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       GRUES CENDRÉES au SUD

                                              
                                               André Boussard 
 
Les Grues cendrées (Grus grus) de la zone occidentale se reproduisent en Scandinavie, 
dans les Pays baltes, la Pologne et l'est de l'Allemagne.
Dès l'automne venu, elles partent en migration selon deux voies : celle "de l'Est" vers
la Hongrie (Hortobagay) qui se subdivise en deux, l'une vers le Maghreb à travers
l'Italie, la Tunisie, la seconde,avec des effectifs renforcés par les oiseaux de l'Ukraine,
de Biélorussie et de Russie, gagne l'Afrique de l'Est par la Turquie et Israël.
L'autre voie, "de l'Ouest", qui concerne surtout les sujets de Suède, Norvège et Finlande va mener les migratrices en Espagne (Extremadura, lagune de Gallocanta de la Sotonéra en Aragon....) à travers la France avec une première halte essentielle au "Lac du Der".
Le renom justifié du lac du Der, en Champagne-Ardenne et ses importantes concentrations de grues cendrées (jusqu'à 206.000 dénombrées le 12 novembre 2014) éclipse souvent, dans nos esprits, l'intérêt des sites du sud de la France qui sont l'étape suivante dans la migration vers l'Espagne mais aussi, des sites d'hivernage essentiels en France et en Europedepuis déjà plusieurs décennies.
 
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Les "Landes de Gascogne" offrent pourtant deux sites majeurs : la réserve d'Arjuzanx et le camp du Poteau à Captieux où, les saisons dernières,ont été, au total comptées entre 20 et 30.000 grues,visibles dans d'excellentes conditions.Plus à l'est, le lac de Puydarrieux dans les Hautes Pyrénées accueille  jusqu'à environ trois  milliers d'individus.

De ces points de rassemblement, elles s'envolent dès le lever du soleil pour rejoindre leur "gagnage", des champs de maïs, distants de 10/25 kms,où, la récolte étant terminée,elles vont profiter des grains dispersés et même de quelques épis complets.

Dès la fin d'après midi et jusqu'après le coucher du soleil, elles vont rejoindre leurs dortoirs près de zones humides

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                           ORIGINE DE LA GRUE CENDRÉE :

Elle est de l'ordre des Gruiformes, proche entre autres des râles, des foulques,des poules d'eau et des outardes, pas du tout des oiseaux de même morphologie tels Héron cendré et Grande aigrette ...
De la famille des Gruidés, elle est probablement apparue entre moins 730.000 et moins  120.000 ans.Chez nous, un site de l'Ain a livré trace de son passage entre moins 45.000 et moins 30.000 ans au milieu de la dernière glaciation du Quaternaire (Würm). Repère  la grotte Chauvet en Ardèche est datée de moins 32.000 ans.
Ses tarses (pattes), comme pour tous les autres oiseaux sont recouverts d'écailles (scutelles), preuve de sa lointaine filiation avec les dinosaures.La famille des Gruidés est représentée par quinze grues réparties dans le monde entier mais le genre Grus en comprend dix (les "vraies grues"): Grue de Sibérie,Grue du Canada, Grue Antigone,Grue Brolga, Grue à cou blanc, Grue moine, Grue blanche, Grue à cou noir, Grue du Japon,et Grue cendrée.
La Grue cendrée (Grus grus)a une aire de répartition qui s'étend de la Scandinavie et de
l'Europe centrale à la Sibérie orientale - outre celles déjà signalées pour les populations
occidentales des aires d'hivernage se retrouvent au nord de l'Inde et en Chine orientale.
LANDES DE GASCOGNE - Halte vers l'Espagne - Site d'hivernage 
Félix Arnaudin, à la fin du XIXème siècle, dans sa chronique "Choses de l'ancienne grande lande" a patiemment recueilli des témoignages de la présence des Grues cendrées dans les Landes de Gascogne en un temps où les gardiens de moutons sur leurs échasses n'avaient pas encore laissé la place à "Gemme" (la résine) et "Hapchot"(outil des résiniers qui servaient à entailler les troncs des pins).
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Dès 1960, mais surtout à partir des années 70, la culture du pin laissa la place à la maïsiculture qui va favoriser le séjour des grues.
Aujourd'hui, la connaissance, le maintien des conditions d'accueil et la découverte douce de l'oiseau sont coordonnés au sein de "Grus Gascogna" entité avec chartre d'objectifs et d'engagements pour des actions concertées. Ainsi des cultures spécifiques de maïs assurent la conservation de l'espèce dont l'hivernage depuis 25 ans surtout,s'est vu conforté dans la région avec la présence régulière de 20 à 30.000 oiseaux de novembre à février.
Les haltes aménagées offertes l'ont été depuis 1974 au Lac du Der, et 1982 à l'ancien site minier d'Arjuzanx. Le dérangement et le stress n'éncourageaient pas les oiseaux à stationner, d'autant que la Grue cendrée est restée une espèce-gibier jusqu'en 1967. Une migration qui se déroule dans de bonnes conditions est l'assurance d'une reproduction bien engagée, ce qui est maintenant le cas.

