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 FULMAR BOREAL
 (Fulmarus glacialis)
 
 
 
 
 
 
 
Cet oiseau fait partie de l'ordre des Procellariiformes. Cet ordre (procella= la tempête )
comprend 92 espèces au monde, réparties dans les familles des Diomédeidés (Albatros),
celle des Hydrobatidés (grec hudro=sur l'eau - baino=marcher) que sont les océanites
-nommés autrefois pétrels- et celle des Procellariidés (Pétrels,Puffins,Fulmars et le Damier
du Cap).
       
 
FULMAR_1_.jpg

 
  Dans le paléarctique occidental, nous ne pouvons espérer voir que six puffins (cendré,majeur,semblable,des anglais,de Méditerranée,fuligineux), six océanites (tempête,de Wilson,culblanc,de castro, swinhoe,frégate) et quatre pétrels (gougon,de Madère,de Bulwer
et le Fulmar boréal encore appelé Pétrel fulmar.
 
Fulmar est un vieux mot nordique full=puant et mar=mouette,qui évoque leur habitude de
cracher, à la face de tout intrus qui s'approche du nid une huile nauséabonde qu'ils tirent de
leur tube digestif.
 
 
Pétrel vient de leur aptitude à "marcher sur l'eau"que l'on a rapprochée du miracle de
Saint Pierre marchant à l'appel du Christ sur l'eau du Lac Thibériade.Une hypothèse voisine
a été proposée :la déformation de l'anglais pattering on the water= qui trottine sur l'eau.

Fulmar_2_.jpg


L'origine islandaise du Fulmar est certaine, mais son extension vers le sud s'est faite en
plusieurs siècles:en 1640 il est mentionné au nord de l'Islande, en 1753, au sud puis aux
Shetlands en 1878, en Ecosse en 1902,
en 1919 en Irlande,au nord de la France du Cap Gris-Nez à Belle-Ile depuis 1960.
 
Glacialis mot latin= de la glace, car l'oiseau est répandu dans l'Arctique de même que
boréal= du nord.L'allemend le qualifie de Eisssturmvogel=oiseau des tempêtes et de la glace.
 
 Fulmar_3_.jpg


 
 
Les procellariiformes s'appelaient autrefois "tubinaires",leurs narines s'ouvrant à l'extrémité de tubes cornés, généralement sur la crête du bec, plus rarement sur les cotés,bec droit avec un crochet à son extrémité,recouvert de plaquettes cornées juxtaposées.On observe deux tubes nasaux situés l'un près de l'autre mais quelquefois réunis en un seul tube à cloison verticale de séparation.Ces oiseaux  disposent de glandes nasales pour éliminer le sel.


Fulmar_4_.jpg

 
La période d'incubation du jeune Fulmar est longue : de l'ordre de 53 jours en moyenne ( beaucoup d'oiseaux de 20à 25 jours),il y a un ralentissement général du développement du
jeune qui nidicole reste très longtemps seul au nid.Les parents vont pêcher à de très grandes distances et par une seule régurgitation
quotidienne nourissent le poussin.Il est essentiel que la quantité de nourriture rapportée soit importante ce qui pose un problème de digestion et de dégradation trop rapides de la charge pendant le voyage.Un mucus est secrété par le tube digestif; il enrobe les proies et les protège
de l'action des ferments.
 
 
 
 
 FOU DE BASSAN
 (Morus bassanus)       
 
                                                                             
Fou de Bassan IconeHP.gif
 
De la famille des Sulidés, terme norvégien "sule"= éclabousser par allusion à l'habitude qu'a l'oiseau de plonger la tête la première d'une grande hauteur pour capturer les poissons.
 
