Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)

Les Guifettes

"Guifette moustac” “Guifette noire” “ Guifette leucoptère”
(Chlidonias hybrida) (Chlidonias niger) (Chlidonias leucopterus)

(Guide Ornitho –Delachaux & Niestlé)

Aquarelle de Paul Barruel
Illustrateur des œuvres de Paul Géroudet

Le nom “guifette” serait d’origine picarde si l’on en croît Buffon qui dans son
“Histoire des oiseaux” (1781) indique que l’on appelle ainsi ces “hirondelles de mer”
qui fréquentent les côtes picardes.

Toutes les trois sont célèbres dans le monde ornitho. ... en raison de leur vol
souple, imprévisible avec des changements fréquents d’appui qui rend si difficile
l’obtention de bonnes photos.

*Guifette moustac

Le nom “moustac” est formé de moustaches car l’été les joues et les côtés du cou de
couleur blanche contrastent avec leur calotte noire et dessous gris de la tête. C’est
loin d’évoquer des moustaches !

“Cliodonias” vient du grec khelidonios = semblable à une hirondelle.

“Hybridus” en latin signifie issue de parents différents, le terme est employé ici pour
souligner à la fois la parenté et la différence avec la Guifette noire, dont elle se
distingue par une couleur noire moins étendue.

Guifette moustac

On lui a octroyée un temps le nom de ”chlidonias leucoparcius” du grec
leukopareios = à joues blanches .

Les Guifettes moustac chassent non seulement au dessus de l’eau mais aussi dans les
champs et les prés, en Camargue sur les rizières. Les insectes et leurs larves sont leurs
proies les plus fréquentes (libellules, diptères, coléoptères ..) mais aussi petits poissons
vers et petites grenouilles.

Au début de mai, les Guifettes moustac arrivent en troupes sur les lieux de nidification.
Presque toujours, ce sont des étangs ou des marais d’eau douce dont la végétation
clairsemée est pâturée par des chevaux et du bétail. Ces grands animaux foulent,
coupent et arrachent les plantes.

Guifettes moustac

Leurs tiges dures et flottantes fournissent aux oiseaux les matériaux de construction
de leurs nids qui sont autant de radeaux très exposés. L’opiniâtreté dans l’adversité
fait que recommencés plusieurs fois il arrive que l’on trouve, avec des pontes successives,
des nids encore jusqu’à fin juillet.

Cet oiseau niche dans une quinzaine de pays d’Europe avec environ 30.000 couples ;
la population roumaine est estimée à 7.500 couples.

L’espèce hiverne en Méditerranée et en Afrique.

*Guifette noire

Elle est la plus commune des guifettes représentée en Europe par 57 à 80.000 couples
dont quelques milliers en Roumanie ; elle est en diminution. En France, concentration
des nicheurs sur Brenne, Dombes, Sologne, Vendée ... d’une façon générale sur les
côtes de l’ouest.

“Niger” signifie noir qui est sa couleur de printemps. En allemand, c’est “l’hirondelle
de mers en deuil”, en espagnol c’est “l’enfumée commune” (Fumarel comun).

Sociables, elles se trouvent par petits groupes nichant volontiers dans des marais d’eaux
douces peu profonds près de colonies de Mouettes rieuses ou de Grèbes à cou noir qui
les protègent des prédateurs.

Guifette noire

Les insectes aquatiques et leurs larves sont à la base de leur régime, bien qu’elles
picorent aussi des insectes terrestres mangeant petits poissons, têtards et minuscules
grenouilles.

Les jeux nuptiaux sont particuliers : un groupe de quinze à vingt oiseaux s’élève en
spirales bien haut et en criant puis s’éparpille en couples qui tournoient en mêlant leur
cris ... un instant plus tard, les oiseaux piquent en zigzag vers le sol, les ailes fermées
et remontent avec leur élan au lieu de se poser.

Guifettes noires

Distants d’au moins soixante à soixante dix mètres, les nids ne sont pas cachés dans les
herbes et les roseaux ; ils flottent à découvert sur l’eau noire et stagnante du marécage.

La migration s’effectue vers l’Afrique de nuit et de jour dès le mois de juin avec des
immatures et des nicheurs sans réussite après des rassemblements dans des sites
traditionnels – plus de 10.000 individus dans l’embouchure de l’Elbe, jusqu’à 98.000
aux Pays Bas.

* Guifette leucoptère

Visible dans les cortèges de Guifettes noires en mai, elle se reconnait à sa couleur
noire profond sur le dessus du corps au lieu de gris et rehaussé de blanc à la partie
antérieure des ailes et à la queue.

“Chlidonias leucopterus” du grec leukos = blanc et pteron = aile : ses couleurs
d’ailes, l’été.

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Guifette leucoptère

Elle est la plus orientale des trois mais au nombre d’environ 19.000 en Europe dont
un millier pour la Roumanie. Son régime alimentaire : invertébrés aquatiques,
poissons et amphibiens. Maturité sexuelle à deux ans. Les parades nuptiales ressemblent
à celles de la Guifette noire. Elle niche en petites colonies de 250 à 200 couples.
Tendance à l’expansion à l’Europe centrale.

Les oiseaux d’Europe hivernent au Sahel dans les savanes du Sénégal à l’Ethiopie, en
Afrique orientale et jusqu’au Cap.

Cris des guifettes

Skäggtärna
CD5 Tärnor - Seglare/oiseaux Disc 5

*GUIFETTE MOUSTAC : Cris en vol (avec quelques cris de Chevalier gambette)

Svarttärna
CD5 Tärnor - Seglare/oiseaux Disc 5

*GUIFETTE NOIRE : Cris en vol

Vitvingad tärna
CD5 Tärnor - Seglare/oiseaux Disc 5

*GUIFETTE LEUCOPTERE : Cris des adultes en vol au dessus de la colonie.

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(Extraits du " COFFRET ORNITHO SITTELLE "-
http://www.sittelle.com

Bibliographie :

"Les Palmipèdes d’Europe" de Paul Géroudet (Delachaux & Niestlé
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard Chauvet-Ed Belin

A.B.

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