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Etymologie des noms d’oiseaux

Engoulevent d’Europe

(Caprimulgus europaeus)

Nattskärra
CD5 Tärnor - Seglare/oiseaux Disc 5

Les Engoulevents de la famille des Caprimulgidés comptent quelque soixante dix espèces, distribuées sur tous les continents. Dans le Paléartique occidental,deux sont surtout présents : l’Engoulevent d’Europe sur l’ensemble de la zone et l’Engoulevent à collier roux nicheur en Espagne.

La légende propagée par Aristote,philosophe et naturaliste grec (384-322 avant J.C) reprise par Pline
l’Ancien 23-79) selon laquelle les Engoulevents profitait de la nuit pour têter les chêvres est à l’origine du nom de genre et de famille : Caprimulgidés : capra (là chêvre) et mulgeo (traire) en latin.
On la retrouve dans les langues européennes : italien = succiacapre - espagnol = chotocabras - anglais = goatsucker - allemand = ziegenmelker.

En fait, à l’origine, il y a une bonne observation d’une relation entre ces oiseaux et les troupeaux paissant mais pour y capturer les insectes au crépuscule.
En français, on a préféré "Engoulevent" en raison de la possibilité de grande ouverture de son bec. Le mot serait issu d’un dialecte de l’ouest de la France : "la goule" correspond à la gueule, la bouche et engouler c’est avaler avec le sens au XVIème siècle d’un grand buveur qui vole bec ouvert en engoulant le vent.

Ce chant si étrange fait penser à des vocalises d’amphibien, celles du Crapaud calamite en particulier.Sa tête aplatie et sa très large bouche l’a fait depuis longtemps déjà comparer à un crapaud d’où les noms de crapaud volant ou crapaud des bois.

Engoulevent Juvénile de 15 jours

On l’a aussi nommé "chasse-crapaud" non qu’il mange des crapauds mais le verbe chaucher = être dessus,évoque la position de cet oiseau qui reste immobile, perché allongé sur une branche morte, le plus souvent,avec laquelle la couleur de ses plumes se confondent.

Les photos exceptionnelles qui illustrent cet article sont de Clément Caiveau de Vendée dont j’ai pu apprécier sur le terrain, le savoir faire, la patience dans les affûts et l’éthique à haut niveau pour le respect des oiseaux qu’il souhaite photographier.

Il nous explique les conditions de prise de vues de ces photos :

"L’Engoulevent n’est pas un oiseau facile à photographier de jour. J’ai dû, d’abord, repérer un mâle chanteur ; je suis allé pendant une dizaine de soirs dans une sapinière pour repérer les oiseaux.Il y a eu trois mâles chanteurs pour une femelle pendant tout ce temps.J’étais sous affût ;les oiseaux voletaient au dessus de moi en faisant le Saint-Esprit.

Puis, un soir, deux des mâles avaient disparu...le couple s’était formé.Le soir je ne voyais plus la femelle, le mâle régulièrement, à la nuit tombante, décrivait des cercles autour d’un gros sapin couché, sur lequel il y avait des fientes, j’ai pensé qu’il s’agissait de son dortoir de jour.On sait que le mâle occupe le jour une place de repos près de l’endroit où la femelle dépose ses oeufs - on ne peut en fait parler de nid car il sont posées à même le sol sans apprêt-.

J’ai installé trois palettes recouvertes d’un filet de camouflage,en utilisant un fossé naturel en contrebas qui me permettait de me glisser dans l’affût sans que les oiseaux puissent me voir.Le 1er juin (2008) j’ai vu la femelle au sol non loin de moi...le 3 juin, il y avait deux oeufs ...le 21 juin le premier poussin était né....le 9 juillet les deux petits Engoulevents sont volants depuis 2/3 jours.

Je reconnais que ces conditions de prise de vue sont délicates et demandent beaucoup de patience et de précaution maitrisées. A noter que très tôt j’ai installé des boulettes répulsives dans le coin pour dissuader les prédateurs)(celles que l’on place autour des nids de Busards pour les protéger des "nuisibles").

Photos de Clément Caiveau prises sous affût CANON 100-400 IS -USM + CANON 1.4 CANON 300MM F/4L IS USM - Photographe animalier en Vendée - Marais Breton - Galerie Natures.ch - ___________________________