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                                     Document "Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne
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                             Les quinze Grues de la famille des "Gruidae"
               
 
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dont dix du genre "Grus"(Aquarelle de Laurent Couzi) 
La Grue cendrée  n'est plus nicheuse chez nous, donc moins présente depuis le 19ème siècle en raison surtout d'une dégradation progressive de son habitat au
cours de ces derniers siècles - grands défrichements aux 14ème et 15ème siècle,assèchement des marais atlantiques du 17ème siècle, révolution industrielle du 19ème siècle, puis les grandes mutations de la seconde moitié du 20ème siècle.                  Photo Sture Traneving - Ed. du Sud-Ouest
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Après un fort déclin jusque dans les années 1970, la Grue cendrée a amorcé une lente reconquête spatiale et numérique. Les vastes surfaces recouvertes de cultures céréalières, en particulier le maïs dans le sud-ouest de la France, ainsi que la restauration ou la conservation d'habitats en Europe (France - Allemagne- Hongrie - Scandinavie) des relais de migration plus proches  qui ont  apporté la quiétude indispensable, ont permis de diminuer la mortalité et de favoriser le développement des effectifs dont la population qui passe par le France chaque année représente la moitié de la population mondiale soit environ150.000 sujets.
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 Lars Johnson - Ed. Nathan
Très sociables, les Grues cendrées vivent et voyagent en troupe,toutefois 
contrairement aux oiseaux qui nichent en colonies quelquefois très importantes tels les Fous de Bassan,ou regroupés tels les Hérons cendrés, les bihoreaux, les Aigrettes, les couples nicheurs de Grues s'isolent totalement des autres oiseaux pendant les mois de mars à juin, puis juillet en raison de la mue qui les prive de voler pendant cinq à six semaines.
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Dès le mois d'août seulement, elles vont rejoindre les points de rendez-vous au sud de la Suède et sur la bordure méridionale de la mer Baltique.
La Grue cendrée, d'une envergure de 200 à 240 cm, d'une longueur totale de 108 à 140 cm, dont le poids est de 4/5 kgs, au maximum de 7 kgs, est le plus haut oiseau européen, dépassant par sa taille la Cigogne et les autres grands échassiers.
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Elle cherche sa nourriture avec des pas dont l'écart moyen de 60 cm se compare presqu'à celui d'un homme.Pressée par le danger, elle court très vite en s'aidant des ailes mais elle pratique une défense collective efficace :le renard est attaqué à coups de becs et de pattes, tandis que l'aigle provoque un rassemblement compact : les cous dressés et les coups furieux le tiennent en respect (cité par Paul Géroudet dans "Grands Echassiers" - Ed. Delachaux & Niestlé).
 
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La Grue cendrée pond généralement deux oeufs allongés subéliptiques / elliptiques de 96,4 x 62,4 mm; ceci est l'indication d'un bassin osseux étroit, aplati (comme celui des grèbes) alors que les chouettes et les rapaces dont le bassin osseux est profond pondent des oeufs ronds. Les poussins de la grue sont nidifuges, leur système nerveux est bien développé, capable de coordonner les mouvements et d'enregistrer les perceptions des organes des sens. C'est bien différent des oiseauxnidicoles dont le stade de développement à l'éclosion est nettement moins abouti.

