Bouscarle de Cetti
Présentation d’un oiseau, avec photos, fichier-chant, éléments d’éthologie,......
Avec l’aimable contribution de la Direction des Editions Belin qui a bien voulu nous autoriser à citer des éléments de l’excellent livre de Pierre Cabard et Bernard Chauvet et des Editions Sittelle qui nous permettent la présentation des chants.
Fichier-sons :Extrait du " COFFRET ORNITHO SITTELLE "- http://www.sittelle.com
Bibliographie :"L’Etymologie des noms d’Oiseaux"de Pierre Cabard et Bernard Chauvet-Editions Belin-http://www.editions-belin.com
BOUSCARLE DE CETTI
(Cettia Cetti)
La Bouscarle de Cetti est un petit passereau au chant éclatant très présent dans les buissons mais en même temps très discret ; on l’entend souvent mais on le voit rarement.
Son nom "Bouscarle"vient du provençal bouscarlo qui désigne un genre d’oiseau aimant les bois et les fourrés (les bosquets).Comme l’indiquent les noms voisins bouscarrasso (futaie, fourré), bouscareto (petite forêt) et bouscareu (le forestier).
En allemand, la Bouscarle est le "chanteur des roseaux soyeux" = Seidenrohrsänger, en italien "le rossignol du fleuve" = Usignolo di fiume. En espagnol, elle est le "rossignol bâtard = Ruisenor bastardo car, si elle a la même couleur rousse que le rossignol, elle n’en a ni la taille, ni le chant. Curieusement, en espagnol, le mot "bouscarle" existe mais il s’agit de la "la Bouscarla pintoja" = Bouscarle tâchetée = la Locustelle tachetée, car toutes les Locustelles s’appellent "Bouscarla", et cette Bouscarle a des tâches sur le corps.
Au Portugal, c’est au contraire un "rossignol brave" = Ruxinol bravo par allusion à la puissance et à la détermination de son chant.
Cetti était un jésuite mathématicien italien du XVIIIème siècle, passionné d’histoire naturelle. En poste en Sardaigne, il arpenta forêts et montagnes, en observant les animaux et en récoltant les fossiles. Il consacra aux oiseaux un volume de sa "Storia naturale della Sardegna" et on y trouve une description de la Bouscarle.
C’est en 1820 qu’Alberto della Marmora qui avait poursuivi les travaux de Cetti en Sardaigne, lui dédicacera cet oiseau dans les "Mémoires de l’Académie de Sciences de Turin" et l’appelation fut confirmée par Temmink sous le nom de Sylvia Cetti.
Paul Géroudet écrit : "qui l’ a entendue ne l’oublie guère et ne peut confondre sa voix avec aucune autre. C’est d’ailleurs le seul indice qui permette de la repérer, étant donné l’habilité diabolique dont elle use pour se soustraire à toute vue. Pour la plupart des observateurs, la Bouscarle n’est donc qu’un chant, un sifflet rageur qui surprend par sa soudaineté et sa violence".
L’auteur des photos jointes, Clément Caiveau, explique qu’ayant repéré un nid en construction, il a placé, en l’absence des oiseaux, un affût de toile. Il est venu plusieurs fois en espérant prendre des photos : ce fût en vain lors des apports de matériaux. Et il fallut le grand hasard de la venue d’une femelle Coucou (qui déposa son oeuf) pour que les deux oiseaux éxcités par cette présence, un instant immobilisés, se laissent photographier.
Mâle et femelle sont identiques. Seule la mensuration des ailes permet de déterminer l’un (mâle = 58 à 66 mm) - ou l’autre (femelle = 54 à 60 mm).



