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Connaissance des oiseaux

Découverte des espèces par Marc Solari (3)

(Série 3)

BECASSEAU MINUTE

(Calidris minuta)

Un des plus petits bécasseaux (à peine plus grand qu’un moineau) , on le voit souvent courir le long du

rivage à le recherche de nourriture. On le reconnait à son bec court , le dessous très clair et son V blanc

sur le dos, il a les pattes noires.

Il se nourrit d’insectes et leurs larves (moustiques) , de vers, de petits gastéropodes et crustacés qu’il trouve

à vue ou en fouillant la vase ou l’eau peu profonde. Il niche très au nord dans la toundra arctique y compris

en altitude, on le trouve du nord de la Scandinavie jusqu’en Sibérie.

Le nid est une cuvette creusée dans le sol et garni d’herbes sèches. La couvaison est assurée par les deux

parents, mais le mâle s’occupe seul de l’élevage des jeunes , il arrive qu’il pratique la polygamie.

Grand migrateur il quitte les régions arctique vers fin juillet pour hiverner en Afrique ou en Asie du sud

suivant la région où il a niché, le retour a lieu en mai/juin.

Au passage il fréquente les lacs , bords de fleuves et marais d’eau douce, comme les bords de mer pourvu

qu’il y ait des vasières où il peut se nourrir.

En période de migration et en hivernage ils se réunissent en groupes plus ou moins importants souvent en

mélange avec d’autres espèces de limicoles.

La population mondiale bien qu’en déclin n’est pas considérée comme menacée pour le moment.

BECASSEAU de TEMMINCK

(Calidris temmenckii)

Un tout petit bécasseau à peine plus grand qu’un moineau très discret et de couleur terne.

Il ressemble à un chevalier guignette modèle réduit. Il n’a pas de signe distinctif évident le plumage est

gris un peu écailleux plus brun en été. Les cotés de la queue sont blancs et il a une barre alaire blanche

bien visible au vol. Le bec est court un peu arqué et noir.

Beaucoup plus calme que les autres bécasseaux, il peut passer de longs moments immobile. Peu commun

en France où il ne fait que passer. Contrairement aux autres bécasseaux il fréquente plutôt les eaux douces

de l’intérieur, marais, bords de fleuves ou de lacs.

On le rencontre souvent seul ou en petits groupes, il ne forme pas de grandes troupes et se mêle peu aux

autres espèces. Il niche très au nord dans la toundra et la taïga arctique toujours près de l’eau, de la

Scandinavie à la Sibérie.

Le nid est construit au sol dans un touffe d’herbe ou dans un petit arbre, les jeunes sont pris en charge par

le mâle quelques jours après l’éclosion et la femelle entreprend aussitôt une autre ponte.

Il se nourrit de vers, insectes et mollusques qu’il cherche en fouillant la vase et l’eau peu profonde.

Il arrive sur les lieux de reproduction en avril/mai et repart déjà en juillet/aout. Il hiverne au sud du Sahara

ou en Asie du sud suivant l’endroit ou il a niché.

Adulte au printemps

En automne

En groupe, en compagnie de deux Grands gravelots (Cela donne une idée de leur taille)

Groupe en vol.

BECASSEAU VARIABLE

(Calidris alpina)

Le plus commun des bécasseaux, il a une très grande aire de répartition et on compte plusieurs sous espèces.

Il niche dans toute la partie circumpolaire de l’Eurasie ainsi qu’en Amérique du nord.

Il se reproduit dans la toundra arctique, le nid est une petite dépression creusée dans le sol garnie d’herbes et de

feuilles. La couvaison qui est effectuée par les 2 parents a lieu d’avril à juin suivant la latitude.

Il se nourrit de vers, insectes et leurs larves de gastéropodes et d’un peu de végétaux.

Migrateur il passe l’hiver loin au sud depuis les cotes de la mer du nord jusqu’en Afrique tropicale pour les

oiseaux nichant en Europe du nord, les oiseaux de Russie et d’Alaska hivernent en Asie du sud .

Les premiers individus de passage apparaissent en France dès le moi Aout. En dehors de la période de

reproduction l’espèce est très grégaire et ils se rassemblent en grandes troupes.

En migration, le gros du passage se fait le long des cotes, mais il fréquente aussi les marais d’eau douce,

bords de lacs ou de fleuves pourvu qu’il y ait des vasières où il peut s’alimenter.