Bassan(us) du nom d'un îlot rocheux écossais - Bass Rock dans le golfe d'Edimbourgh-
Bass_Rock.jpg 

Fou est à rapprocher du nom allemand de l'oiseau "Tölpel"= lourdaud,...du nom portuguais
"Ganso patola" = oie stupide. Cette connotation péjorative vient du vocabulaire des gens de
mer qui étaient étonnés que les oiseaux se laissent voler leurs oeufs ou massacrer sans rien faire.Le terme "Morus" est proche puisque dérivé du latin "morio" = imbécile.
Seul le nom de l'oiseau en espagnol est plus respectueux de ce qui le caractérise: il se nomme "alcatraz" qui provient de l'arabe "al ghattas", le plongeur , évidente allusion à sa façon de se nourrir.
 
Fou_de_Bassan_plongeant_-2.jpg
 

Le Fou de Bassan plonge  généralement de 20 à 30 mais aussi de 2 à 3 mètres,   par un
revirement latéral sur l'aile, s'il voit des poissons en surface. Sa technique consiste à
plonger à environ cinq mètres de profondeur en dessous du poisson, les yeux protégés, lors
de la plongée, par la membrane nictinante  et de tenter de capturer sa proie en remontant, les
yeux ouverts.Le choc avec l'eau est amorti par les sacs aériens.

 

 

 Fou_de_Bassan_-_En_vol.jpg

 

 En  plongée, l'oiseau  reste de quatre à vingt secondes immergé.Ses narines ne sont pas
perforées, il respire par le bec comme les cormorans.Il a de véritables narines secondaires
qui compensent les narines véritables : à la base de la commissure du bec, il existe une fente ouverte en permanence pour permettre à l'oiseau de respirer sans écarter les mandibules.Cette fente est protégée par un oprecule corné qui doit se fermer quand l'oiseau plonge et
certainement pendant la durée de l'immersion.Ce dispositif est une adaptation à la plongée
d'une hauteur importante , la tête la première.
 

 Fous_de_Bassan_-_Remontee_et_envol_difficiles.jpg
                                                                                                                                                             

Il est intéressé par des poissons de 2,5 à 30 cms tels que morues-cabillauds-lieux,merlans,
anchois, capelans,mais aussi harengs,sardines et maquereaux en bancs souvent très importants.
Sa grande puissance de vol lui permet de pêcher jusqu'à 200 kms de sa colonie.

Il remonte, ayant avalé son poisson, et s'envole péniblement en raison de la longueur de ses
ailes; il s'aide pour cela -dépensant beaucoup d'énergie- de ses pattes et de ses ailes pour
s'envoler sur quelques distances. 

 Très différente est la technique du Martin-pêcheur qui plonge les yeux fermés jusqu'à la profondeur où se
trouve le poisson.Avant de toucher l'eau, il évalue la distance qui le sépare du poisson puis plonge en serrant les ailes
contre le corps puis les ouvre pour freiner sa plongée précisemment à la profondeur où se trouve le poisson.Il ne
plonge jamais plus profondemment que nécessaire car avec sa membrane nictinante (troisième paupière) refermée,
il ne voit rien.Il ne rouvre les yeux qu'en sortant de l'eau.  

 

Fruits_de_mer.jpg






 
 
 ENGOULEVENT D'EUROPE
 (Caprimulgus europaeus)
 



 
Les Engoulevents de la famille des Caprimulgidés comptent quelque soixante dix espèces,
distribuées sur tous les continents. Dans le Paléartique occidental,deux sont surtout présents : l'Engoulevent d'Europe sur l'ensemble de la zone et l'Engoulevent à collier roux nicheur en
Espagne.

EE_.jpg

La légende propagée par Aristote,philosophe et naturaliste grec (384-322 avant J.C) reprise par Pline
l'Ancien 23-79) selon laquelle les Engoulevents profitait de la nuit pour têter les chêvres est à
l'origine du nom de genre et de famille: Caprimulgidés: capra (là chêvre) et mulgeo (traire) en latin.  
On la retrouve dans les langues européennes : italien = succiacapre  -  espagnol = chotocabras  - 
anglais = goatsucker  -  allemand =  ziegenmelker.
 
