Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)
Les Glaréoles
"Glaréole à collier” “Glaréole à ailes noires”
(Glareola pratincola) (Glareola nordmanni)
Qui croirait, à les voir dans la nature, que ce sont des limicoles ! Lorsqu’elles fendent les airs ce sont plutôt des hirondelles géantes aux longues ailes brunes et au croupion blanc, à la queue fourchue liserée de noir.
A d’autres moments, leur vol souple et leurs cris rappellent les sternes. A terre, elles courent sur leurs pattes fines et picorent à la manière des pluviers ; leur petit bec et leur bavette cernée de noir font même penser
à la Perdrix bartavelle.
Spécialisées dans la chasse aérienne, elles se plaisent à vagabonder dans l’espace, à se lancer dans de lointaines expéditions, à survoler les steppes immenses et les plaines désertiques dont elles aiment le climat sec et chaud.
Aquarelle de Paul Barruel
La plupart de leurs colonies, très disséminées dans les pays méridionaux,s’installent dans les deltas des grands fleuves. Ces oiseaux n’y recherchent pas l’eau, car ils ne sont pas du tout aquatiques, mais bien les vastes étendues d’alluvions arides, brûlées au soleil (steppes salées de Camargue – Marisma andalouses – lagunes d’Istria de la Dobroudja dans le delta du Danube ...)
Elles arrivent en avril/mai, les couples étant déjà formés. La colonie, pouvant compter des dizaines ou des centaines de couples affecte une densité très variable avec des nids tantôt assez espacés sur une vaste surface, tantôt distants de quelques mètres. Chacun est le centre d’un territoire de dix à cent mètres carrés défendus par les deux adultes.
La plus grande partie des proies sont capturées en volant, de préférence au dessus des troupeaux dont les mouvements dérangent les insectes (coléoptères, orthoptères, libellules, diptères, fourmis volantes Pas de recherche d’insectes à aiguillon. En Afrique, copieuses consommation hivernales de termites et de criquets.
Une particularité : contrairement à la règle qui prévaut chez les jeunes limicoles, les poussins se nourrissent seuls non immédiatement mais au bout de six jours. Les adultes vont donc s’en occuper et c’est au bout d’un mois qu’ils sont capables de voler. Cinquante à soixante couples nichent en Camargue.
En juillet, une à deux semaines après les premiers vols, les glaréoles adultes et les jeunes désertent le site de la colonie devenu trop sec et inhospitalier ; leurs bandes se réunissent en des secteurs près de l’eau ou s’en vont fort loin chercher de se réunissent en des secteurs près de l’eau ou s’en vont fort loin chercher de
meilleures conditions.
Glaréole à collier juvénile
A fin août, septembre, c’est la migration vers le sud : Afrique du nord, traversée du Sahara, établissement dans les steppes du Sahel où elles hivernent entre Sénégal et Tchad, voire en Ethiopie pour les oiseaux orientaux.
Ni par leur comportement, ni par leur alimentation, les deux glaréoles européennes ne semblent différentes et leur habitat paraît le même.Toutefois la hauteur des jambes un peu supérieure de la Glaréole à ailes noires permet à l’espèce de nicher dans une végétation herbacée souvent plus dense dans les steppes salées où elle s’installe
(Tarse : G. à collier : 30 à 34 mm – G. à ailes noires : 33,5 à 40,5 mm).
Nettement plus orientale, la Glaréole à ailes noires migre en automne par l’Iran, le nord de l’Arabie et l’Egypte puis à l’ouest du Nil et du Rift pour arriver en octobre au Transvaal (Afrique du sud).
Dans le delta du Danube, nous serons certains de trouver la Glaréole à collier où une importante colonie est pérenne dans la Dobrodja. La Glaréole à ailes noires est plus rare ; elle apparait en mai/ juin.
Imprégnez vous des caractéristiques qui permettent de les différencier car ce n’est pas facile sur le terrain. Celui (celle) qui proposera une photo de cette dernière aura droit ...à l’estime de tous.
(“L’Album ornitho” – Delachaux & Niestlé)
Les glaréoles font partie de la famille des Glaréolidés du latin glarea = gravier dont on supposait la présence sur leur site d’habitat.
Glareola pratincola :
Du latin prateus = les prés, l’herbe et colo = habiter, nom proposé par le naturaliste autrichien
Kramer au XVIIIème siècle qui en avait vu un autrichien En allemand c’est “l’hirondelle à ailes
rouges des friches”, l’italien la voit en “perdrix de mer”.
Collier : en raison de la bavette crème à bords noirs.
Glareola nordmanni :
En relation avec Alexander Van Norman naturaliste russe du XIXème siècle. Ailes noires : c’est
ce qui distingue cette espèce de la précédente ; ce critère a été retenu en anglais et en
allemand. L’italien précise son origine orientale et le néerlandais qu’elle niche dans les steppes.
Chants et cris
*GLAREOLE A COLLIER : Voix nasillarde, désagréable et perçante.Cri en vol selon un
bref et sonore kitt ou kittik un peu comme la Sterne naine.
Cri pentasyllabique (cinq) rythmé et excité au printemps à
la colonie.
Enregistrement : Chant en vol,alarme au dessus de la colonie,
et cris.
*GLAREOLE A AILES NOIRES : Plus grave que celle de Glaréole à collier, plus sèche
et plus rauque, souvent kettèk,ou ke-ti-tik ou keit.
(Extraits du " COFFRET ORNITHO SITTELLE "-
http://www.sittelle.com )
AB
Bibliographie :
“
"Les Limicoles" de Paul Géroudet (Delachaux & Niestlé)
“ Les oiseaux nicheurs d’Europe” de Paul Géroudet (Ed. Silva –Zurich)
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard Chauvet
A.B.
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