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Ces oiseaux naissent à l'état d'embryon et leur seul réflexe est de relever la tête et d'ouvrir le bec pour se faire nourrir. Chez l'oiseau nidicole, tout est sacrifié au profit du tube digestif, en particulier la musculature et le système nerveux ainsi que les organes des sens qui demeurent à un état rudimentaire. Les oeufs des nidifuges sont plus gros que ceux des nidicoles, à volumeégal des adultes. La Grue cendrée, ainsi, pond des oeufs de 4% de son poids, tandis que cette proportion est de 2,8 % chez l'Aigle dont le poussin est nidicole, les adultes  ayant sensiblement le même poids (Jean Dorst "Vie des oiseaux" - Ed.Rencontres Lausanne).
 Les danses des grues au moment de la période des amours apparaissent comme très originales : individuellement ou à plusieurs, elles tournent les unes autour des autres en émettant des cris sonores. Elles se font de profondes révérences, la tête touchant le sol et bondissent en l'air. Dans le livre "la Grue cendrée" de Laurent Couzi et Pierre Petit, la synthèse des grandesphases biologiques de la Grue cendrée  permet d'appréhender le niveau de connaissances que les ornithos, fascinés par cet oiseau, ont su acquérir par un suivi scrupuleux de son comportement depuis de très
nombreuses années.

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1 - Réserve d'Arjuzanx
DÉCOUVERTE DE LA GRUE CENDRÉE :  
   
Il vaut mieux s'assurer d'une météo sympa et préparer votre déplacement à l'avance.L'équipe des animateurs(trices) de la réserve d'Arjuzanx est, en effet, disponible de mi octobre à mi mars, dans les conditions précisées ci-dessous :  
Rencontre à la ferme Barreyre à droite avant le pont sur la D38 d'Arjuzanx-village vers Morcenx.-Téléphone :05 58 08 11 52 - Mail:   reserve-arjuzanx@orange.fr 
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Imaginez qu'au lever du soleil, vous allez vous trouver à 15 mètres de hauteur en plein ciel (grâce à un mirador) et que devant vous, à vos pieds, se trouve le dortoir où17.000 à 20.000 Grues cendrées terminent leur nuit.
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                                                    Premières observations; sol givré, il fait moins six degrés.
Elles sont réparties sur une surface de quelques centaines d'hectares seulement, serrées les unes contre les autres. Comme le font les Etourneaux, les Grues cendrées seregroupentpour obtenir une température globale de groupe légèrement supérieure à celle qui règne alentour, permettant une moindre perte de calories au cours de la nuit.
Pour la plupart, elles ont les pattes dans l'eau, ce qui évitera un certain déssèchement  favorable aux maladies et protégera les oiseaux contre les prédateurs ; l'eau, par la  déformation de ses ondes de surface et le bruit généré quand on y pénètre, est alors un auxiliaire de sécurité très apprécié par les Grues cendrées.
 
Vous êtes à peine arrivé à votre poste d'observation (vers 7H30) que déjà vous savez  qu'elles sont réveillées. Il n'y a que des mouvements lents dans les différents groupes mais le volume sonore, une rumeur par moment sourde mais pleine d'éclats va vous surprendre. 
 
Dans un premier temps, mettez votre lunette en action et prenez plaisir à vous offrir des cadrages agrémentés ici par le reflet des premiers rayons rasants sur l'eau, là par des groupes d'oiseaux partiellement éclairés, souvent nimbés d'un brouillard léger qui se déplace et se dissipe sous l'action des rayons du soleil. Profitez de toutes ces scènes d'oiseaux qui s'éveillent :  quelques grues ont encore tête et cou sous l'aile  mais la plupart commence à s'ébrouer, à se toiletter ... quelques petits conflits s'amorcent, de rares sauts désordonnés sont perceptibles.
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Vous avez devant vous une masse qui va vous sembler paisible, faiblement agitée mais dont le volume sonore prend cependant de plus en plus d'ampleur.

 
                Mais attention ! tout va aller très vite. Soyez prêts !
 
