Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)
Les Buses
"Buse féroce” “Buse des steppes” “Buse variable”
(Buteo rufinus) (Buteo buteo vulpinus) (Buteo buteo)
“Buse pattue”
(Buteo lagopus)
Buses pattue (à G) et féroce(à D) --- Buse variable
Aquarelles de Paul Barruel, illustrateur des œuvres de Paul Géroudet.
Des buses sont sur tous les continents et même sur des îles qui en sont éloignées.
Il y a 90 espèces de Buteoninés dont 29 dans le genre buteo. L’Europe n’en a que
trois : Buse féroce, Buse pattue, Buse variable plus une sous espèce de cette
dernière buteo vulpinus, dite Buse des steppes ou Buse de Russie. Seule la Buse
variable nous est familière en France.
Le nom de buse vient du latin buteo = buse.Cet oiseau n’est pas avare de très
nombreuses manifestations vocales. Elle vole en cercles dans les courants
ascendants, patrouille ou reste à l’affût en quête de petits rongeurs, insectes,
lézards et lombrics capturés à terre.
Buse féroce
Buse féroce (Buteo rufinus)
Féroce signifie “sauvage”, venu de ferus = non approvoisée, sauvage. L’anglais
“long legged” insiste sur ses longues pattes déplumées, l’allemand la voit comme
une buse-aigle (Adlerbussard) ; l’espagnol “buzardo moro” indique sa provenance,
buse maure = d’Afrique du nord.
Elle est la plus grande des quatre : L = 50/58 cm – E = 130/155 cm ; elle niche à
l’ouest de la Mer noire, souvent sur une corniche (nous la verrons dans la Dobroudja
en Roumanie). Cet oiseau frappe par le blanc crème de la tête et de la queue, le roux
orangé du dessous du corps et du triangle des sous alaires, le blanc du reste des ailes
ou contrastent le noir des extrémités et la tache noire du poignet.
Elle pratique la chasse à l’affût, à partir d’un poste dominant (rocher, meule de paille,
poteau ...) sur campagnols, sousliks et autres rongeurs, taupes, hermines, jeunes lièvres,
serpents,batraciens et insectes.
Sa prédilection pour les climats secs et chauds, les collines et montagnes dénudées lui
permet de se substituer à la Buse variable dans les contrées arides où celle-ci plus
arboricole est désavantagée. Hiverne surtout au Moyen Orient et Afrique du nord.
Buse variable http://www.flickr.com/photos/113385579@N08/
Buse variable (Buteo buteo)
La Buse variable est le rapace le plus commun et le moins discret. Elle “piaule” ce
qui évoque un bruit aigu à rapprocher de piailler, pigner, c’est à dire geindre dans les
dialectes de l’ouest de la France.
Elle est “variable” pour indiquer la variabilité extrême de son plumage, du blanc au
sombre.
L’allemand Mäusebussard = Buse des souris et l’espagnol Ratonero comun = la
“souriceuse commune”, soulignent son régime alimentaire.
La Buse variable se présente le plus souvent comme un oiseau au vol lourd, coupé de
brefs planés, morne et apathique qui attend avec patience l’apparition de quelques
rongeurs bons à prendre. Par les jours ensoleillés, l’appel de l’air l’élève vers le ciel :
légère, elle décrit des orbes jusque très haut, pareille à un petit aigle et ses miaulements
espacés résonnent comme des cris de joie. En vol, c’est un planeur excellent,
majestueux même.
Cette espèce se présente sous des livrées d’une variété déconcertante qui vont de
l’oiseau presque blanc à celui d’un brun noir quasi uniforme. La chasse d’attente
perchée sur un poteau ou quelques éminences du sol n’est pas une généralité. Parfois,
elle survole le terrain en quête de proies et glane volontiers des bestioles en marchant
dans les près et champs.
Les analyses et observations prouvent, en effet, que l’écrasante majorité des proies
sont prises à terre et que la loi du moindre effort oriente l’oiseau vers les plus
abondantes, ce qui ne l’empêche pas d’être fort éclectique : le campagnol des champs
est le plus fréquent, mais aussi mulots, taupes, musaraignes, jeunes lièvres / lapins,
hérissons, grenouilles, couleuvres, lézards, limaces sans oublier nombre d’insectes tels
hannetons, grillons, sauterelles ...
