiture et deux personnes.Voir www.poferries.fr pour effectuer les réservations.
 Pour se rendre sur les Iles Orcades (Orkney) la solution la plus économique et la plus rapide
est la liaison Gilles Bay - St Margarets Hope (une heure de traversée pour 169€ en 2012-
Voiture + deux personnes). Réservation recommandée 2/3 mois à l’avance, sur le site d’
Orkney Gateway Ferries www.aferry.to - Ecrire à bookings@aferry.to .
 Pour les ferries qui permettent d’aller sur Skye, Mull, il n’est pas nécessaire de réserver, non
plus que pour se rendre sur les Farne Islands, Handa (va et vient continuel)).
 Les cartes recommandées sont celles de "Ordnance Survey" - A la FNAC ou par internet
(Amazon par exemple)
 Road 1 -Northern Scotland -(1:250.000 - 1 cm = 2,5 km Orkney & Shetland
(1:400.000 - 1 cm = 4,0 km )
 Road 2 -Western Scotland & the Western Isles (1:250.000 - 1 cm = 2,5 km )
 Road 3 - Southern Scotland (1:250.000 - 1 cm = 2,5 km )

Deux GUIDES indispensables et complémentaires "Le Routard" et "le Michelin vert" (Edité mars 2012 - 13,49 - Amazon) (Edité février 2012 - 20,14 - Amazon)

Hébergement

 Trois formules d’HÉBERGEMENT adaptées pour les ornithos
a) le Camping
Nombreux terrains notés sur les cartes OS ci-dessus - Réservation non nécessaire à condition de choisir hors de Glasgow et Edinburgh . Vous pouvez vous fier aux choix du "Guide du Routard" fait sérieusement.
Nous sommes restés cinq jours au camping super proche de Stirling (environnement de montagnes) et le matin nous prenions le bus devant le camping + le train vers Edimbourg - C’est la meilleure façon de visiter la capitale de l’Ecosse - Je vous y recommande le "Royal Museum of Scotland", ....
Il s’agit de "WITCHES CRAIG" www.witchescraig.co.uk .(cinq étoiles perso)
Le "pitch"= emplacement est à 20£ (Voiture + tente, ou caravane ou camping-car +deux personnes) sauf juillet-août à 22£ - Dans les campings plus standard prévoir environ 15 £.

b) les AJ
Bonne couverture du pays par ces établissements toujours excellents et souvent situés dans de magnifiques cadres . ompter de l’ordre de 15 £.par personne - De plus en plus de possibilités de disposer de chambres à deux ou quatre...autrefois uniquement des dortoirs ;
www.syha.org.uk et http://www.french.hostelworld.com
Guide des AJ d’Ecosse à télécharger : http://www.hihostels.com/guide/HI-Guide-des-Aubergesde-Jeunesse-Ecosse.pdf
Avant le départ, adhérez à la Fédération Unie des Auberges de Jeunesse (FUAJ) http://www.fuaj.org/ pour bénéficier du meilleur tarif et d’une assurance.( carte annuelle internationnale individuelle 11€)

c) les B&B (Bed and Breakfast)-
Très nombreux - Prix mini 35 £ pour deux personnes - Quand le B&B est affiché "en suite" traduisez que vous disposez d’une petite cuisine et d’une salle d’eau perso - Comptez 45 £ soit environ 67 € -
Souvent WC et salle d’eau peuvent être communes. Avant d’accepter un B&B, demandez à voir les lieux.

Documentation pratique ornithologique

Pour déterminer "Quand partir ?" - "Pour voir quels oiseaux ?" - "Où et comment accéder aux "Points d’obs" ? -la référence est le livre de Mike Madders et Julia Welstead : "WHERE TO WATCH BIRDS in SCOTLAND ?" - Editions Helm (Amazon-nov.2002-environ 46€)

Vous y trouverez une description de l’habitat, les espèces espérées, la liste des oiseaux visibles selon la saison, l’accès et les points d’obs repérés sur des cartes..........
Le classement est fait par zones administratives : Borders, Central, Dumfries & Galloway, Fife, Grampian, Highland, Lothian, Strathclyde,Tayside,West Isles, Orkney and Shetland, chacune des zones étant repérée telles B1..F6.H28.