La position et l'orientation du mirador sont très favorables aux photos. Le soleil qui s'est levé il y a peu de temps est sur votre gauche et les grues qui vont voler autour de vous vont recevoir une lumière d'un jaune-orangé superbe.
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                                                          Départ vers le gagnage; le soleil vient de se lever.
Certaines peuvent passer très près, limitez vous à un 100/400mm ou à un 300mm (évitez un converter). Prévoyez entre 5,6-8 d'ouverture avec par exemple 500/640 ISO pour disposer d'une vitesse entre 1/1000ème et 1/1250ème .
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Seriez-vous concentré dans vos préparatifs ? Brusquement les grues vont se rappeler à vous ! La clameur enfle, se fait volume tonitruant et vous apercevez de différents endroits du dortoir des groupes d'oiseaux qui s'élèvent en désordre.
 
Déjà, les premières grues sont proches ... Ici deux adultes aux joues claires et un juvénile à la tête encore brun roux clair... Plus loin un groupe d'une dizaine d'individus prend de l'altitude en passant au dessus des résineux, vite rejoint par un autre nettement plus important .....
 
                     Le vol est assuré, déterminé...
 
   Le départ des grues cendrées vers les champs de maïs au gagnage a commencé.  
    
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Pour tous  les oiseaux l'angle d'envol, la direction prise sont les mêmes. Et cela va durer pendant environ deux heures, Les groupes ne dépassent pas une cinquantaine d'oiseaux, il y en a bien plus de moins de dix.
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Cela m'a surpris, car au Lac du der, en Champagne, j'ai pendant les trois jours de notre
présence,il avait fallu moins d'une heure pour plus de 60.000 grues.J'ai remarqué que les grues les plus éloignées de l'endroit où nous nous trouvions, en passant, faisaient lever les plus proches, stimulées pour leur propre envol et c'était des groupes denses sur  plusieurs  niveaux qui nous survolaient.
Et vous redescendiez du mirador, les yeux pleins des instants de bonheur de ces envols  successifs, plus ou moins proches avec, en tête ces claironnements typiques continuels.
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Les photos de grues proches, prises en plein ciel depuis le mirador,ont justifié pour le nouvel an 2013 le lancement d'un quiz en direction des ornithos francophones des listes internet (environ 8.000 membres) :

"Pouvez vous dire comment ont été prises ces photos de Grues cendrées en plein ciel ?"

L'artiste Geneviève Caplet, que vous pouvez retrouver sur son site plein d'oiseaux,       

                                          www.toutartzimut.com      

                        a proposé sa façon de voir :

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Un bon nombre des participants a pensé que ces photos avaient été prises d'un ULM, d'autres d'un HÉLICOPTÈRE, d'une MONGOLFIÈRE ou encore grâce à un DRONE, à une CAMERA embarquée sur un oiseau, voire grâce à une ÉCHELLE, celle qui permet d'aller sur la lune (!).

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                                                               Proposé par JJ Ludwi

Rares ont été ceux (des connaisseurs) qui ont proposé la  solution:  depuis le mirador de  la Réserve d'Arjuzanx (Landes) situé à 15 mètres du sol face à la vallée proche d'où ont décollé 23.500 grues les 10/11 décembre 2012.

Les conditions de prises de vues sont exceptionnelles, comme en témoigne les photos de cet envol, ci-dessus, au lever du soleil.

Profitez-en pour découvrir le site de la Réserve qui est une ancienne mine de lignite à ciel ouvert.

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La lignite est une roche, charbon primitif situé entre la tourbe et la houille.A moins 70Ma,la zone était recouverte d'une forêt tropicale (séquoia, cyprès, fougères...) la période étant chaude. Vers moins 30Ma elle fut recouverte par des limons d'argile et l'océan rajouta jusqu'à 25 mètres de hauteur de sable. Une fossilisation (de faible degré) fut, vers moins 5 Ma, la conséquence de la longue décomposition des végétaux.

La fin de la formation des Pyrénées fit remonter l'ensemble et ces roches de lignite se trouvèrent proches de la surface.

