Avifaune de FRANCE par André Boussard (+ dix espèces Europe)

Butor étoilé & Blongios nain

"Butor étoilé” “Blongios nain”
(Botaurus stellaris) (Ixobrycus minutus)

Butor étoilé Blongios nain

(Aquarelles de Paul Barruel – Illustrateur des œuvres de Paul Géroudet)

(Guide ornitho –Delachaux & Niestlé)

BUTOR ETOILE (Botaurus stellaris)

Le mot “butor” (XIIème siècle) vient du latin “bos” (bœuf) et de taurus (taureau) ainsi que du verbe “butio” = crier “bou” comme le butor.

Certains auteurs préfèrent penser que butor s’est formé par l’évolution de buti-taurus composé de buteo = la buse et taurus. En espagnol, on le nomme “avetoro” formé de ave = oiseau et toro = taureau. En italien, c’est “taurabuso”. Dans tous les cas, le nom de cet oiseau est bien en rapport avec son cri qui ressemble au mugissement du taureau.

“Stellaris” et étoilé se rapportent à ses taches et rayures blanches.

Paul Géroudet écrit : “Ce soir de printemps, aucun souffle de vent ne caresse ou ne rudoie la Camargue, immobiles les tamaris, immobiles les légers plumets au bout des cannes sêches des roseaux Le marais palpite de toutes ces vies, stimulées par le calme vespéral de ces marécages où s’exhalent aussi de mystérieux mugissements, tantôt voilés et lointains, tantôt plus proches, qui ponctuent le concert primitif d’une basse sourde, obsédante par ses répétitions espacées.

Intrigué, le profane les attribue à un taureau nostalgique ou aux appels d’une trompe, quand il n’imagine pas une bête inquiétante. L’initié, lui, sait qu’ils n’ont rien de surnaturels : c’est le “bœuf des marais”, le mâle du Grand butor qui signale sa présence dans les roselières.”

Comme tant d’habitants du marais, il reste invisible. S’il est en alerte, le Butor tient bec et cou dressés vers le ciel ; il semble un piquet usé ou un faisceau de vieux roseaux secs.

Ses activités peuvent être diurnes, crépusculaires ou peut-être nocturnes car sa vie secrète échappe à l’observation sous le couvert des roselières. Ce n’est guère qu’au printemps que l’on peut espérer le voir en vol pendant la journée quand il passe d’un massif de roseaux à l’autre. Le mugissement sourd du mâle s’entend de mi-février à début juin sur les lieux de nidification, parfois en juillet et par exception en automne.
Il aurait donc une fonction territoriale. Le butor tend le cou en avant, aspire de l’air pour gonfler son œsophage, puis exhale le coup de trompe, répété plusieurs fois en série qui peut s’entendre jusqu’à 5 kilomètres par temps favorable.

Pêchant à l’affût sur le bord des marais, il n’est pas un prédateur dangereux pour la pisciculture, ses proies étant des espèces de valeur médiocre, des syprinidés surtout (tanche, carassins ...) mais aussi des anguilles, des grenouilles et tritons, vers, sangsues, insectes, à l’occasion des couleuvres ou lézards.

L’occupation du site de nidification, signalée par le son de trompe, commence à fin février. Il semble que le mâle par ses mugissements attirent plusieurs femelles dans son territoire. Polygame donc, il choisirait l’emplacement du nid, commencerait la plateforme que la femelle achèverait de construire. Il arrive ainsi que deux à cinq nids soient proches les uns des autres, signe de polygamie plutôt que de colonie.

Le plumage des jeunes est semblable à celui des adultes au bout de huit semaines et sont aptes au vol vers la mi juillet. C’est en effet vers juillet que les jeunes butors s’éparpillent parfois jusqu’à plus de cent kilomètres de leur lieu de naissance. La migration est cependant partielle, la majorité des adultes tendant à passer l’hiver dans la région où ils sont cantonnés.

BLONGIOS NAIN (Ixobrychus minutus)

Est aussi appelé “butor blongios”. Le grec “brucho” = mugir, rugir en explique l’origine en référence aux manifestations vocales du mâle. “blongios” pourrait venir d’une vieux terme de chasse : blong = blond qui s’appliquerait assez bien à la couleur blanc-jaunâtre du mâle.

Minutus = petit en latin. L’italien le nomme tarabusino = petit butor. Nain parmi les hérons, expert en mimétisme et acrobaties furtives au sein des roselières le blongios s’identifie si parfaitement à son habitat végétal que sa présence échappe le plus souvent à l’observateur. Au premier coup d’œil, sa taille le distingue : à peu près celle d’un geai ou d’une tourterelle.

(Guide ornitho –Delachaux & Niestlé)

En principe, le Blongios nain le sort pas volontiers de la phragmitaie. Adapté à vivre dans
ce fouillis de tiges verticales, minces et lisses, il doit à sa légèreté, à l’étroitesse de son
corps, à la souplesse de ses doigts de pouvoir s’y déplacer avec aisance et sans bruit.
Ses activités sont essentiellement diurnes et surtout crépusculaires.

La présence de cet oiseau est révélée par le chant du mâle du milieu de mai à fin juin/
début juillet. Pêcheur à l’affût, il n’atteint guère que des proies de surface, petits poissons,
insectes aquatiques, larves, batraciens, têtards, sangsues ou autres vers, divers mollusques
avec ou sans coquilles. Le pillage des nids des rousseroles n’est pas rare dont il engloutit
œufs et poussins.

Blongios nain femelle

La ponte de cinq à six œufs s’effectue en mai, couvés par la femelle, relevée à
intervalles irréguliers par le mâle. Ce changement donne lieu à une cérémonie très
singulière : dès qu’il perçoit l’approche du partenaire, l’oiseau qui couve relève la
tête et ouvre largement le bec, dont la base rougit aussitôt. Reçu de façon menaçante,
l’arrivant répond de même bec ouvert et huppe dressée. Quelques caquètements
enroués peuvent être émis, puis l’agressivité instinctive tombe et tous deux se fouillent,
se caressent mutuellement le plumage avec le bec.

Blongios nain mâle

A près moins de trois semaines, les œufs éclosent ; les jeunes picorant des aliments
dégorgés dans le nid sont des nidifuges bien plus précoces que les autres hérons des
autres espèces. A cinq / six jours, ils sont capables de s’agripper aux tiges alentours,
à un mois de voler.

La migration des jeunes commence en juillet, le départ principal étant en août. C’est
en groupe de huit à dix sujets, qu’ils vont rejoindre les marais d’Afrique tropicale et
méridionale entre le Sahara et le Cap. Le retour va se faire de mars à mai.

Des diminutions d’effectifs sont signalés ici ou là ;les aléas de la migration, les massifs
de roseaux qui disparaissent – il sont essentiels à la vie du Blongios – en seraient la
cause.

Chants et cris

Rördrom
CD1 Lommar - Rostand/Fåglarnas Sång Och Läten

* BUTOR ETOILE : Chants d’un mâle (avec grenouilles vertes)

Dvärgrördrom
CD1 Lommar - Rostand/Fåglarnas Sång Och Läten

* BLONGIOS NAIN : Chants d’un mâle, cris près du nid et cris en vol

Bibliographie :

"Grands échassiers-Gallinacés-Râles d’Europe" de Paul Géroudet
(Delachaux & Niestlé)
"L’étymologie des noms d’oiseaux" de Pierre Cabard et Bernard
(Editions Chauvet)