La "ROYAL SOCIETY for PROTECTION of BIRDS" SCOTLAND (RSPB) C’est l’autorité-oiseaux incontournable en Ecosse, forte de ses 75.000 membres sur les plus de un million que compte le Royaume Uni.
Au fil des dossiers, nous découvrirons ses programmes tels :
http://www.rspb.org.uk/scotland/ - http://www.rspb.org.uk/reserves/ -
http://www.rspb.org.uk/wildlife/birdidentifier/ -

Elle publie beaucoup de dépliants fort bien faits que l’on trouve ici et là dans les offices de tourisme (donc une visite conseillée quand vous arrivez dans une localité).
Avant de partir, vous pouvez écrire aux différents centres pour recevoir plusieurs de leurs publications gratuites. Deux sont payantes :

 "The TOP 52 birdwatching sites in the Highlands" £ 4,5 - Les 68 pages seront présentées en PJ avec nos dossiers.
 - " Islands of Birds" de Eric Meek -Responsable RSPB des Orcades (Orkney) £ 5 -
Les 46 pages seront en PJ avec nos dossiers.

Les addresses sont : RSPB Scotland - Headquarters à Edinburgh rspb.scotland@rspb.org.uk
RSPB Scotland - North Regional Office nsro@rspb.org.uk
RSPB Scotland - East Regional Office esro@rspb.org.uk
RSPB Scotland - South & West Regional Office glasgow@rspb.org.uk

CALENDRIER DES OISEAUX D’ECOSSE

1 - de Décembre à Mars :
L’Ecosse revêt un beau manteau blanc, de givre, de glace et de neige. Les oiseaux hivernants
s’entassent par milliers dans les baies et les vasières. Les oies, les bernaches, les cygnes sont aisément observables dans les prés et les lochs. Les cerfs se laissent facilement approcher. Le soleil est ingrat, avec seulement quelques heures dans la journée.

2 - Avril et Mai :
C’est la saison des parades amoureuses et de la préparation du nid. Dans les forêts, fin avril-début mai, les Grands tétras et les Tétras-lyres se livrent à leurs danses nuptiales. C’est aussi la période de chant pour les Lagopèdes alpins et d’Ecosse.
Le Plongeon catmarin lance également ses vocalises troublantes. Les mois d’avril et de mai correspondent à la période de chassé-croisé entre les espèces migratrices qui remontent vers le nord, et le retour des espèces nicheuses, à l’instar des oiseaux de mer qui regagnent leurs lieux de reproduction. Le Balbuzard, revenu d’Afrique, consolide son imposant nid.

3 - Juin et Juillet
C’est la période la plus propice pour l’observation de nombreuses espèces. La durée du jour est très longue ; il est possible d’observer jusqu’à 23h.-L’activité de nidification des oiseaux atteint son apogée, au moment du nourrissage des jeunes. C’est la meilleure période pour espérer voir des cétacés le long des côtes, ou au cours de traversées. Les cerfs portent des bois en velours. Les phoques veaux-marins mettent bas sur des grèves et des plages. Les saumons atlantiques remontent les cours d’eau. Juin est le temps de la floraison, tardive en raison de la latitude ;.

4 - Août à Novembre
En août, la plupart des oiseaux de mer ont déserté les falaises. Le Balbuzard entame sa migration vers l’Afrique. Pendant tout le mois d’octobre, les phoques gris mettent bas dans des criques perdues au nord de l’Ecosse et le brame du cerf retentit dans toutes les vallées des Highlands (le rut se manifeste en pleine journée).
Les espèces nicheuses quittent progressivement le pays pour laisser place à l’arrivée échelonnée des migrateurs. Cette fois, canards, échassiers, cygnes et bernaches se dirigent vers le sud de l’Europe et occupent le ciel de leurs vols en formation. Leurs cris annoncent les prochaines vagues de froid, en avant-garde de l’hiver.