Dès le 17ème siècle, ce "mauvais charbon" était connu mais c'est au début du 20ème siècle qu'au delà des forges et verreries, la lignite fut utilisée dès 1959 dans une centrale thermique qui arrêta son activité en 1992, après les décisions d'orientation vers  le nucléaire dans les années 80.
Ce site de 2700 hectares va être "réhabilité" au prix de travaux titanesques : près de 200 millions de mètres cubes de morts-terrains ont été déplacés pour remodeler le paysage, plus d'un million et demi de plants d'arbres installé, les terrils aplanis, reprofilés tout comme les berges des profondes excavations qui deviendront des lacs.
Aujourd'hui, vous allez découvrir un site particulièrement harmonieux, avec des paysages originaux,en cours de reconquête biologique des divers types de milieux.
OBSERVATION AU GAGNAGE
 Vous pouvez être tenté de rechercher les grues sur leurs lieux de nourrissage qui  se    trouvent à 20 / 30 kms des dortoirs dans des champs de maïs alentour.
Je vous conseille de n'en rien faire, car la Grue cendrée est très sensible au dérangement : un véhicule qui s'arrête, une porte qui claque doucement, un bipède qui marche à découvert même à plusieurs centaines de mètres déclenchent un envol.
Vous imaginez bien que troubler leurs possibilités de se nourrir va beaucoup pénaliser  ces oiseaux.
       - dépenses d'énergie inconsidérées 
       - risques de repartir au printemps dans une forme insuffisante pour mener à bien leur nichée
J'ajoute que s'engager sur des pistes ou chemins agricoles au risque de gêner la normale circulation des engins, de nuire aux futures cultures, aura un résultat catastrophique d'image dont la Grue cendrée ferait les frais.
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LES SOLUTIONS
1 - Profitez des observations guidées par les animateurs de la LPO ou du Parc Naturel 
Régional des Landes. Ils savent où aller pour des observations efficaces sans le moindre dérangement (réservations obligatoires - RV à Église de Captieux à 14 H)
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2 - Si ces dates ne vous convenaient pas, prenez contact avec les animateurs de la réserve d'Arjuzanx qui vous indiqueront des postes d'observations préparées près de la Réserve.
 
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3 - Les animateurs de la LPO Aquitaine pourront de même vous indiquer des endroits  d'observations de gagnage possibles dans la zone Captieux - Solferino
                                                                                                        (Tél 05.56.91.33.81)
 
Vous devrez effectuer un repérage pour savoir où garer votre voiture, où positionner 
votre lunette etc... en évitant de vous approcher des grues repérables au son. Le 
lendemain matin, à la pointe du jour, il vous sera facile de vous installer et 
 d'attendre l'arrivée des grues. Si elles n'étaient pas au rendez-vous dans le champ
précis prévu, au son vous vous rapprocherez en veillant de rester sous le couvert de
haies, arbres ... mais cette méthode ne peut être adoptée que si vous disposez d'une
lunette permettant une distance d'observation impérativement à plusieurs centaines
de mètres, en restant caché.
 
Une approche avec jumelles seules ou pour photographier ne peut s'envisager que
pour une ou deux personnes - pas un groupe - et seulement avec des pèlerines-affûts
et de grandes précautions.
 
LE RETOUR VERS LES DORTOIRS
 
Dès 16H / 16H30, les grues vont revenir au dortoir . Spectacle bien différent : 
 Ce ne sont plus de petits groupes, mais dans le ciel des V immenses de plusieurs
dizaines d'individus, des regroupements de plusieurs centaines qui reviennent du
gagnage. Je vous conseille de reprendre contact avec les animateurs d'Arjuzanx pour
revenir au mirador vers 15H30 où vous resterez jusqu'à la nuit. Le soleil va se trouver
face à vous, des vagues de grues vont se succéder en premiers plans jusqu'après son
coucher. Ce sera l'occasion de superbes photos en utilisant courtes focales ou grand
angle.
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http://www.rando-landes-de-gascogne.com/decouvrir/le-parc-naturel-regional-et-la-foret-des-landes                                                   

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L'AVIFAUNE d'ARJUZANX

Pas moins de 177 espèces d'oiseaux sur la Réserve !
La diversité des biotopes avec ses sites aménagés dans la perspective d'aider au développement de l'avifaune a fait merveille. Au sud, les zones humides favorisent la présence régulière d'anatidés et de limicoles.
 
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Sont nicheurs une quinzaine de couples de Sarcelles d'hiver (Anas crecca)des Fuligules milouins (Aythia ferina), Canards souchets (Anas clypeata), Echasses lanches (Hymantopus hymantopus), de Petits gravelots (Charadrius dubius).
 