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En fait, à l'origine, il y a une bonne observation d'une relation entre ces oiseaux et les troupeaux paissant mais  pour y capturer les insectes au crépuscule.
En français, on a préféré "Engoulevent" en raison de la possibilité de grande ouverture de son bec. Le mot serait issu d'un dialecte de l'ouest de la France : "la goule" correspond à la gueule, la bouche et engouler c'est avaler avec le sens au XVIème siècle d'un grand buveur qui vole bec ouvert en engoulant le vent.
 
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Ce chant si étrange fait penser à des vocalises d'amphibien, celles du Crapaud calamite en particulier.Sa tête aplatie et sa très large bouche l'a fait depuis longtemps déjà comparer à un crapaud d'où les noms de crapaud volant ou crapaud des bois.

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                      Engoulevent  Juvénile de 15 jours
 
On l'a aussi nommé "chasse-crapaud" non qu'il mange des crapauds mais le verbe chaucher = être dessus,évoque la position de cet oiseau qui reste immobile, perché allongé sur une branche morte, le plus souvent,avec laquelle la couleur de ses plumes se confondent.
 
Les photos exceptionnelles qui illustrent cet article sont de Clément Caiveau de Vendée dont j'ai pu apprécier sur le terrain, le savoir faire, la patience dans  les affûts et l'éthique à haut niveau pour le respect des oiseaux qu'il souhaite photographier. 
 
  Il nous explique les conditions de prise de vues de ces photos :
 
"L'Engoulevent n'est pas un oiseau facile à photographier de jour. J'ai dû, d'abord, repérer un mâle chanteur; je suis allé pendant une dizaine de soirs dans une sapinière pour repérer les oiseaux.Il y a eu
trois mâles chanteurs pour une femelle pendant tout ce temps.J'étais sous affût;les oiseaux voletaient au
dessus de moi en faisant le Saint-Esprit.
 
Puis, un soir, deux des mâles avaient disparu...le couple s'était formé.Le soir je ne voyais plus la femelle, le mâle régulièrement, à la nuit tombante, décrivait des cercles autour d'un gros sapin couché, sur lequel il y avait des fientes, j'ai pensé qu'il s'agissait de son dortoir de jour.On sait que le mâle occupe le jour une place de repos  près de l'endroit où la femelle dépose ses oeufs - on ne peut en fait parler de nid car il sont posées à même le sol sans apprêt-.
 
J'ai installé trois palettes recouvertes d'un filet de camouflage,en utilisant un fossé naturel en contrebas qui me permettait de me glisser dans l'affût sans que les oiseaux puissent me voir.Le 1er juin (2008) j'ai vu la femelle au sol non loin de moi...le 3 juin, il y avait deux oeufs ...le 21 juin le premier poussin était né....le 9 juillet les deux petits Engoulevents sont volants depuis 2/3 jours.
 
Je reconnais que ces conditions de prise de vue sont délicates et demandent beaucoup de patience et de précaution maitrisées. A noter que très tôt j'ai installé des boulettes répulsives dans le coin pour dissuader les prédateurs)(celles que l'on place autour des nids de Busards pour les protéger des "nuisibles").
 
 
Photos de Clément Caiveau .prises sous affût CANON 100-400 IS -USM + CANON 1.4 CANON 300MM F/4L IS USM
Photographe animalier en Vendée - Marais Breton -  Galerie Natures.ch  - Chttp://www.natures.ch/natgal/index.php?catId=3&galId=314&useIdSel=50
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 BOUSCARLE DE CETTI
 
  (Cettia Cetti)



 


 
La Bouscarle de Cetti est un petit passereau au chant éclatant très présent dans les buissons mais en même temps très discret; on l'entend souvent mais on le voit rarement.
 
Son nom "Bouscarle"vient du provençal bouscarlo qui désigne un genre d'oiseau aimant les bois et les fourrés (les bosquets).Comme l'indiquent les noms voisins bouscarrasso (futaie, fourré), bouscareto (petite forêt) et bouscareu (le forestier).
 