L’espèce n’est pas considérée comme menacée, bien que certaines populations soient en déclin suite aux

pertes de biotopes dues à l’activité humaine.

Plumage d’hiver tel qu’on l’observe en France

Certains individus présentent des traces de plumage nuptial, notamment le ventre noir.

Il lui arrive de nager sur de courtes distan

Il se nourrit en marchant rapidement dans l’eau peu profonde ou sur la vase des bords.

Quand ils sont en groupe, comme d’autres espèces grégaires, ils font mouvement tous en même temps.

CHOUCAS des TOURS

(Corvus monedula)

Le plus petit des corvidés, facile à reconnaitre à sa petite taille et à sa nuque gris argentée.

Ils font tout en groupe, ils nichent en colonies, se nourrissent en groupe et se regroupent en dortoir

pour dormir souvent en compagnie d’autres corvidés.

Il fait son nid sur des bâtiments élevés, bâtiments historiques châteaux ou églises mais aussi

bâtiments industriels et constructions métalliques diverses plus rarement en falaise (son milieu

d’origine) ou dans des arbres creux à condition qu’il y ait des emplacements pour plusieurs couples

peu éloignés les uns des autres.

Il a un régime alimentaire très varié, mais il est plus granivore et frugivore que les autres corvidés,

il consomme fruits, baies, insectes divers et variés, vers de terre, mollusques et il ne dédaigne pas

les charognes à l’occasion. En dehors de la période des nids il est surtout granivore, frugivore.

En ville il consomme aussi des détritus et les restes alimentaires divers que nos contemporains

sèment généreusement un peu partout.

La population française est surtout sédentaire, les oiseaux du nord de l’Europe migrent vers le sud

en automne. On le trouve en plaine, il ne monte pas en altitude.

La population française est estimée à 150 000 / 300 000 couples nicheurs, en hiver on arrive à un

million d’individus avec l’apport les hivernants venus du nord.

L’espèce est en régression avec la diminution des sites de nidifications (engrillagements) et la

diminution des ressources alimentaires à cause de l’agriculture intensive.

Adulte

Groupe en vol

Migrateur au passage d’un col

CORBEAU FREUX

(Corvus frugilegus).

Une espèce de corvidé sociale, ils font tout en groupe, ils se nourrissent en bande, nichent en colonies

et se regroupent en dortoir pour passer la nuit. Il est présent de l’Europe de l’ouest jusqu’en Asie

orientale.En France surtout présent au nord et à l’est du pays.

Migrateur partiel, en hiver les oiseaux locaux sont rejoint par des oiseaux du nord et des pays de l’est

de novembre à mars.

Les adultes ont la base du bec qui blanchit avec l’age ce qui les rend facile à distinguer des corneilles

qui ont quasiment la même taille mais par contre ne sont jamais en grand groupe.

Il arrive que divers corvidés se mélangent sur les sites de nourrissage ou au dortoir, le groupe apportant

plus de sécurité à chaque individu.

Le freux comme tous les corvidés est omnivore : tout lui est bon insectes, graines, fruits tombés, vers

de terre, larves de coléoptères, mollusques, rongeurs divers et même charognes à l’occasion.

Il est utile à l’ agriculture en consommant de très nombreux petits rongeurs et larves qui s’attaquent

aux cultures.

Les nids sont construits haut dans la cime des arbres en général sur des feuillus de grande hauteur

rarement sur des résineux.

Là où il pose problème c’est lorsqu’il s’installe en ville, les colonies sont bruyantes et les déjections

salissantes ce qui est peu apprécié des riverains.

On ne le trouve qu’en plaine, il évite la montagne et les grands massifs forestiers.

La population française est estimée à 150 000 /300 000 couples nicheurs et 1 million d’hivernants.

L’espèce est en déclin aussi bien comme nicheuse que comme hivernante, les nombreuses

destructions de colonies y sont pour beaucoup.

Adulte

.Groupe au gagnage

En vol

Colonie

En vol, vers le dortoir, en soirée

Corneille noire

(Corvus corone)

Une espèce bien connue quoi que parfois confondue avec d’autres corvidés.

Beaucoup plus solitaire que les 2 espèces précédentes , les couples nichent isolément, en général dans

un arbre à grande hauteur et sur les pylônes à haute tension dans les campagnes sans arbres.

Par contre au nourrissage il arrive que l’on rencontre de petits groupes mais jamais de grandes troupes

comme les freux.