Sur la Réserve encore, deux couples de Busards des roseaux (Circus aeruginosus) sont nicheurs ainsi qu'un couple de Circaète-Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) qui s'y reproduit régulièrement.
 
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Pendant les deux derniers hivers, un juvénile de Pygargue à queue blanche  (Haliaeetus  albicilla) a été vu. Présence régulière de Faucon pèlerin (Falco peregrinus), Faucon Hobereau (Falco subbuteo) sans oublier Milans noirs (Mulvus migrans), Milans royaux  (Mulvus mulvus), en migration, ou Buses variables (Buteo buteo), Faucon crécerelle
(Falco tinnunculus) etc......

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LA MISSION des ANIMATEURS

La principale mission du personnel de la Réserve réside en l'acquisition de diverses connaissances sur les espèces et les habitats; bien évidemment, la Grue cendrée bénéficie d'une attention et d'un suivi très particuliers. 
Deux comptages hebdomadaires sont réalisés sur les dortoirs de la mi-octobre à  mi-mars afin de suivre le déroulement des migrations (post- et prénuptiale) ainsi que l'hivernage. 
Au nombre de quatre, depuis le mirador, les gardes naturalistes dénombrent les oiseaux
présents sur le site d'Arjuzanx comptant les effectifs au lever (envol) et au coucher (rentrée).

Des études comportementales (utilisation de l'espace, suivi d'oiseaux équipés) sont réalisées bien évidemment dans le site mais aussi à l'extérieur (zones de gagnage) :
-* étude de l'occupation de l'espace afin de définir l'utilisation des milieux (zone de dortoir, pré-dortoir ou pré d'envol) et leur liens (axes de déplacement)
-* recherche quotidienne d'oiseaux équipés soit par tracking (recherche d'oiseaux équipés d'émetteurs radio) soit par lecture de bagues pour comprendre les mouvements migratoires au niveau national et européen mais aussi de mesurer la fidélité des oiseaux au territoire.
L'ensemble des données collectées sont communiquées au réseau Grue France et au réseau Grue Europe (European Crane Working Group).

En Janvier 2006, plusieurs membres du  réseau Europe se sont déplacés à Arjuzanx afin de convenir des procédures de gestion, de suivi et de décider d'un partenariat. auquel a été associé le laboratoire de génétique de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. Depuis plusieurs années, le personnel de la Réserve participe aux campagnes de baguage des Grues cendrées en Allemagne,en association avec le groupe allemand coordinateur pour le baguage des grues.. 
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Le matériel biologique prélevé lors des campagnes de baguage est analysé avec pour double objectif, d'établir le sexage des grues et de définir le rôle des gênes sur la répartition des jeunes selon les différentes voies migratoires.
Un autre partenariat a été esquissé sur la communication hivernale des Grues cendrées  avec l'Université de Paris Orsay et le laboratoire de bioacoustique du CNRS. Les premiers résultats ont permis d'établir le répertoire vocal des grues et de mettre en évidence l'existence de  signatures vocales,annuellement  les conditions favorables à l'hivernage des Grues telles que la lutte contre l'envahissement des milieux par les ligneux : saules, ajoncs et pins, la réhumidification de certains secteurs du Plateau des Grues, ou encore la maîtrise des niveaux d'eau (dortoirs)...des tournées régulières sont organisées afin de veiller à la quiétude des grues sur le site par l'information, voire la verbalisation des personnes  irrespectueuses de la réglementation en vigueur.

De très importantes actions de sensibilisation sont réalisées auprès des scolaires mais aussi du grand public,notamment lors des visites guidées.

ENVIRONNEMENT d'ARJUZANX et des LANDES

La région des Landes est caractérisée par un sol sablonneux, un plateau sédimentaire plat à faible pente avec un cordon dunaire sur le littoral, un écoulement naturel très insuffisant des eaux favorisant la création de zones humides.
Il y a douze mille ans, la planète arrivait sur la fin de la dernière glaciation . Sur le littoral atlantique, le niveau des mers était à 120 mètres au dessous du niveau actuel, la côte étant à une cinquantaine de kms à l'ouest.
     