BIRDINGPAL SCOTLAND

Un "Birdingpal" est un "copain ornitho" qui bénévolement va vous renseigner, souvent vous
accompagner, sur des "spots" qu’il connait pour vous faire découvrir l’avifaune de sa zone. C’est un réseau qui couvre pratiquement tous les pays du monde. Pour y accéder :
www.birdingpal.org
SCOTTISH HOTSPOTS
http://www.camacdonald.com/birding/ukscotland.htm

SCOTTISH NATURAL HERITAGE
www.snh.org.uk
pubs@snh.gov.uk

SCOTTISH WILDLIFE TRUST
www.swt.org.uk
enquiries@swt.org.uk

BIRDING SCOTLAND
http://www.the-soc.org.uk/where2watch.htm

Documentation pratique culturelle
Le passé de l’Ecosse offre des centres d’intérêt exceptionnels à découvrir grâce au guide vert Michelin dont vous apprécierez la concision vers l’essentiel (villages néolithiques, civilisations des Pictes et des Vikings, châteaux, églises et abbayes.....musées d’Edinburgh et de Glasgow etc.)
Deux organismes se partagent ce patrimoine :
HISTORIC SCOTLAND -
http://www.historic-scotland.gov.uk/

Laissez-passer à prix particulier pour 3, 7, 10 jours ou à l’année (Friends)


 

The NATIONAL TRUST FOR SCOTLAND - www.nts.org.uk
"Membership invitation" annuelle à prix spécial - Les deux organismes proposent à peu près le même nombre de centres d’intérêt.

Régions
Très souvent, vous rencontrerez les noms des 12 régions et 56 districts utilisés dans brochures, guides (ornithos), cartes,.....Leur connaissance vous aidera au cours de votre voyage. Cliquer sur le nom qui vous intéresse.
Régions
Scotland was subdivided into regions as follows :
1. Strathclyde - 2. Dumfries and Galloway - 3. Borders - 4. Lothian - 5. Central - 6. Fife - 7. Tayside - 8.Grampian - 9. Highland - 10. Western Isles - Not shown : Shetland Orkney

En route vers l’Ecosse

Réserve Ornitho des FARNE ISLANDS (Northemberland ‐Angleterre)

Sur la route vers l’Ecosse, près de Newcastle -on-Tyne.
Les "Farne Islands" sont pour beaucoup d’entre nous la première étape majeure vers l’Ecosse.
Farne Island

www.farne-islands.com en prévoyant de partir à 10 am pour voir Inner Farn et Staple Island (6
heures environ + transport 25 £ + pour le "National Trust" 10£ par personne + parking au port 4£)-
Inutile de réserver mais prévoir d’être dans les premiers, c’est un va et vient de plusieurs dizaines de débarquants.

Une trentaine d’espèces nicheuses ont été dénombrées avec une majorité de Macareux moines (Puffins),
Guillemots, Mouettes tridactyles (Kittiwakes).Sternes arctiques, caugek, pierre-garins.
Il est possible d’approcher de très près les différents oiseaux qui ne sont pas farouches et de faire de superbes obs de comportement. Début juillet nous étions dans la phase "nourrissage actif" de toutes les espèces.

En juillet, le Cormoran huppé a perdu sur le front la petite touffe de plumes de 4 à 5 cms, plus ou moins dressée, dont il est doté pendant trois mois environ.

Cormoran : Nourrissage d’un juvénile
On le reconnaît, par différence avec le Grand cormoran, à sa taille plus faible -celle d’un Canard
colvert - à sa tête moins massive, plus ronde, et à son plumage noir uni, sans trace de blanc Plongeur expert, il reste en moyenne, 3 à 4 minutes sous l’eau jusqu’à 61 mètres de profondeur.

Cormoran : Adulte et deux juvéniles

Cormoran : Portrait d’un adulte

Les Cormorans huppés ont, comme les Fous et les Pélicans, une palmure à quatre et non à trois doigts, dont est doté la plupart des autres palmipèdes.
Les deux parents prennent en charge incubation et nourrissage des jeunes qui sont volants au bout de sept semaines.

Cormoran : Portrait d’un juvénile

Le Macareux moine (Fratercula arctica) est une espèce très sociable qui niche en grandes colonies dans les zones où il peut creuser son terrier. Il s’établit donc généralement au sommet des falaises ou à leur base si celles-ci sont constituées d’éboulis rocheux colonisés par la végétation.

Le jeune,unique, est nourri par les deux parents qui vont chercher en mer lançons (Ammodytes
lancea), frai de hareng (Clupea harrengus), et Capelan (Mallotus villosus) et les transportent dans leur bec.