En allemand, la Bouscarle est le "chanteur des roseaux soyeux" = Seidenrohrsänger, en italien "le rossignol du fleuve" =  Usignolo di fiume. En espagnol, elle est le "rossignol bâtard  =  Ruisenor bastardo car, si elle a la même couleur rousse que le rossignol, elle n'en a ni la taille, ni le chant. Curieusement, en espagnol, le mot "bouscarle" existe mais il s'agit de la "la Bouscarla pintoja" = Bouscarle tâchetée = la Locustelle tachetée, car toutes les Locustelles s'appellent "Bouscarla", et cette Bouscarle a des tâches sur le corps.
  
Bouscarle_de_Cetti_1_.jpg 

Au Portugal, c'est au contraire un "rossignol brave" = Ruxinol bravo par allusion à la puissance et à la détermination de son chant.
 Cetti était un jésuite mathématicien italien du XVIIIème siècle, passionné d'histoire naturelle. En poste en Sardaigne, il arpenta forêts et montagnes, en observant les animaux et en récoltant les fossiles. Il consacra aux oiseaux un volume de sa "Storia naturale della Sardegna" et on y trouve une description de la Bouscarle.
 C'est en 1820 qu'Alberto della Marmora qui avait poursuivi les travaux de Cetti en Sardaigne, lui dédicacera cet oiseau dans les "Mémoires de l'Académie de Sciences de Turin" et l'appelation fut confirmée par Temmink sous le nom de Sylvia Cetti.

Bouscarle_de_Cetti_2_.jpg
 
Paul Géroudet écrit: "qui l' a entendue ne l'oublie guère et ne peut confondre sa voix avec aucune autre. C'est d'ailleurs le seul indice qui permette de la repérer, étant donné l'habilité diabolique dont elle use pour se soustraire à toute vue. Pour la plupart des observateurs, la Bouscarle n'est donc qu'un chant, un sifflet rageur qui surprend par sa soudaineté et sa violence".  
 L'auteur des photos jointes, Clément Caiveau, explique qu'ayant repéré un nid en construction, il a placé, en l'absence des oiseaux, un affût de toile. Il est venu plusieurs fois en espérant prendre des photos : ce fût en vain lors des apports de matériaux. Et il fallut le grand hasard de la venue d'une femelle Coucou (qui déposa son oeuf) pour que les deux oiseaux éxcités par cette présence, un instant immobilisés, se laissent photographier.
Mâle et femelle sont identiques. Seule la mensuration des ailes permet de déterminer l'un (mâle = 58 à 66 mm) - ou l'autre (femelle = 54 à  60 mm).


       Depuis, sont parus sur le Forum :
 
- Les Pies-grièches               - Photos de René  Dumoulin et Jules Fouarge.
- Les Ibis                              - Photos de Daniel Mauras-Nico Myburgh- et André Boussard
- L'Epervier                          - Photos de Philippe Tirefort et André Boussard
- Les Sternes                         - Photos de Daniel Mauras - Charly Farinelle- 
                                                Jean-Marie Poncelet- Patrick Derennes- André Boussard 
- Le Balbuzard pêcheur        - Photos de Jules Fouarge -André Boussard
- L'Ouette d'Egypte               - Photos d'André Boussard
- Les Coucous                       - Photos de Alain Eckert - Clément Caiveau - Jacques Rabussier -                                                                   Williams Fondevilla -André Boussard  
- Le Pic vert                          - Aquarelle de Paul Barruel
- Les Monticoles                   - Photos de Jules Fouarge
            
                                                  Textes de ces articles visibles dans  "Messages"                                                                                                        Remise en ligne mensuelle sur le forum avec photos et chants pour les nouveaux membres                                                        


Date de création : 28/03/2009 @ 17:27
Dernière modification : 12/06/2011 @ 23:02
Catégorie : - Etymologie
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