Accueil > Ethologie > Coucou geai...le retour.

Ethologie

Coucou geai...le retour.

Ecoutez-moi ! - Coucou geai écoutez-moi ! - Coucou geai

Ils viennent du sud du Sahara, des savanes boisées ou semi-arides de l’Afrique tropicale.Hormis quelques observations isolées en Europe méditerranéenne -Sicile et Camargue en janvier,Catalogne à fin décembre- les premiers migrateurs apparaissent vers la mi février en Espagne,exceptionnellement en France mais c’est plutôt vers fin mars et avril qu’on les voit en plus grand nombre dans notre Midi.La mue des adultes est complète de décembre à mars, ils nous arrivent donc avec le plus beau plumage.

Un couple vient d’être signalé (et photographié) par Jean-Pierre Trolhas à Charnier nord en Camargue gardoise. Pour la seule journée de jeudi 19 mars, nous en avons vu neuf et dans des conditions intéressantes :

Coucou geai adulte
 un d’abord, proche du golf de Saint-Cyprien (sud Perpignan) a distrait notre attention par son arrivée bruyante (il s’est posé, est resté un bon moment perché) alors que nous observions un groupe de trois couples de Fuligules milouin et quatre couples de Fuligules morillon qui profitaient du soleil généreux,la poussée d’une légère brise les faisant dériver, presque tous tête et cou sous l’aile.

 deux autres, face au chemin conduisant à la chapelle romane (toujours en rénovation) de Saint Etienne de Villecase, sur la route d’Alenia.Ils suivaient deux vols séparés, l’un ignorant l’autre. Leur cris nous les ont fait repérer avant qu’un vol groupé de cinq cigognes blanches passant à faible altitude (direction plein nord) ne nous les fassent perdre.

Coucou geai immature (un an)

- six autour du lac de Villeneuve de la Raho, avec pour toile de fond "Le mont Canigou".Il faut savoir que cette année, la zone "Réserve écologique" a été progressivement vidée de son eau pour permettre l’implantation d’une ile artificielle organisée pour aider à l’accueil des migrateurs et à permettre une observation plus proche, par ailleurs,à l’installation de souches d’arbres retournées pour favoriser la reproduction piscicole.Donc, à l’exception de rares limicoles et de nids de Hérons cendrés occupés, rien qui puisse attirer les ornithos informés du coin (à moins justement que ce que nous avons découvert.leur soit familier et se renouvelle d’année en année !).

Le Canigou

Nids de Hérons cendrés
Nous sommes restés plus d’une heure pour un "festival Coucou geai" au niveau du parking de la "réserve écologique" et dans les champs à quelques centaines de mètres alentour.

Cet oiseau trouve apparemment là les deux éléments qui lui sont indispensables :

1 - "un biotope de plaine et colline, semi boisées de pinèdes, à climat chaud et sec fournissant, dès son arrivée,les chenilles processionnaires des pins dont il fait une consommation abondante et peut-être exclusive"(Paul Géroudet).

2 - la présence de Pies bavardes dont il va parasiter les nids.

Les pins sont largement pourvus d’énormes nids de chenilles et nous avons été surpris de voir de telles concentrations de pies - sept sur un arbre près du lac, douze dans un champ proche sur un petit périmètre

Chenilles processionnaires

Tout était paisible sous le couvert de ces pins, agités par une brise légère, les chants flutés de nombreux - Serins Cini infatigables dans leur chant ininterrompu se mélaient aux trilles de deux Troglodytes mignons qui se répondaient sur fond de mélodie légère de Chardonnerets élégants...

Brusquement, éclate un bruit fort de crécerelle et ce cri se déplace, le temps de lever les yeux pour voir un poursuivi, un corps d’oiseau suivi d’une longue queue et un pousuivant de même apparence qui pousse les cris.Le vol est rectiligne, rapide, les battements d’ailes sont brefs, préssés.La poursuite est de la durée du tour du bois, moins d’une minute ....et les deux oiseaux se posent en même temps, à une dizaine de mètres l’un de l’autre,"leur vivacité semblait s’éteindre" (Paul Géroudet).

Et ils sont restés silencieux, perchés - très sympa pour faire une photo- et leur course a recommencé plusieurs fois pour s’achever de même avec des intervalles d’une dizaine de minutes.Deux fois, une troisième oiseau s’est mélé au jeu mais ses déplacements étaient manifestement une simple agitation, il ne poursuivait aucun des deux autres, se contentant d’aller d’un arbre à l’autre se posant mais repartant aussitôt.Il était plus sombre que les deux autres. Ces derniers nettement gris clair.avaient une huppe occipitale que l’excitation faisait lever.

A peine le temps de faire quelques photos des oiseaux posés qu’à l’extérieur du bois vient de se déclencher une nouvelle poursuite bruyante de deux autres protagonistes qui s’arrète comme la précédente...et un sixième sujet, silencieux celui-la, donne l’occasion de photos en vol : il s’agit nettement d’un immature à la tête sombre et aux primaires sépia.

Le nom scientifique du Coucou geai est Clamator glandarius. Clamator = criard, braillard en latin. Glandarius ="qui produit des glands de chêne",terme impropre pour lui mais adopté par analogie au comportement bruyant du Geai de chênes dont il a un plumage proche.

Pour leurs oeufs,le Coucou geai ne construisent pas de nid , ne couvent pas et n’alimentent jamais leurs petits au nid. Ils ne sont pas les seuls,puisque 82 espèces au Monde sont également des parasites de couvées (1/100ème des espèces).

Par contre, sur les 128 espèces de Coucous du globe, 78 espèces de Coucous n’ont pas de moeurs parasitescontrairement aux deux nôtres. Pour la cinquantaine d’espèces qui parasitent des nids, les hôtes sont généralement des passereaux insectivores ou granivores mais jamais des Cuculidés nicheurs.

Chaque espèce de Coucou a plusieurs hôtes, le Coucou geai parasite surtout des nids de Pies bleues en Espagne,chez nous de Pies bavardes, de Corneilles noires / mantelées, de Pies grièches, d’Etourneaux et même de Grands corbeaux.

La brièveté de l’incubation (10 à 15 jours) profite au parasite, le jeune Coucou éclot très tôt ...si le jeune Coucou gris va éjecter tout ce qui est dans le nid, ce n’est pas le cas du jeune Coucou geai qui n’a pas ce réflexe instinctif. La femelle Coucou geai éliminerait les oeufs de l’hôte en les piquant du bec quand elle pond le sien.

Autres premières observations :

Hirondelle rustique, Huppe fasciée et le Serin cini, migrateur partiel qui hiverne dans l’ouest et le midi de la France.

Serin cini

FICHIERS-SON :

Skatgök
CD5 Tärnor - Seglare/oiseaux Disc 5

Coucou geai : Cris et chants d’un couple en parade

Gulhämpling
Fåglarnas Sång Och Läten/Fåglarnas sång och läten Disc 10

Serin cini : Chants de mâles, en vol et au posé, et cris

(Extraits du " COFFRET ORNITHO SITTELLE "-
http://www.sittelle.com )

BIBLIOGRAPHIE :

 "Les Passereaux" de Paul Géroudet - Ed. Delachaux & Niestlé
 "L’Etymologie des noms d’oiseaux" Pierre Cabard et Bernard Chauvet.Ed Belin

André Boussard