Omnivore elle se nourrit d’un peu de tout au gré des opportunités : insectes, vers, fruits, graines,

charognes, petits rongeurs et il lui arrive de piller les nids pour consommer œufs ou oisillons.

Les dépôts d’ordures sont pour elle une très bonne source de nourriture.

Elles ont une préférence pour le bocage, mais elles arrivent à s’adapter à toutes sortes de milieux y

compris à la ville, par contre elles évitent les grands massifs forestiers.

Comme les pies elles garnissent parfois leur nid avec des objets brillants ou colorés.

Courageuses voir effrontées elles ont pour habitude de houspiller bruyamment les rapaces ou les

prédateurs terrestres dès qu’elles les ont repérés, elles sont particulièrement agressives aux alentours

du nid.

En France elles sont sédentaires, les populations du nord et de l’est sont migratrices et viennent

hiverner plus au sud, en France on estime la population de 800 000 à 1 million de couples nicheurs

et 2 millions d’oiseaux hivernants avec l’apport des oiseaux du nord.

La population est relativement stable ces dernières années suite à la diminution des persécutions dont

elle faisait l’objet (tirs, piégeage et empoisonnement).

GEAI des CHÊNES

(Garrulus glandarius)

Le plus beau des corvidés .

Présent dans toute l’Europe, il vit en général dans ou à proximité des forêt de feuillus ou il trouve

sa nourriture et des arbres pour y faire son nid .

Il se nourrit de divers fruits forestiers (glands, noisettes, faines et baies) complété par des insectes

et leurs larves à la belle saison.

En automne il fait des réserves de glands et de noisettes qu’il enterre à divers endroits de la forêt.

Il est capable de les retrouver des mois plus tard même sous la neige.

Comme il ne retrouve ou n’a pas besoin de toutes ses réserves, il contribue à faire pousser des arbres

puisque les graines oubliées finissent par germer.

Ainsi il fait progresser la forêt et assure la subsistance de l’espèce pour bien des années plus tard.

Très vigilant on l’appelle la sentinelle de la forêt car il donne l’alerte avec ses cris rauques dès qu’il

aperçoit un prédateur ou un danger quelconque.

Les autres animaux connaissent ses cris et savent les interpréter, l’alerte étant différente s’il s’agit

d’un prédateur à 2 ou à 4 pattes ou d’un rapace.

Le nid est construit très haut dans une fourche de branche, les jeunes sont nourrit par les 2 parents,

d’abord avec des insectes puis avec des graines prédigérées.

Les années ou les chênes produisent peu de glands (comme 2018 ou 2021) il entame des migrations

vers des zones mieux pourvues, on peut alors observer des groupes de geais en route vers l’ouest et

le sud.

Transport de matériel pour le nid

C’est en vol que l’on apprécie le mieux ses belles couleurs

GRAND CORBEAU

(Corvus corax)

Comme son nom l’indique le plus grand des corvidés et le plus grand passereau du monde.

Facile à reconnaitre à sa grande taille, sa queue cunéiforme (en forme de coin) bien visible en vol et

à sa voix grave et puissante caractéristique et à son vocabulaire assez varié.

Dans certaines régions on l’appelle le Grand Cro. en référence à son cri.

Longtemps persécuté, en France il avait disparu de la plaine et ne se trouvait plus qu’en montagne et

sur les falaises de bord de mer. Il refait lentement ses effectifs depuis qu’il est classé espèce protégée

et l’arrêt du massacre systématique dont il faisait l’objet comme tous les corvidés. Il est resté très

farouche .

Il niche en falaise par couple isolé, mais aussi depuis quelques années sur des arbres , des ruines ou

des bâtiments hauts pourvu que l’endroit soit calme.

Les couples adultes sont territoriaux et tout intrus est chassé du territoire. Par contre les immatures et

les oiseaux non nicheurs se réunissent en groupe pour se nourrir et dormir rejoint après la reproduction

par les familles.

Comme tous les corvidés il est omnivore et tout lui est bon : fruits, graines, gros insectes et leurs larves

petits rongeurs batraciens , reptiles, il est très porté sur les charognes diverses qu’il trouve au bord des

routes ou sur les restes des grands carnassiers là où ils existent.

Il lui arrive de piller les colonies de mouettes ou de hérons.

Il se nourrit en général en milieu ouvert et peut parcourir plusieurs kms pour se ravitailler.