La population actuelle en Europe occidentale est d’environ six millions de couples dont trois millions pour l’Islande, 500.000 pour les Iles britanniques, deux millions pour la Norvège. En France, on a dénombré environ 255 couples en Bretagne, ces dernières années.

Rassemblement de Macareux moine

Les Mouettes tridactyles ne s’installent pas pour nicher sur les pentes douces et les terrasses herbeuses des îlots où se pressent les Goélands.Elles privilégient les falaises abruptes près des Guillemots,contre les parois verticales plongeant dans les flots, face à la mer.

Elles installent leurs nids sur les moindres aspérités du roc,aidées par leurs griffes très développées.
Les couples nichent très près les uns des autres par centaines ou milliers. Un vacarme assourdissant règne dans ces colonies, amplifié par l’écho des falaises. On trouve jusqu’à 12 nids pour 10 m².

Mouettes tridactyles

La population européenne s’élève à 1.800.000 couples dont un tiers en Grande Bretagne et un autre tiers en Islande. En France, en Bretagne, le nombre des oiseaux et des colonies est en augmentation.
On peut les voir sur Belle-Île, la presqu’ile de Crozon, au cap Sizun, au cap Fréhel, à Ouessant et aux Sept-Îles soit un total de 3 à 4000 couples.

BIBLIOGRAPHIE
Les Palmipèdes d’Europe" Paul Giroudet - Michel Cuisin
Ed. Delachaux & Niestlé

Guillemots de Troïl (Uria aalge) et Pingouin torda (Alca torda) se retrouvent dans les mêmes falaises pour y placer leur oeuf. Alors que le premier couve son oeuf le dos tourné à la mer, dans la position verticale, le second est allongé dessus en position horizontale. Le Pingouin torda s’établit aussi à la base des falaises dans les éboulis tout comme le Guillemot à miroir comme le Guillemot à miroir
(Cypphus grylle).

Guillemots de Troïl
Les deux parents Guillemots de Troïl assurent la couvaison qui dure un mois ; ils se relaient toutes les 16-24 heures. Le changement de couvreur est délicat, un pourcentage non négligeable d’oeufs est perdu au cours de cette opération où l’oeuf est transféré de l’extrémité des pattes d’un parent sur celle de l’autre parent.

Le jeune est nourri pendant environ trois semaines, il atteint alors le tiers du poids des adultes. Il va être poussé à la mer, dans le vide, par les parents qui vont continuer à le nourrir pendant un mois ; le mâle lui apprend les lieux de nourrissage et les techniques de pêche.

CONDITIONS DE PRISES DE VUE

Les photos des dossiers de la "Chronique ornitho d’Ecosse" ont été prises dans les conditions
suivantes :
 Boitier Nikon D80 reflex équipé du 300m/m AF-S Nikkor 1:4D -ED doté d’un
teléconverteur TC-14EII(= un 651mm en 24x36)
 Boitier Nikon D70S reflex équipé du 80-200 AF Nikkor 1:2,8 -ED (= 124mm-310mm en
24x36)
Pour les panoramas, sur l’un ou l’autre boitier AF-S Nikkor 18-70mm1:3,5—4,5 G ED -DX.
En secours, je dispose d’un second 300 mm Nikon avec x2 Kenko pour le D70S (= 930mm en
24x36)
Les photos d’oiseaux ont été faites sur trépied surtout si les sujets étaient à plus de 15/20 mètres et le plus souvent pour les prises d’oiseaux en vol. La sensibilité affichée a varié de 400 ISO à 640 ISO,
exceptionnellement 800 ISO - Prise de vue en mode S, vitesses de 1/1000ème à 1/1600ème -
Ouvertures f 5,6 -f 8- f 11
Correction d’exposition à moins 0,3 le plus souvent, moins 0,7 - moins 1 pour des sujets très blancs afin d’éviter le cramé. Vérifications fréquentes de l’histogramme sur le boitier pour souhaiter obtenir des photos équilibrées.(Merci Clément de Vendée)

La seconde ile -de quelques hectares- sur laquelle nous débarquons est une pelouse, zone sablonneuse plate parsemée d’une végétation abondante basse non arbustive.
Sur les espaces libres, des milliers de Sternes (arctiques, caugek et pierregarin) ont nidifié il y a
quelques semaines ; maintenant, les jeunes sont volants mais sont toujours nourris par les adultes qui font un va-et-vient incessant, du lever au coucher du soleil, vers la mer tout autour, revenant avec un poisson unique dans le bec. Il s’agit d’ammodytes, de petits harengs et d’épinoches.

