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Oiseaux dans l’Art

Chasse aux oiseaux-Thèbes XVIIIème dynastie -

Fragment d’une peinture murale du tombeau Nebamon, haut fonctionnaire de la XVIIIème dynastie - 1350 avant notre ère en Egypte (British Museum - Londres - 83x98 cm).

Les égyptiens croyaient à une vie après la mort, c’est la raison pour laquelle ils tentaient de conserver le corps à l’aide de techniques de momification. Ils décoraient les tombeaux des morts de scènes de la vie passée telles scènes de pêche, de chasse dans les forêts de papyrus, de présentation de tables abondement garnies de victuailles. Les provisions peintes (canards rotis, cuisses de boeuf, etc..) sont là afin que le défunt ne souffre jamais de la faim.

Jeune éternellement

La peinture et le relief égyptiens sont régis par des principes précis dont font partie la présentation du corps humain, la tête et le torse sont vus de profil, l’oeil et les épaules de face. Ce qui semblait important aux égyptiens devaient être bien visibles : de larges épaules et les insignes royaux tenus devant la poitrine sont mieux mis en valeur vus de face alors que le pas énergique en avant ne peut être montré de front, les artistes ne connaissant pas la perspective. Ils peignent aussi les différents membres sans souci de profondeur, sans modelé, en aplats de couleur unie. Le renoncement à la troisième dimension prête aussi à l’art égyptien cette clarté que nous admirons encore aujourd’hui. Les artistes ne cherchaient pas à rendre la ressemblance , mais à saisir l’essence d’un être humain , ce qui reste de lui quand tout ce qui est éphémère et aléatoire l’a quitté.

Une terre fertile , utile pour son maitre

La femme est plus petite que son époux ce qui correspond aux conventions picturales car c’est le rang social qui compte et non la réalité. Il serait faux de déduire de ces relations de grandeur, dans la famille,une soumission stricte de la femme à son mari. La femme égyptienne est "maitresse de la maison" et contrairement à ce qui se pratiquait dans d’autres sociétés antiques, dans lesquelles elle était considérée comme mineure, et devait, par exemple devant un tribunal être représentée par un parent masculin, l’Egyptienne, (du moins sous le nouvel empire, vers 1550-1075 avant notre ère) pouvait elle-même ester en justice).
Mais ce n’était, sans doute, qu’un aspect des choses et le conseil donné par le sage Ptahhotep ( vers 2300 avant notre ère) à un époux est probablement plus proche des réalités quotidiennes : " Remplis son ventre, habille son dos .Elle est un terre fertile, utile pour son maitre. Mais tiens la à distance du commandement, bride - la, car elle déchaînerait la tempête".

L’épouse du haut fonctionnaire est parée comme pour le fête - c’est ainsi que le défunt doit se souvenir d’elle et qu’elle doit l’accompagner pour l’éternité.

Le chasseur et son chat

Le chat tient deux oiseaux dans ses griffes et un dans sa gueule - à l’instar des humains, il est idéalisé ici par le peintre qui le montre particulièrement beau, grand et entreprenant. A l’origine du culte des animaux qui se développa aux différentes époques on trouve la croyance que les animaux étaient des incarnations des dieux. ou qu’ils possédaient des pouvoirs divins.

Le marais mythique

Le marais joue aussi un rôle dans la mythologie. Avant que ne soient construit les barrages, les Egyptiens assistaient à la crue du fleuve Nil qui inondait de grandes surfaces de terres fertiles : le sol disparaissait et ne réapparaissait qu’après la grande inondation. Cet évènement naturel rappelait le mythe de l’origine de la Terre.
Les denses fourrés de papyrus situés sur les rives évoquaient la fertilité et la reproduction, symbolisée pour eux par le lotus qui poussant dans les marées et dont les fleurs s’ouvrent le matin et ferment le soir.

Extrait de " Les dessous des Chefs-d’oeuvre" - Rose Marie et Reiner Hagen - Ed. Taschen.