Évolution des espèces - Lamarck - Darwin
HEREDITE des CARACTERES ACQUIS
LAMARCK- DARWIN
Bonjour,
Il y a quelques temps, je me suis posé la question de savoir comment les Oiseaux avaient pu, pour chaque espèce, se transmettre les caractères qui font leurs différences.
A la lecture de plusieurs documents, je n’avais pas pu me faire une idée claire de la chose. J’ai donc posé la question à deux personnes qui enseignent la biologie animale avec un exemple d’école : l’évolution des équidés, plus simple à comprendre que la diversité des oiseaux ; l’objectif était d’accéder à des lois mettant en évidence les phénomènes.
Christelle Digeon, membre de ce forum m’a déjà répondu avec beaucoup de détails et dessins....elle arrive à la même conclusion que Liliane Bories, également ornithologue, dont je vous prie de trouver la réponse, à la suite.
André Boussard
From : an-boussard
To : Liliane Bories
Subject : HEREDITE DES CARACTERES ACQUIS
Bonjour Liliane,
Voici une question à laquelle je n’ai pas réussi à apporter une réponse-synthèse précise . Pourrais tu m’éclairer ?
Une des lois de Lamarck concerne " l’hérédité des caractères acquis", elle a été considérée comme une erreur et rejetée......
Darwin dit : "C’est par le tri des caractères modifiés, effectué par la sélection en fonction du bien de l’espèce que celle ci se transforme en une autre."
Au début du tertiaire, éohippus avait des doigts...l’equus contemporain a un sabot...
N’y a t-il pas là une preuve de la transmission héréditaire de caractères acquis ?
Merci pour tes lumières
Amicalement.
André.
Bonjour André,
Voici mes idées sur ta question du jour.
Tu écris : "Au début du tertiaire, éohippus avait des doigts...l’equus contemporain a un sabot..."
A propos du cheval, le SABOT est un étui corné qui recouvre le seul doigt reposant au sol (plus précisément la 3° phalange du doigt médian, le n° 3). Il reste les vestiges de 2 doigts latéraux (n° 2 et 4, les stylets, à l’arrière ).
Tu écris : "N’y a t-il pas là une preuve de la transmission héréditaire de caractères acquis ?"
Les 1° équidés (env. 54 MA) avaient 4 doigts aux membres antérieurs et 3 aux postérieurs ; ils avaient des coussinets plantaires et pas de sabot. Ces animaux, de la taille d’un chien (du style des lévriers) auraient vécu
en MILIEU FORESTIER.
Des CHANGEMENTS CLIMATIQUES (périodes + sèches) ont eu lieu. Vers 30 MA, le milieu forestier a régressé ; les équidés ont alors vécu dans des PRAIRIES aux sols plus durs.
Dans ces milieux ouverts, les animaux les + rapides à la course ont pu échapper aux prédateurs. Ainsi, dans ce nouveau milieu, ONT SURVECU LES + APTES, c.a.d. les plus rapides. Ces derniers étaient les équidés
dont le nombre de doigts reposant au sol était plus réduit et dont les membres étaient plus longs (Merichippus par ex, a 3 doigts).
La réduction du nombre de doigts serait donc une adaptation à la course. (voir les remarques relatives à la génétiques, un peu plus bas).
Pour info, parallèlement à l’évolution des membres, celle des dents s’est réalisée : Les premiers chevaux avaient des dents permettant de brouter les feuilles tendres ( arbustes ...). Par la suite, les chevaux ont eu des dents capables de mastiquer les feuilles des graminées (riches en silice). Les prémolaires deviennent plus grandes et ressemblent même à des molaires.
Et puis, il y a quelques 2,5 Ma, les chevaux du type des chevaux actuels ont traversé le pont continental reliant Alaska et Sibérie ; ils ont ainsi atteint l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
Il paraît alors que comme Darwin l’indique : "C’est par le tri des caractères modifiés, effectué par la sélection en fonction du bien de l’espèce que celle ci se transforme en une autre.". Ceci n’est possible que par le biais de la reproduction sexuée (qui crée de nouvelles combinaisons d’allèles) et grâce aux mutations géniques qui créent de nouveaux allèles (à l’origine de nouveaux aspects d’un caractère morphologique par exemple).
Il n’y a pas de finalisme dans l’évolution, il y a adaptation aux conditions du moment en tirant profit des caractéristiques physiologiques, morphologiques, anatomiques liées à la génétique. La sélection naturelle trie au sein du panel des caractéristiques présentes à un moment donné.
Il est possible d’imaginer que les chevaux n’auraient pas connu de tels changements anatomiques si l’environnement n’avait pas été modifié.
LAMARCK avait bien remarqué que les espèces se transformaient ....évoluaient. Il échappe ainsi au fixisme de son époque (Cuvier). DARWIN l’a, comme lui, aussi repéré.
LAMARCK remarque le rôle de l’environnement sur le changement des organes mais il attribue ce changement à l’utilisation ou à l’absence d’utilisation de ces organes et signale que ces transformations sont transmises à la descendance.
DARWIN a su mettre en avant l’existence d’une diversité des individus au sein des populations (il y a une diversité PREEXISTANTE). Si l’environnement est modifié, certains individus sont avantagés ; leur survie est préférentielle ; la descendance hérite de leurs caractères avantageux. La population des descendants diffère alors de la population originelle.
La sélection de ces variants, les plus adaptés aux conditions du moment, est le moteur de l’évolution.
Ainsi, je ne pense pas que les caractères acquis se transmettent. Il ne faut pas oublier la diversité génétique des populations. Certains individus déjà existants sont sélectionnés positivement et transmettent leurs caractères aux générations suivantes.
J’espère avoir répondu à tes demandes.
Au plaisir d’une rencontre.
Liliane