Les oiseaux sont des proies rares, sa lourdeur relative restreint sa consommation à
ceux qu’elle surprend au sol comme alouettes, perdreaux, faisandeaux. La capture de
poulets ou poules adultes près des fermes et très limitée mais possible en hiver. La
buse chasse rarement en forêt sinon dans les coupes de bois et les clairières, les
terrains découverts lui sont indispensables.
L’activité de nidification commence en février ou mars et dure environ un mois. La
femelle, après la ponte restera au nid au moins cinq semaines ravitaillée par le mâle.
Les jeunes quitteront le nid vers 46 jours. Fin juin / juillet, la sortie du nid sera encore
suivie de deux mois de présence sans trop s’écarter du territoire de nidification.
Dans toute l’Europe moyenne et surtout dans le sud, les adultes tentent à rester
sédentaires. Beaucoup d’oiseaux effectuent par ailleurs des migrations d’une ampleur
inégale, le phénomène étant influencé par la météorologie comme pour tous les
rapaces planeurs.
La migration s’amorce en août mais n’est vraiment active qu’à mi septembre et en
octobre, le retour s’effectuant en février / mars.
Buse des steppes
Buse des steppes (Buteo buteo vulpinus)
Allusion à la couleur rousse de cette sous espèce (vulpinus = de renard) on la nomme
aussi Buse de Russie, son territoire s’étendant de la Scandinavie à l’Ukraine. Ce
vocable est plus approprié que Buse des steppes car elle habite la forêt claire ou
coupée de clairières, en évitant la steppe autant que les massifs boisés compactes.
Cette buse a un comportement plus nerveux que celui de la buse variable, plus hardi
aussi puisqu’elle n’hésiterait pas au cours des migrations ou en hiver à attaquer des
volailles domestiques.
La reproduction est plus tardive conséquence de la distribution nordique et du
développement de la migration. Celle-ci débute vers septembre avec celle des autres
buses et décline en octobre. Le retour est plus tardif en mars, avril, mai. Les
immatures ont tendance à demeurer dans le secteur hivernal pendant la première
année, si l’on en juge d’après des reprises estivales ; ils ne nicheront donc qu’à
la fin de leur deuxième année.
Buse pattue
Buse pattue (Buteo lagopus)
Lagopus du grec lagos = lièvre et pous = pied – ce qui veut dire “pattes de lièvre”
c’est à dire pattes velues. Le vieux française “pattu” exprime l’idée de grosses pattes
ou des pattes velues. En anglais et en allemand c’est la buse à pattes rugueuses
(emplumées) ; en italien et en espagnol c’est la buse chaussée (de plumes).
Les allures différent peu de la Buse variable, elle chasse aussi à l’affût mais préfère
se poser au sol. Ses proies sont de petits rongeurs surtout des campagnols en toutes
saisons. Périodiquement les lemmings lui fournissent en été un appoint appréciable ;
elle peut se rabattre sur quelques espèces d’oiseaux, en particulier les lagopèdes
et leurs poussins.
Plus portée à chasser dans les vastes espaces dégagés que dans les lieux boisés, la
Buse pattue séjourne à la mauvaise saison dans les grandes plaines cultivées les
steppes et les landes. Commencée en avril sur un paysage encore très hivernal,
la nidification s’achève en août avec l’envol de la nichée.
La migration débute en septembre et les oiseaux visibles dans le delta du Danube
viennent de Scandinavie où l’hivernage est très rare.
* BUSE FEROCE : Cris d’un couple en vol et d’un isolé.
* BUSE VARIABLE : Parades en vol d’un couple sous la pluie et cris divers.
* BUSE PATTUE : Cris en vol autour de l’aire. Cris de mâles
(Extraits du "Coffret ornitho Sittelle" http://www.sittelle.com)
Bibliographie :
"Les Rapaces d’Europe" de Paul Géroudet (Delachaux & Niestlé
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard Chauvet









