Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)

Les Rousserolles

Rousserolle effarvatte – Rousserolle verderolle –

(Acrocephalus scirpaceus) (Acrocephalus palustris )

Rousserolle turdoïde - Rousserolle isabelle
(Acrocephalus arundinaceus ) (Acrocephalus agricola)

(Guide ornitho – Ed Delachaux & Niestlé)

Les rousserolles appartiennent à la famille des Sylviidés ; l’origine du mot vient de “silva’ la forêt, le bosquet. En anglais, on appelle tous les oiseaux de la famille “warbler” qui veut dire “gazouilleur”, ce qui souligne leurs capacités de chanteurs.

Acrocephalus du grec akros = sommet, pointe et kephale = tête, donc tête pointue, fine. Ce sont des passereaux de petite taille, élancé, au bec fin.

Le nom de rousserolle vient de “rouche” nom donné dans le midi et le centre de la France, aux ronces et roseaux. En allemand, elles sont Rohrsänger = chanteur des roseaux ; en italien, cannainola ou cannarecionne de canna = le roseau. C’est dire combien le biotope de ces oiseaux participe à leur dénomination :

Rousserolle effarvatte

*En anglais la Rousserolle effarvate est reed warbler = fauvette des roseaux ; en allemand Teichrohrsänger = Rousserolle des étangs ; en portugais rouxinol pequeno dos caninos = petit rossignol des roseaux.
“Scirpacens” vient du latin scirpeus = le jonc et scirpea = le panier de jonc qui évoque la confection très élaborée de son nid entrelacé et suspendu autour de plusieurs brins de roseaux.

Rousserolle turdoïde

*Même règle pour la Rousserolle turdoïde : arundinaceus = semblable au roseau ; en anglais, elle est “the great reed warbler” = la grande fauvette des roseaux. Turdoïde vient de turdus = la grive. En espagnol elle s’appelle caricero tordal = rousserolle grive. On l’a comparée à la grive en raison de ses manifestations vocales et de sa taille.

Sa longueur est en effet de 16 à 20 cm alors que les autres rousserolles font de 12,5 à 14 cm (R. effarvatte), 13 à 15 cm (R. verderolle), 12 à 13,5 cm (R.Isabelle). L’ancien nom scientifique de la Rousserolle turdoïde était “acrocephalus turdoides”, bâti sur l’un de ses noms allemands Wasserdrossel = grive d’eau.

Rousserolle verderolle

“Palustris” = des marais en latin pour la Rousserolle verderolle. Vocable repris en allemand Sumpfrohrsänger = rousserolle des marais = marsh warbler en anglais. “Verderolle” de verdelet (qui tire sur le vert) allusion à son dos olivâtre.

Rousserolle isabelle

Ces rousserolles suspendent leur nid tissé entre les tiges verticales des roseaux ou plantes. Ce ne sont pas leur livrée qui permet de les identifier aisément mais plutôt leur chant dont elles sont prolixes, émis depuis les parties supérieures de la végétation, ce qui est très apprécié par les photographes.

Chants des Rousserolles"

Rörsångare
CD8 Sångare - Flugsnappare/Fåglarnas Sång Och Läten Disc 8

*Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus)
Le chant de l’effarvatte n’a pas de caractère bien saillant. Comparé à celui de la
turdoïde, il est plus discret, de rythme plus rapide et moins “batracien”. Il est bien
distinct de ceux de la verderolle et du phragmite par son uniformité relative et sa
régularité.
Si la fantaisie de l’imitation si manifeste parfois, elle n’y atteint pas le degré
surprenant propre à ces espèces. Dans l’ensemble, c’est un gentil babil scandé,
laborieux un peu bredouillé et de portée médiocre ; la tonalité varie, souvent assez
basse et les phrases sont parsemées de sons plus musicaux et liquides.

Le mâle chante beaucoup tant qu’il n’est pas accouplé ; l’arrivée de la femelle
marque la fin de l’activité vocale continue : le chant devient spasmodique, mais
se manifeste encore assez tard en août voire en septembre.
Comme chez beaucoup d’oiseaux, les chanteurs les plus ardents pendant la saison
des nids sont des “célibataires” sans autre occupation. La femelle émet très
rarement des chants brefs. Les effarvattes chantent volontiers à partir de minuit ;
une ou deux heures avant le lever du soleil, c’est un chœur général qui dépasse
en intensité tout ce qu’on entend pendant la journée.

Trastsångare
CD8 Sångare - Flugsnappare/Fåglarnas Sång Och Läten Disc 8

*Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus)

A l’époque du chant, cet oiseau ne peut passer inaperçu : bruyant, remuant, voire
querelleur, il s’impose partout où il s’installe.
Perché dans les roseaux, souvent presque au sommet d’une canne, parfois sur un
buisson ou dans un arbre, le mâle lance avec vigueur ses notes rudes et râpeuses
qu’il répète sur un rythme variable, plutôt lent et haché. Le profane croirait
volontiers que ces sons sortent du gosier d’un batracien : similitude curieuse, mais
non unique dans le marais !
Tantôt graves, tantôt aigus et perçants, répétés en séries courtes qui s’enchaînent ou
que coupent des pauses fréquentes, ils composent non pas une mélodie mais un discours
scandé. Le diseur se plaît à varier la cadence et les notes stridentes ou coassantes ; on
le dit enclin à l’imitation d’autres voix. Enfin il se fait entendre à toute heure du jour
et souvent la nuit. Les chants commencent dès l’arrivée en avril ou mai et cessent à
mi-juillet ou un peu plus tard ; très rares en août, ils reprennent un peu en septembre.
Quant aux cris ; ils ont le caractère rauque des sons des chants.

Kärrsångare
CD8 Sångare - Flugsnappare/Fåglarnas Sång Och Läten Disc 8

*Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris )

Son chant d’une diversité, d’une richesse admirables, mérite une place d’honneur parmi
ceux des sylviidés et rappelle par bien des traits ceux des hypolaïs. La verderolle a le don
de l’imitation et combine à merveille les expressions vocales d’une quantité d’autres
espèces : cris irrités de la Mésange bleue, strophes du Chardonneret, cadence de la
Mésange charbonnière, babil de la Fauvette grisette, dactyle de la Caille, rire du Pic vert,
roulades du Rossignol, épanchement lyrique de l’Alouette, et bien d’autres encore !

L’artiste ajoute à cela des sifflements filés de haute tonalité, quelques notes rauques ou
nasales répétées, des sons flûtés très curieux qui lui sont personnels. Chaque chanteur
compose à sa guise son pot pourri vif et volubile. L’ardeur est la plus intense lors de
l’installation, jusqu’à mi-juin ; plus tard, la fréquence et la qualité du chant diminuent
rapidement – on ne l’entend plus que le soir et de bon matin – et à mi-juillet il tend à
cesser tout à fait.

Fältsångare
CD8 Sångare - Flugsnappare/Fåglarnas Sång Och Läten Disc 8

*Rousserolle isabelle (Acrocephalus agricola)

Babil léger continu de note répétitives sur un rythme précipité qui rappelle le chant des
fauvettes. Il peut inclure des imitations ce qui le rapproche alors de celui de la Rousserolle
verderolle.Le cri est un “tec” de fauvette et une alarme roulée sêche.

(Extraits du " COFFRET ORNITHO SITTELLE "
http://www.sittelle.com )

Bibliographie :

"Les Passereaux" de Paul Géroudet (Delachaux & Niestlé
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard Chauvet-Ed Belin

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