Ce sont des voiliers extraordinaires et ils aiment s’adonner à des acrobaties aériennes spectaculaires

notamment par grand vent.

L’espèce est présente dans toute l’Eurasie ainsi qu’en Amérique du nord et centrale et au Maghreb,

sédentaire il ne s’éloigne que peu de son territoire habituel.

En France on estime la population de 10 000 à 15 000 couples une des rares espèces en expansion.

Adulte

Couple

Immature

GRAND GRAVELOT

(Charadrius hiaticula)

On le reconnait à sa taille un peu plus grande que celle du Petit gravelot, à son masque différent , à son bec

jaune à pointe noire chez l’adulte et ses pattes jaunes oranges vif (quand elles ne sont pas couvertes de boue.)

En vol, il présente une barre alaire blanche bien visible.

Il niche sur tout le pourtour de l’arctique et de la mer du nord, quelques rares couples nichent à l’intérieur des

terres en Allemagne du nord et dans les pays de l’est.

Le nid est installé sur les plages de sable et de galets à la limite de la haute mer, ou au bord des lacs de la

toundra. Les œufs sont couvés par les deux parents à tour de rôle.

Il se nourrit de petits crustacés, vers , mollusques et insectes divers qu’il capture en fouillant la vase ou en

courant sur la plage.

Migrateur , il passe l’hiver sur les cotes méditerranéennes et jusqu’en Afrique tropicale.

Quelques oiseaux hivernent aussi sur la cote Atlantique au sud ouest de la France.

Au passage il fréquente divers types de vasières en bord de mer ou des plans d’eau douce et des fleuves, il est

rare à l’intérieur des terres.

Le gros du passage se fait le long des cotes maritimes où l’on peut observer de grands groupes généralement

mêlés à d’autres espèces de limicoles.

Adulte en plumage nuptial

Immature au passage d’automne

Immature en automne

GRAVELOT A COLLIER INTERROMPU

(Charadrius alexandrius)

On le reconnait à son masque différent des deux autres espèces de gravelot, le collier noir est remplacé par

deux taches sur les cotés du cou et le mâle a une calotte rousse.

Espèce plus inféodée aux bords de mer que les deux autres, il est tout a fait exceptionnel à l’intérieur des terres.

Il niche à même le sol en bord de mer au delà de la limite des marées, ou sur le haut des dunes, parfois dans

les cultures proches des cotes, la couvaison est assurée par les deux parents.

Le biotope de nidification ne va pas sans poser de problèmes sur les zones à forte fréquentation touristique,

avec des risques d’abandon des nids, voir que les œufs soient piétinés par le passage des promeneurs.

Il se nourrit de vers, insectes mollusques et petits crustacés, qu’il recherche activement en parcourant plages et

vasières de bord de mer en tous sens.

On le trouve sur les cotes d’Europe jusqu’en Scandinavie et sur le pourtour de la méditerrané jusqu’à la mer

noire. Migrateur il passe l’hiver en Afrique mais de plus en plus d’oiseaux deviennent sédentaires avec le

radoucissement du climat.

Nicheur rare en France on estime la population à environ 1500 couples.

Après la période de reproduction à partir de juillet les oiseaux se regroupent en grandes troupes.

L’espèce est en déclin dans toute l’Europe suite aux aménagements côtiers.

Adulte mâle en plumage nuptial

Il se nourrit sur les plages quand la mer se retire.

Femelle adulte

GUÊPIER d’EUROPE

(Merops apiaster)

L’oiseau le plus coloré de l’avifaune française.

A l ’origine cantonné au sud de la France, il progresse régulièrement vers le nord avec le réchauffement climatique.(Il niche en Alsace).

Il niche en colonies dans les berges de fleuves en terre meuble, les parois de carrières, ou tout

simplement dans des buttes de terre où il peut creuser le terrier au fond duquel il fera son nid ; le tunnel

de nidification peut atteindre 2 m de long.

Grand migrateur il passe l’hiver en Afrique, il quitte les régions du nord en aout/septembre et revient

en avril pour nicher.

Il se nourrit de divers gros insectes capturés au vol.

En automne ils se rassemblent en grandes troupes bruyantes pour migrer.

Espèce menacée par la destruction de son habitat et l’usage massif de pesticides qui détruit les insectes

dont il se nourrit.

Adulte

HIRONDELLE de FENÊTRE

(Delichon urbica)

Tout en noir et blanc elle est facile à reconnaitre.