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Le plateau continental,sous un climat sec et froid a connu une végétation basse de steppes et de toundra qui n'opposait pas de barrière aux vents d'ouest dominants.
Ces derniers, pendant des milliers d'années ont balayé les sables anciens maritimes
en les poussant vers l'intérieur des terres sur des dizaines de mètres d'épaisseur,
recouvrant les strates -épaisseur de 2 à 4.000 mètres- des dépots tertiaires maritimes
(ère tertiaire = moins 65 Ma à moins 2,6 Ma).
L'énergie fossile découverte témoigne du temps,il y a des millions d'années,où la zone
a été recouverte par des mers puis une végétation tropicale enfouie à l'origine de la lignite du site d'Arjuzanx remontée en surface à l'occasion des derniers soubressauts de la création des Pyrénées.
Sur cette infrastructure sablonneuse se sont développées de façon naturelle de petites forêts éparses, surtout de pins maritimes, agrandies par l'homme sans grand plan organisé.Jusqu'au 19ème siècle, la plus grande partie de la zone occupée par la forêt l'était par des éleveurs ovins, l'autre activité étant l'exploitation de la résine (gemmage).
Les catastrophiques incendies de 1949 et 1950 détruisirent plus de 50% des pinèdes, occasion du lancement de plantations rationnelles (arbres alignés, pare-feu....) lié à un
développement d'une agriculture largement consacrée à la culture du maïs.
Ainsi, aujourd'hui, coéxistent :
     *les forêts (630.000 hectares) dont l'exploitation est la filière économique majeure
(sylviculture, scieries, papéteries, façonnage des spécialités du bois, emballage et transformation du papier...) Le gemmage s'est arrêté en 1990.
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     *la culture du maïs dont les Landes sont aujourd'hui le premier producteur national, maïs semence, maïs doux, c'est dire tout l'intérêt de cet environnement pour fidéliser les Grues cendrées, très attachées aux riches champs de l'après récolte.
Les "Regards sur l'Agriculture landaise"ci-dessous apporte la garantie certaine d'une présence pérenne des grues liée au dynamisme des hommes: de ce département:

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BIBLIOGRAPHIE :

*"La Grue Cendrée"  - Histoire Naturelle d'un grand migrateur. Ed Sud Ouest 
par Laurent Couzi, Directeur LPO Aquitaine - ornitho passionné,il observe les grues depuis 15 ans et travaille à leur conservation) et  
 
    Pierre Petit,photographe naturaliste, reconnu comme spécialiste de la Grue cendrée
qu'il suit depuis quarante ans.
Incontournable document pour qui veut en savoir plus sur cet oiseau mythique, ce livre
a été pour moi une source appréciée.
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"Migrations" de Claude Feigné et Pierre Petit - Ed Sud Ouest                                         
*"Quand passent les Grues cendrées"   de F. Dorigny   Eveil Nature 
 
"Grues"  de V. Treunfels  Editon Delachaux et Nieslé-  
"L'incroyable Histoire de Tania la Grue"  suivie de 
   "La vie des Grues cendrées" de J.M. Teulière  Ed Lucien Souny
                                             
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_________________________________________________________________________________________________________                                                                        2 - Lac de Puydarrieux (65220)

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Le lac de Puydarrieux créé en 1987 sur le cours d'eau de la Baïsole a été prévu pour accompagner les besoins agricoles. Au fil des années, ce site de 220 hectares est devenu une aire de passage, de stationnement et d'hivernage pour de nombreuses espèces d'oiseaux.

De bonnes conditions météorologiques sont nécessaires pour franchir la barrière pyrénéenne.  Le mauvais temps reflue les oiseaux vers des sites plus favorables dont le lac de Puydarrieux.

        

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                                (Document "Maison de la Nature et de l'Environnement 65")

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Les Grues cendrées  sont des hôtes particulièrement suivis: ainsi, dans la saison 2014/2015, ont été dénombrés 3360 oiseaux le 12 janvier 2015.

Pour en savoir plus : 

                    http://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/grus/lac-de-puydarrieux

http://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/migration-et-hivernage

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MIGRATION

des

GRUES CENDREES

au jour le jour

http://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/migration-et-hivernage/la-migration-des-grues-cendrees-au-jour-le-jour

                               

   (Compteur depuis la création en 2010)                                                               André Boussard


Date de création : 07/08/2015 @ 19:24
Catégorie : - Ethologie
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