Sterne arctique

Nous avançons avec peine car, même sur les chemins tracés,de très nombreux juvéniles sont
posés,sages, silencieux ; ils vont s’animer brusquemment lorsque l’un des parents apparait, une proie dans le bec.L’adulte rest suspendu en sur place, gracieux,magnifique dans la lumière....Il manque les odeurs et le son à cette description....

Sterne pierregarin (Sterna hirundo)

Autour de nous, le vacarme est total fait des cris aigus, rauques, des piaillements emis par ces oiseaux -les adultes- sans cesse en mouvement. Un photographe qui s’avance un peu trop près est rappelé à l’ordre par le bec acéré d’une Sterne arctique (Sterna paradisea) qui plonge et frappe....une autre, en picquée, lâche avec adresse une fiente chaude et gluante....

Quelle ambiance fantastique ! !

Les phoques
A l’exception du PHOQUE BARBU (Erignathus barbatus) et du Phoque marbré (Phoca hispida)
concentrés dans les eaux peu profondes des régions circumpolaires arctiques et subarctiques (au nord, à l’ouest de la Norvège de la Finlande et de la Suède) vous aurez souvent l’occasion de rencontrer en Ecosse, échouées sur rochers, grèves, bancs de sable des côtes, les deux espèces de phoques qui y résident en permanence :

 le PHOQUE VEAU-MARIN ou Phoque commun (Phoca itulina)
 le PHOQUE GRIS (Halichoerus grypus)
dont les zones de répartition ci-dessous, montrent qu’ils sont totalement inféodés aux côtes de Grande Bretagne et pour nous de rares sur les côtes de la Manche (phoque gris) ou sur l’ensemble de nos côtes ouest (phoque veau-marin).

Phoque gris* Phoque veau‐marin*
LE PHOQUE VEAU‐MARIN
Ce sont des mammifères, pinnipèdes aux membres terminés par des palettes natatoires. Les jeunes naissaient avec un manteau immaculé qui constituait un camouflage important dans la mesure où ils passaient leur enfance sur des glaces flottantes. Ceux qui naissent en Ecosse seraient des populations qui n’ont pas suivi le retrait des glaciers qui s’est amorcé à partir de moins 10.000 ans. La dernière glaciation de Würms avait commencé vers moins 80.000 ans avec un maxi à moins 20.000 ans. Très repérables avec ce pelage blanc, les phoques ont su évoluer dans ce nouvel environnement : le jeune phoque gris voit son pelage s’assombrir pendant les quatre premiers mois et le pelage blanc du phoque veau-marin mue plus ou moins complètement avant sa naissance.
On le trouve partout très près des côtes, aussi est-il appelé harbour seal = phoque des ports. Les mâles mesurent jusqu’à 1,9 m. et pèsent 70 à 150 kgs, les femelles atteignent 1,7 m. et de 60 à 110 kgs. La période de reproduction se situe entre février et octobre. L’accouplement a lieu le plus souvent dans l’eau. En Europe, les jeunes naissent entre avril et juillet, les mises bas ayant lieu, le plus souvent, sur des bancs de sable à marée basse.On estime la population actuelle à 300.000 - 400.000 individus sur la zone de répartition.

Phoque veau‐marin
LE PHOQUE GRIS
Les mâles atteignent une longueur de 2,30 m.et un poids de 170 à 310 kgs, les femelles 2 m. et 105 à 186 kgs. La période de reproduction dure de fin septembre à début mars. Les femelles mettent bas sur la terre ferme ou la glace (mer Baltique). Les effectifs sont estimés à 120.000- 135.000 individus.

Phoque gris
BIBLIOGRAPHIE
"Mammifères marins du Monde"* de Rüdiger Wandrey - Ed. Delachaux & Niestlé

Où les voir en Ecosse ?
Un peu partout, bien entendu, dans les baies, estuaires, iles proches des côtes .....avec un peu de chance. Quelques spots, cependant :

1 - Farne Islands : Il vous sera facile de voir phoques veaux-marins et phoques gris, lors de la
sortie de journée, le bateau s’approche suffisamment près et vous allez en être ravis, mais sur les autres spots, à pied, le n° 5 par exemple, vous pourrez venir encore plus près à quelques mètres si vous savez être patient et emprunter aux Sioux leur maitrise de la progression silencieuse et sans gesticulation.