Migratrice elle arrive chez nous en mars/avril et repart en septembre/octobre vers l’Afrique pour y passer l’hiver. Ces dernières années avec nos hivers plus doux quelques individus ont réussit à passer l’hiver en Bretagne et dans le midi de la France.

Elle se nourrit exclusivement d’insectes qu’elle capture au vol. Elle fait en général deux nichées par saison parfois une troisième si le temps est beau et la nourriture abondante.

Après la reproduction elles se rassemblent en grandes troupes pour se préparer au départ en migration. Pendant la la période de migration elles dorment ensemble en dortoir en général dans une roselière à défaut dans des arbres ou un champ de maïs.

L’espèce a abandonné son biotope d’origine, les falaises rocheuses, pour s’installer sur les habitations ou les constructions humaines. Elle construit un nid fait de boue et de végétaux collés contre le support. Avec la bétonisation de plus en plus grande, elle a souvent du mal à trouver de la boue pour construire son nid.

Pour l’aider différentes associations mettent en place des nids artificiels qui ont l’avantage d’être plus solides que les nids naturels.

(Pour les personnes intéressées on peut trouver ces nids dans le commerce et il existe des tutoriels pour les faire soi même).

Cela ne va pas toujours sans conflit avec les propriétaires à cause des salissures sur les façades.

Pour y remédier on met en place à divers endroits des hôtels à hirondelles garnis de nids artificiels qui sont bien acceptés par l’espèce, ou on installe des nids artificiels sous les ponts et autres édifices loin des habitations.

Pour rappel l’espèce est protégée et il est interdit de détruire ses nids , il suffit de mettre une planchette sous les nids pour recueillir les fientes et protéger la façade.

Chasse aux insectes

Elles chassent souvent au dessus de l’eau

Pour se rafraichir, elles n’hésitent pas à se jeter à l’eau pour une trempette express.

L’intérieur du nid est garni de foin et de petites plumes

Nourrissage d’un jeune au nid

Un spectacle devenu rare de nos jours, les hirondelles sur les fils comme des notes de musique

Prise de minéraux (Calcium - sodium) sur le crépi de la façade d’une maison ancienne. Les crépis modernes ne sont pas consommables.

HIRONDELLE DE RIVAGE

(Riparia riparia)

On la trouve dans toute l’Europe, les plus grandes populations se trouvent dans les pays de l’est et en

Espagne, en France elle occupe les 2/3 nord du pays.

Une espèce un peu particulière, puisqu’elle creuse un tunnel qui peut atteindre 1 m de long pour y faire

son nid.

Le nid est au bout du tunnel dans une chambre circulaire garnie d’herbes sèches et de plumes.

Du fait de sa manière de nicher, on la trouve le long des cours d’eau avec des berges hautes en terre,

dans les carrières de sable ou près de falaises à granulométrie fine, là où elles peuvent creuser leurs

galeries dans la terre meuble ou le sable.

Un même tunnel peut servir plusieurs années de suite s’il n’est pas détruit par les intempéries.

Elles nichent en colonies qui peuvent être très importantes (plusieurs centaines de couples) si le terrain

s’y prête.

Du fait de l’instabilité des milieux où elles nichent, les colonies peuvent se déplacer d’une année à l’autre

en fonction de l’état des falaises où des berges, avec de grandes fluctuations de population d’une année

à l’autre..Migratrices elles arrivent chez nous en avril et repartent en septembre pour l’Afrique où elles

passeront l’hiver.

Elles ressemblent à l’hirondelle de fenêtre mais elles sont entièrement brunes avec le dessous blanc et

une bande pectorale brune.

Comme les autres hirondelles elle sont strictement insectivores et se nourrissent d’insectes capturés au

vol.

HIRONDELLE des ROCHERS

(Ptyonoprogne rupestris).

Elle ressemble à l’Hirondelle de fenêtre mais elle a le dessus brun au lieu de noir avec une queue courte

et carrée.

Elle a un aspect court et trapu et un plumage épais.

Comme son nom l’indique elle niche en petites colonies dans les falaises rocheuses des zones

montagneuses ou côtières, mais depuis quelques années elle a tendance, comme l’Hirondelle de fenêtre

bien avant elle, à coloniser des constructions humaines.

Bâtiments ou ouvrages d’arts (ponts etc ...) qui lui fournissent de bons supports pour les nids.

Les nids sont de même type que ceux de l’hirondelle de fenêtre fait de boue et de paille en forme de

demi coupe et collés au support ou posés sur un rebord à l’abri de la pluie et du vent.

