Grand labbe
Stercorarius skua ou Catharacrta skua
Il appartient à la famille des Stercoraridés dont l’origine est le latin stercus= excrément et stercorarius (qui concerne les excréments, le fumier) car on croyait autrefois que ces oiseaux poursuivaient les autres, pour leur prendre, non de la nourriture, ce qui est le cas, mais leurs excréments. De plus ils ne négligent pas les charognes et les détritus divers.
SKUA vient de l’islandais ancien skürf qui signifie la mouette sombre. Ces grands oiseaux de mer ont en effet le plumage sombre.
Rites nuptiaux
CATHARACTA vient du grec katarraktes = qui se précipite, qui tombe, aussi "oiseau de mer qui fond sur sa proie" (Aristote).
GRAND , car c’est le plus grand et le plus rapide des labbes, il force les autres oiseaux à dégorger leurs proies et les tue à l’occasion.
LABBE, mot adopté à la suite de Buffon et emprunté au suédois labb ayant le sens de happer, capturer.
Pour des auteurs, les noms loup et lion sont supposés dériver de la même racine. Rappelons que le verbe grec lambanô= saisir, s’emparer de. Buffon a écrit que les pêcheurs l’attiraient en criant "Lab, Lab ! "et lui jetaient du poisson.
On a voulu parfois classer cet oiseau dans le genre Megalestris, formé des mots grecs méga = grand et lestris =qui s’adonne au brigandage. L’allemand l’a baptisé Raubmöwe = mouette voleuse.
Cet oiseau est le plus spectaculaire des rivages d’Islande. Il est le plus localisé de l’Atlantique Nord puisqu’en dehors de L’Islande, il ne niche qu’aux Îles Féroé et aux Îles Shetland. Depuis le début du siècle, il poursuit son extension vers le sud (nord de l’Ecosse) et vers le Nord (Spitzberg et Norvège).
En Îslande, ses terrains de prédilection sont les vastes plaines fluvio-glacières (les Sandar) de la côte sud de l’île. On a suggéré que la pêche au chalut face à ces côtes avait entrainé une augmentation de la population du Grand labbe, le surplus de déchets de poisson produit satisfaisant cet oiseau opportuniste.
Le nid du skua est un simple creux de 23/30 cm de diamètre, 4,5/8 cm de profondeur dans des zones avec végétations rases. Le Grand labbe, pour l’avoir vécu, est particulièrement agressif sur son territoire de nidification qu’il défend contre tous intrus.
André Boussard