2 - Le Kyle of Tongue : (à prévoir à marée basse) Au village de Tongue (Nord de
l’Ecosse), la route A838 traverse le Kyle, coupé par une longue digue et un pont. Les phoques (veauxmarins et gris) se reposent sur les bancs de sable à marée basse et ce toute l’année. La route, juste après le pont, en direction de Melness, possède de très bons points de vue sur ces zones sablonneuses.

3 - Baie de Plockton : Se trouve à une dizaine de kilomètres du pont de l’ile de Skye (ville de
Kyle of Lochalsh). Traverser Plockton et vous garer devant l’embarcadère. Un marin sympa (Calum) peut vous faire découvrir la colonie en une heure avec son petit bateau (5£/ pers.). Les phoques ne sont pas craintifs. Pas de réservation possible ; téléphonez la veille pour connaitre heure de départ et conditions météo ("Leisure Marine" 01599-544-306 ou prévisions météo sur le site http://www.plockton.com/activities/leisure_marine.shtml). Il est possible de louer de petits bateaux à "Leisure Marine" à 200 m. de l’embarcadère.

4 - Ile de Mull : Depuis Salen prendre la route B8035 en direction de Gruline puis Knock puis
Derryguaig ; cette route longe le Loch Na-Keal, de nombreux phoques visibles plus ou moins proches selon l’heure de la journée.

5 - Baie de Machrihanish : La route A 83 de Clachan à Campbeltown, dans le Kantyle, qui
longe la mer est particulièrement intéressante avec de nombreuses possibilités d’arrêts et d’accès à de nombreuses colonies de phoques (la plupart des photos de ces articles y ont été réalisées) A 6 kms à l’ouest de Campbeltown par la B 843, près d’un observatoire ornithologique, zone très fréquentée par des phoques à moins de 20 mètres.

Phoques gris

Phoque veau‐marin

Une pluie fine, persistante nous accompagne depuis le matin. Nous sommes sur la A83, à l’ouest du Kintyle (près de l’endroit du spot n°5 où nous avons signalé une colonie de phoques . De là, hier, par très beau temps, nous avons vu les côtes de l’Irlande du Nord et nous longeons
la mer dont la rive est à moins de dix mètres. Nous roulons lentement, scrutant l’espace d’une
visibilité très limitée....il y a dix minutes nous avons vu s’envoler une vingtaine de Bernaches du Canada.

L’onde est d’huile ; il n’y a pas le moindre souffle de vent....quand, tout à coup, notre attention est attirée par un bouillonnement de l’eau, des cercles partent d’un point situé à une vingtaine de mètres de la rive, puis l’eau redevient d’huile....Brusquement , au centre, une tête ronde apparait, noire, luisante...pas de doute, il s’agit d’un phoque veau-marin. Le bouillonnement reprend, il n’y a pas une mais deux formes : le phoque tient dans sa gueule ce qui nous parait être un saumon.

Nous sommes le 6 août et il est 15h53.....Le temps de mettre en batterie le D80 sur le trépied avec le 300 m/m et le converter (égal à un 651 m/m en 24x36) de régler en mode S à 1/1250 ème -640 ISO - balance des blancs en automatique - supprimer la diminution de l’exposition et nous voilà sous la pluie qui se fait plus forte prêts à espérer qu’il se passe quelque chose d’intéressant.
C’est là que l’idée de la protection étanche du matériel m’est apparue comme indispensable pour remplacer la cape de pluie tenue à bout de bras au-dessus de l’opérateur, mais qui claque au vent qui vient de se lever -bruyante et trop visible. Je puis vous assurer qu’un phoque qui a un saumon dans la gueule n’est pas sensible au dérangement même avec deux bipèdes qui s’agitent à vingt mètres.

L’analyse des 240 photos prises en dix-sept minutes permet de dire qu’à partir du moment où nous l’avons repéré, le phoque a joué avec sa proie vivante pendant six minutes et qu’ensuite il a mis onze minutes pour la manger consciencieusement. Il l’a passé d’une patte avant à l’autre, s’est mis sur le dos et a placé le poisson sur son ventre -comme font les loutres-l’ a laissé sauter mais chaque fois l’a maintenu et contrôlé.