Espèce méridionale en expansion vers le nord elle a commencé à coloniser les Vosges depuis une

dizaine d’années.

Migratrice elle arrive chez nous en mars /avril et repart en septembre vers le sud et des zones de basses

altitudes , la seule espèce d’hirondelle à hiverner régulièrement en Europe sur le pourtour méditerranéen.

Comme les autres hirondelles, elle se nourrit d’insectes capturés au vol.

HIRONDELLE RUSTIQUE

(Hirundo rustica)

Cette gracieuse espèce se reconnait à sa queue fourchue et à la tache rouille sous la gorge.

Tout le monde a vu ou entendu parler de l’hirondelle, messagère du printemps et considérée

comme porte bonheur à beaucoup d’endroits.

L’hirondelle rustique que l’on appelait autre fois hirondelle de cheminée car il lui arrivait de

rentrer et de nicher dans les cheminées ouvertes , niche à l’intérieur des bâtiments surtout

bâtiments agricoles, écuries étables ou granges.

Jamais loin du bétail qui attire les insectes dont elle se nourrit.

Le nid est une coupe ouverte posée sur une poutre ou accroché à un support. Il est constituée

d’un mélange de boue et de paille soigneusement entrelacés et humidifiée avec de la salive.

Elle se nourrit d ’insectes divers capturés en vol.

C’est une grande migratrice qui arrive chez nous en fin mars /avril et repart en aout/septembre

après l’envol de la 2eme nichée, pour l’Afrique tropicale où elle passera l’hiver.

La couvaison des 5 à 6 œufs dure de13 à 16 jours et les jeunes quittent le nid à l’age de 21 jours.

Ils seront encore nourrit par le père pendant une quinzaine de jours, pendant que la femelle

couve la seconde ponte.

Il arrive que les jeunes de la première nichée prennent une part active à l’élevage de leurs frères

et sœurs de la nichée suivante.

Les années où la fin d’été est chaude et la nourriture abondante, il peut y avoir une 3 ème nichée

mais les chances de survie de ces jeunes tardifs sont assez faibles.

Après la nidification et en période de migration les oiseaux se rassemblent en grandes troupes

qui chassent ensemble sur les zones favorables et passent la nuit en dortoir collectif au cœur

d’une roselière, plus rarement sur des arbres ou dans un champ de maïs parfois en mélange avec

des étourneaux.

Comme tous les oiseaux insectivores l’espèce est en net déclin.

Ces oiseaux rencontrent aujourd’hui beaucoup de difficultés à trouver un logement, les étables

modernes nettoyées et aseptisées ne tolérant guère leur présence.

A cela s’ajoute la forte diminution des insectes volants qui constituent la base de leur nourriture.

Adulte

Elles chassent souvent au dessus de l’eau

Nourrissage de jeunes au nid

Nourrissage d’un jeune volant

Exceptionnel. Un jeune en mutation cinnamon brun très pâle avec les yeux rouges.

Il est né au milieu de cinq .Tous les autres étaient de couleur normale, les parents l’avaient accepté et nourri sans problème malgré sa couleur surprenante.

Le jeune mutant nourri par l’un des parents juste après l’envol du nid.

HUPPE FASCIEE

(Upupa epops)

Un oiseau inconfondable avec sa grande huppe, son bec arqué, son vol papillonnant et ses ailes

rayées noir et blanc.

Migratrice elle arrive chez nous en mars/avril et repart en aout vers le sud de l’Espagne ou l’Afrique

pour y passer l’hiver.

Elle recherche les milieux ouverts avec des zones d’herbe rase ou de sol nu , pâturages , vignobles,

dunes etc ... Elle se nourrit au sol de gros insectes et leurs larves qu’elle capture en fouillant le sol

avec son long bec, elle prend aussi de petits reptiles à l’occasion.

Elle niche dans une cavité, trou de mur, trou de roche ou tronc creux voir un simple tas de cailloux,

souvent près du sol. Elle accepte volontiers les nichoirs.

Pour éloigner les prédateurs, elle a une technique particulière, les fientes ne sont jamais évacuées

du nid ce qui le transforme en un cloaque puant dont l’odeur suffit à éloigner la plupart des

prédateurs.

Le plus étonnant c’est que les jeunes en sortent en général avec un plumage en bon état.