Pour déguster le saumon, il est resté la tête hors de l’eau mais a maintenu le poisson contre sa poitrine, le retenant de ses deux pattes avant. Il a commencé par enlever des pans de peau en tirant dessus fortement s’y reprenant à plusieurs fois. Ce travail a demandé environ trois minutes et c’est ensuite par des goulées relativement grosses qu’il a débité les filets et une fois terminés, il a abandonné la tête aux poissons.

Pendant tout ce temps il est resté pratiquement au même endroit à une vingtaine de mètres de nous, et il nous gardait à l’oeil, nous faisant presque toujours face ... mieux encore, une fois le saumon dégusté, il nous a offert la dernière photo bien de face, puis il a plongé.

Fous de Bassan
Alors que nous observions un groupe de phoques - gris et veaux-marins- très proches, le ciel, le long de la côte s’est brusquement rempli d’une véritable vague de Fous de Bassan (une cinquantaine), volant dans tous les sens mais dans un périmètre limité à cent mètres sur cent environ.....Nous nous sommes précipités. Adulte (Cinq ans minimum) en train de cercler.

Prodigieux spectacle : une pluie de flèches blanches, scintillant au soleil, drue, tombant verticalement ou en biais à très grande vitesse et générant au contact de l’eau des jaillissements qui se mêlent aux vagues à l’assaut des rochers. Pas de doute : à cent mètres du rivage, il y a un banc de poissons qui justifie cette agitation.

Descente en piqué Ailes ramenées le long du corps au dernier moment.

Aquarelle de Paul Barruel
Les oiseaux sont, pour la plupart, entre vingt et trente mètres d’altitude, ils déplacent par de rapides mouvements d’ailes ou se laissent glisser les ailes étendues, souvent à la verticale quand ils se rapprochent du niveau de l’eau ; Un bon nombre cercle, comme le font les cigognes, pour brusquement se transformer en projectile.

C’est les ailes à demi rabattues en arrière que commence la piquée, puis elles sont étirées le long du corps quand l’oiseau pénètre dans l’onde qui jaillit en écume...les positions sont diverses, ailes à plat corps droit ou corps arqué pendant la piquée.

Le Fou de Bassan qui a plongé reste de quatre à vingt secondes immergé. Ses narines ne sont pas perforées, il respire par le bec comme les cormorans. Il a de véritables narines secondaires qui compensent les narines véritables : à la base de la commissure du bec, il existe une fente ouverte en permanence pour permettre à l’oiseau de respirer sans écarter les mandibules. Cette fente est protégée par un opercule corné qui doit se fermer quand l’oiseau plonge et certainement pendant la durée de l’immersion. Ce dispositif est une adaptation à la plongée d’une hauteur importante, la tête la première.

Difficile sortie de l’eau
Le Fou de Bassan plonge généralement de 20 à 30 mais aussi de 2 à 3 mètres, par un revirement latéral sur l’aile, s’il voit des poissons en surface. Sa technique consiste à plonger à environ cinq mètres de profondeur en dessous du poisson, les yeux protégés, lors de la plongée, par la membrane nictitante et de tenter de capturer sa proie en remontant, les yeux ouverts. Le choc avec l’eau est amorti par les sacs aériens. Il est intéressé par des poissons de 2,5 à 30 cms tels que morues cabillauds-lieux, merlans, anchois, capelans, mais aussi harengs, sardines et maquereaux en bancs souvent très importants. Sa grande puissance de vol lui permet de pêcher jusqu’à 200 kms de sa colonie.

Il remonte, ayant avalé son poisson, et s’envole péniblement en raison de la longueur de ses ailes ; il s’aide pour cela -dépensant beaucoup d’énergie-de ses pattes et de ses ailes pour s’envoler sur quelques distances.
Très différente est la technique du Martin-pêcheur qui plonge les yeux fermés jusqu’à la profondeur où se trouve le poisson. Avant de toucher l’eau, il évalue la distance qui le sépare du poisson puis plonge en serrant les ailes contre le corps puis les ouvre pour freiner sa plongée précisément à la profondeur où se trouve le poisson. Il ne plonge jamais plus profondément que nécessaire car avec sa membrane nictitante (troisième paupière) refermée, il ne voit rien. Il ne rouvre les yeux qu’en sortant de l’eau. Son bec fonctionne comme un harpon ou une pince.