Cette manière de tenir son nid, a donné en vieux français l’expression "sale hoppe" (hoppe étant

l’ancien nom de la huppe) pour désigner une personne tenant mal sa maison.

L’espèce a du mal à se maintenir du fait de la disparition des gros insectes dont elle se nourrit

suite à l’emploi massif de pesticides et de la disparition de ses biotopes.

Adulte

En cas d’alerte ou d’excitation, la huppe est déployée.

Deux jeunes de l’année après l’envol

En vol

En migration

MARTINET NOIR

(Apus apus)

Il ressemble à une grande hirondelle sombre avec des ailes en forme de faux.

Malgré cette ressemblance superficielle il est plus proche des colibris et des engoulevents que des hirondelles. On peut les voir le soir voler en groupe autour des bâtiments en poussant des cris aigus.

Un des plus extraordinaire voilier, il peut passer 8 à 10 mois en vol sans jamais se poser, il a un vol très rapide et acrobatique, il est aussi capable de freinages et de changements de directions spectaculaires devant un obstacle.

Il se nourrit, dort et s’accouple en vol. Revers de la médaille s’il tombe au sol il est incapable de redécoller ses pattes sont trop courtes et trop faibles pour lui permettre de s’élancer. Si vous trouvez un martinet au sol et qu’il n’est pas blessé, le plus simple est de le lancer en l’air le plus haut possible dans un endroit dépourvu d’obstacles, vous aurez le plaisir de le voir repartir à tire d’ailes.

Pour dormir il monte dans les hautes couches de l’atmosphère et se laisse planer ce qui lui permet d’avoir de courtes phases de sommeil le temps de la descente.

Il niche en colonies à grande hauteur sous les toits ou dans des trous de murs, il accepte volontiers les nichoirs.

Il se nourrit exclusivement d’insectes volant (plancton aérien) qu’il gobe en volant le bec grand ouvert, il peut chasser à très grande distance de son nid si nécessaire, cela lui permet aussi de contourner les zones de mauvais de temps.

En cas de période froide prolongée il peut se mettre en estivation, il entre en léthargie près du nid et met son métabolisme au ralenti pour attendre sans manger que le temps lui permette à nouveau de chasser.

Grand migrateur il arrive chez nous fin avril début mai et repart fin juillet début aout vers l’Afrique tropicale dès que les jeunes sont en âge de voler.

Après l’envol les jeunes doivent se débrouiller seuls pour se nourrir, ils ont une réserve de graisse qui leur permet de tenir quelques jours le temps de maitriser les techniques de chasse aux insectes.

Par grosse chaleur il arrive que les jeunes quittent le nid surchauffé avant de savoir voler, ils tombent au sol où ils ne survivent pas longtemps. En cas de découverte de l’un d’entre eux il est préférable de le confier à un centre de soins le plus rapidement possible.

Ne pas tenter de le nourrir si on ne maitrise pas la technique, leur bec est très fragile et on peut le casser facilement.(Ils ne mangent pas seuls).

L’espèce est en régression du fait de la diminution des insectes volants et des travaux de rénovations des bâtiments qui lui en interdisent souvent l’accès.

Adulte

Adulte près d’un nichoir

MILAN ROYAL

(Milvus milvus)

Un très beau rapace reconnaissable à sa grande taille, sa queue rousse et fourchue et aux taches

blanches sous ses ailes.Il est nécrophage pour l’essentiel, menu complété par des petits rongeurs,

reptiles, batraciens insectes divers et vers de terre. Il fréquente souvent les décharges.

Son biotope idéal, c’est le bocage, étendues de prairies et de terres agricoles entrecoupées d’arbres,

on le trouve en milieu collinéen et en moyenne montagne.

Il fait son nid sur un grand arbre en forêt pas très loin de la lisière, le plus souvent sur un feuillus

mais aussi sur des résineux en montagne.

En période de reproduction il est territorial, après la reproduction ils sont volontiers grégaires et se

rassemblent pour profiter des opportunités alimentaires du moment.

En période de migration ils se regroupent en petites troupes qui voyagent ensemble et se réunissent

en dortoir pour passer la nuit.

L’espèce est en diminution, la plaine agricole étant devenue inhospitalière suite à la destruction des

haies et des bandes boisées. Il paye un lourd tribu aux campagnes d’empoisonnement des rongeurs et

aux empoisonnement illégaux .

Il est présent dans toute l’Europe mais les plus grosses populations se trouvent en France, Allemagne

et Espagne.