Photo de Fritz Pölking -Extrait d’un livre exceptionnel à (s’) offrir pour les fêtes :"Planète Sauvage"
Editions "Proxima"-Photo prise "A l’ancienne" -Ektachrome 200 -5,5/240 mm -flash 1/8000 ème de seconde -avec pied -sous tente camouflée-

BIBLIOGRAPHIE
 "Les palmipèdes d’Europe" de Paul Géroudet et Michel Cuisin -Ed. Delachaux & Niestlé
 "La Vie des oiseaux" de Jean Dorst – Ed. Rencontre -Lausanne
 "Planète Sauvage" de Fritz Pölking – Ed. Proxima

Un Fou de Bassan est adulte à cinq ans, il est entièrement blanc avec l’extrémité des ailes noires, la tête beige jaunâtre. Si le plumage d’un juvénile est marron sur l’ensemble du corps, dès l’automne de la première année, il va se pointiller de blanc. En deuxième année, le corps est blanc avec les ailes et le dos bruns pointillés de blanc. En troisième année, la queue et le dessus sont tachetés de blanc. En quatrième année, quelques plumes noires aux épaules et queue en partie brune qui va perdre cette couleur au fur et à mesure qu’il va vers sa cinquième année.

Trois âges : (de G à Dte) 4ème année ‐ 3ème année – Adulte

Couple d’adultes

Fou de Bassan juvénile

La mue du Fou de Bassan débute en juillet et va se prolonger jusqu’en février. Ce bel oiseau qui pèse de 2,5 à 3,6 kgs et mesure 87/100 cms a une envergure de1,70m,ce qui est supérieur à celle du Goéland marin (1,44-1,66m)-La première reproduction intervient vers 5-6 ans par ponte d’un oeuf début mai couvé par les deux adultes pendant 44 jours -L’âge maximum connu est de 21 ans.

La haute mer est l’élément des Fous de Bassan, ils ne viennent sur terre que pour leur reproduction qui commence quand ils ont 5/6 ans. La population occidentale est de 230.000 couples répartis dans huit pays européens dont 160.000 sur le territoire du Royaume-Uni avec deux sites célèbres Saint Kilda dans les Hébrides et surtout Bass Roc qui compte 20.000 couples comme d’ailleurs, en France, le site de l’Ile Rouzic (Sept Iles - Côtes d’Armor) démarré en 1939 avec 30 couples.

Il a été constaté que ces grandes concentrations, spectaculaires quand on s’en approche, créaient un effet de groupe stimulant de la reproduction, le succès de la nidification était plus élevé dans les grandes colonies que dans les petites et le centre occupé par des individus plus expérimentés voyait davantage de réussite des nichées que sur le pourtour. Pour des raisons de hiérarchie sociale, les plus jeunes s’installaient, en effet à la périphérie. Les paires isolées ou réunies en très petits groupes ne réussissent pas à nicher avec le même succès.

La migration qui démarre en automne va se faire en suivant le contour des côtes alors que ces oiseaux pourraient couper au plus court en passant par un survol de la terre ferme. Les Eiders à duvet procèdent également ainsi....cette façon de faire est à rapprocher du comportement des Arlequins plongeurs d’Islande qui au printemps, rejoignent leurs sites de nidification en suivant les rivières (dans lesquelles, il est vrai, ils trouvent des alevins) mais ils ne s’en écartent pas du tout pour prendre un raccourci terrestre.

Les jeunes de l’année longent les côtes d’Europe, atteignant en septembre le Golfe de Gascogne, en novembre les côtes africaines où ils passent l’hiver, du Maroc à la Sénégambie. Ceux de deux ans hivernent déjà plus au nord, et les Fous plus âgés paraissent rester dans les eaux d’Europe occidentale (France, Espagne, Portugal) et d’Angleterre.

BIBLIOGRAPHIE
 " Les Palmipèdes d’Europe" de Paul Géroudet -Delachaux & Niestlé
 " La vie des oiseaux" Jean Dorst Ed.Rencontre Lausanne.

F I N