Avec le réchauffement climatique l’espèce remonte vers le nord, le sud de la Scandinavie et

l’Angleterre voient leurs populations en constante augmentation, alors qu’elles diminuent au sud suite

à l’intensification des pratiques agricoles.

Migrateur partiel certains restent sur leur territoire toute l’année d’autres descendent plus au sud et

passent l’hiver dans le sud de la France et en Espagne.

Ils sont de retour sur les sites de reproduction dès le mois de mars. On estime la population française

à 2 700 couples nicheurs environ.

OUETTE d’EGYPTE

(Alopochen aegyptius)

Espèce d’origine africaine introduite en Angleterre et aux Pays Bas comme espèce d’ornement , elle a

fait souche et de là elle est partie à la conquête de l’Europe à partir des années 1970.

Elles sont aujourd’hui si nombreuses qu’elles ont considérées comme nuisibles et chassées dans

plusieurs pays. Très prolifiques les nichées peuvent compter jusqu’à 10 jeunes et il peut y avoir

plusieurs nichées annuelles.

Elles n’ont pas de saison de reproduction précise et on peut donc rencontrer des couples avec des

poussins toute l’année y compris en plein hiver. Elle se nourrit de divers végétaux auxquels se

rajoutent quelques insectes vers de terre et mollusques.

En hiver elles se rassemblent en grandes troupes souvent en mélange avec d’autres oies et canards, les

couples nicheurs s’isolent le temps de la couvaison et de l’élevage des petits.

Pour nicher elles utilisent d’anciens nids de corvidés ou de rapaces n’hésitant pas à éjecter les

propriétaires précédents, elles peuvent aussi s’installer sur des bâtiments ou dans un creux de roche.

Elles ont très agressives autour du nid et quand elles ont des petits tout intrus est violemment éjecté

du périmètre de sécurité ce qui fait que beaucoup d’ornithologues ne les aiment pas beaucoup ...

Groupe hivernal

Au moment des parades nuptiales, les disputes sont fréquentes.

Réconciliation

En famille. Par ici les enfants !

Groupe en vol..

PIE BAVARDE

(Pica pica)

Un oiseau que tout le monde connait et que beaucoup sur la foi de racontars, colportés par les

chasseurs, de dégâts à la petite faune très exagérés, n’aiment pas.

C’est avant tout un bel oiseau très intelligent et adaptable qui essaye de survivre dans un monde

hostile et utile à l’agriculture en prélevant nombre de petits rongeurs et d’insectes nuisibles aux

cultures.

Parfaitement omnivore elle se nourrit d’un peu de tout suivant les saisons et les opportunités ,

graines, fruits, insectes et leurs larves, petits rongeurs, déchets divers et variés parfois des œufs ou

un poussin qu’elles arrivent à dérober dans un nid. Elles ne dédaignent pas les charognes à l’occasion.

Le nid est un énorme amas de brindilles avec à l’intérieur une coupe en terre argileuse garnie de foin

et de plumes où seront pondus les œufs et surmonté d’un toit en brindilles. Généralement construit

haut dans un arbre, parfois dans un buisson épineux et reconstruit chaque année.

Les nids sont si solides qu’ils sont souvent utilisés les années suivantes par des rapaces diurnes ou

nocturnes. L’intérieur du nid est souvent décoré avec des objets brillants, éclats de verre , clous,

vis etc ... ou simplement jolis cailloux , coquilles d’escargots, voir avec des fleurs, ce qui dénote

une vive intelligence et un grand sens de l’esthétique.

Cela lui a aussi valu la réputation de voleuse, car elle ramasse les objet brillants qui lui plaisent là où

ils se trouvent y compris près des habitations, mais elle ne fait aucune différence entre une pièce de

monnaie et un petit bout de métal. Ou entre un bout de verre et une pierre précieuse ...

Très méfiantes et bruyantes elles servent de sentinelles à d’autres espèces en signalant à grands cris

tout intrus ou danger.

Dans la nature une fois adulte elle a peu de prédateurs les rapaces capable de s’en prendre à elle étant

devenus rares (massacrés par ceux qui lui reprochent d’être en surnombre ....)

En dehors de la période des nids, elles se réunissent en dortoirs qui peuvent atteindre 50 individus et

plus pour passer la nuit. En général sédentaire , parfois un peu erratique.

Adulte

Confection du nid

Jeunes juste après l’envol

Quatuor

En vol

Dortoir